XXII INTRODUCTION
Le septième siècle nous a donc paru comme le mo. ment où le Franc fut fiancé à l'Eglise et armé chevalier de Dieu. Après cette veillée d'armes et cette nuit pieuse et calme qui précède l'investiture divine, au lendemain, le chevalier sera prét; il est purifié par le bain mystique , il s'est assis aux agapes divines; il a pria le symbole du dévouement à vie et à mort, l'habit pourpre et noir; il a juré de n'épargner ni biens ni vieà défendre la sainte Eglise, à courir sus aux infidéles, et à protéger les veuves, les petits, les indéfendus. Aussi, les pontifes d'alors disaient dans leurs priéres, aux jours les plus solennels de l'année, ces prophétiques paroles qui, de nos vieux missels gallicans, passèrent dans la liturgie romaine, où elles sont à jamais conservées : e Prions encore pour les rois trés-chrétiens, afin que notre Dieu et Seigneur fasse que leur soient soumises toutes les nations barbares, pour notre paix perpétuelle !. »
Et ailleurs :
« O Dieu tout-puissant et éternel, qui avez établi l'empire des Francs, pour être par le monde I'imstrument de votre trés-divine volonté, le glaivo et le beulevard de votre sainte Eglise : nous vous en prions ,. prévenez toujours et en tout lieu de la céleste lumiére les fils suppliants des Francs, afin qu'ils voient toujours efficacement ce qu'il faut faire pour votre régne en ce monde, et que, pour faire ainsi qu'ils auront vu, ils
soient jusqu'à la fin fortifiés de charité et de courage ?, »
s Missale gallican. vetus, in Liturg. Gallic. Mabill. 351. Oremus et pro christianiesimis regibus ut Deus et Dominus noster subditas illis faciat omnes barbaras nationes, ad nostram perpetuam pacem. Cf. Missal. Rom. feria. vi in Parasceve,
* Tiré d'un missel du neuvieme siecle dont on fait remonter l'usage jusqu'au