XVIII INTRODUCTION
ses cleres stipulant les clauses du pacte national; ses fois prétant serment et, au gré de l'opinion, recevant et déposant la couronne ; ses nombreuses collections de lois et de canons qui se répandent par tout l'Occident; ses florissantes écoles, dont saint Isidore nousa tracé le programme; un clergé nombreux et savant; ime couronne de grands évêques qu'envieraientles plus beaux siècles : Léandre et Isidore, à Séville; Fulgence, à Carthapène; Braulion, à Sarragosse; Fructueux, à Brague ; Rénovat , à Mérida ; à Tolède, Helladius, Eugéne IT, Hildephonse, une série continue de sept pontifes éminents; enfin, tout l'éclat extérieur d'une prospérité sans nuage , et un luxe de vie brillante qui subjugue l'Arabe et lui impose, bien plutót qu'il ne l'introduit lui-même, cette fine et voluptueuse civilisation de l'Espagne mozarabe.
Trompeur éclat! c'est un festin sur un sépulcre !. Au-dessous, il y a une corruption profonde ; méme le sel dela terre s'est affadi ; les beaux décrets des dix-sept conciles de Tolède sont des lambeaux de pourpre jetés sur des plaies; le concubinage, enraciné dans le clergé arien des Suèves et des Goths, disparut mal après sa conversion. Les Lombards ont aussi subi cet ulcère qui s'áttache aux flancs d'un peuple hérétique. La virginité est impossible sans une foi intègre. N'est-ce point le secret de ce phénomène qui effraya le monde chrétien, la chute soudaine d'une nation catholique tombant sous les pieds des Musulmans? Une bataille suffit ; auf une poignée de héros à demi fabuleux, tout se range sous le joug ; on se méle aux fêtes du Maure, on