LIVRE PREMIER
ans eut, comme nous l'avons dit, un grand retentissement. Barère en parle ainsi dans ses Mémoires : « Saint- Just publia en 1790 (c'est 91) , un volume sur la Révolution française, et cet écrit fut distingué par les politiques éclairés de l'Assemblée constituante. L'édition fut épuisée en peu de jours (1). » Mais ce qui distingue particulièrement ce livre, entre toutes les choses excellentes qu'il renferme , c'est ce puissant amour de Saint-Just pour l'humanité , un culte profond et sincère pour la raison, et un dévouement sans bornes à la liberté individuelle, à la liberté en dehors de toutes les exagérations. Ce livre enfin fait aimer son auteur. C'est tout ce que demandait Saint-Just par ces quelques lignes de sa préface, adressées à ses lecteurs et qui seront la conclusion de ce chapitre : « Je n'ai rien à dire de ce faible essai, mais qui que vous soyez, puissiez-vous, en le lisant, aimer le cœur de son auteur; je ne demande rien davantage et je n'ai pas d'autre orgueil que celui de ma liberté. »
(1) Mémoires de Barère, t. IV, p. 407.