‹ Histoire de Saint LégerChapitre 17 sur 179 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

Le génie lombard a dela grandeur : au sein d'une rude anarchie, on voit se dégager de fortes ámes , de savantes combinaisons sociales. Théodelinde, Amalasonthe, Pertharite, Hildebrand, et cette famille des Nibelongues qui passa dans les épopées, méritent d'étre moins dédaignées. Les cercles hiérarchiques et la triple série de trente-six , de douze, de sept ducs groupés autour d'un chef électif, révèlent des traditions profondes et préludent au systéme féodal de Charlemagne. Les lois lombardes sont empreintes d'une remarquable sagesse; les monuments témoignent d'une fécondité précoce, et, quelle que soit leur imperfection, il y avait de la gloire à attacher son nom à tout une face de l'art, à toute la civilisation d'une époque. Le Lombard a les vices que Salvien reproche aux autres races barbares : il n'est ni plus cruel que le Saxon, ni plus inhumain que le Gépide, ni plus impudique que le Hun , ni plus perfide que le Franc, ni plus adonné au vin que l'Allemane. Cependant il ne parviendra pas à la maturité d'un peuple chrétien; sa courte histoire ramasse sur un point toutes les longues annales d'un peuple vieilli dans le mal. Sa conversion, lentement consommée au septième siècle, recule sa chute; mais, au huitième siècle, toujours insociable et violent , sans frein dans l'exaltation de ses crises, persécuteur de la ville sainte, la mesure est comble : le souffle des papes et des Francs le chasse de la scène du monde.

Le sort de l'Espagne visigothique est plus étrange encore : son premier essor ne saurait être plus précoce ni plus rapide ; on dirait l'un de nos peuples modernes les plus avancés, à voir ses états-généraux rassemblés périodiquement à Tolède; ses hidalgo, ses évêques et

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