‹ Histoire de Saint LégerChapitre 26 sur 179 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

pour le rafraîchissement des voyageurs, et nul n'osait y toucher, si ce n'est pour s'en servir ‘.

Ainsi l'Eglise s'en allait une seconde fois à la conquête du monde. Pour. soulever de son sommeil de mort l'empire romain, il fallut la bataille et la foudre, Pour arréter la grande armée des Barbares , Dieu fit la paix, et ce fut surtout au septième siècle que sen ceg« vre avanca le plus vite et sans bruit, L'esprit divin couve l'abime, y dépose des germes de vie, dégage peu à peu la lumière des ténèbres, la terre ferme des eaux débordées ; rallume les feux voilés du firmament, pétrit de sa main un homme nouveau et contemple avec complaisance à la clarté d'un nouveau ciel la créa» tion du moyen âge 1.

Assurément ce ciel a ses taches, cette nature a ses ombres; mais qu'on veuille se reporter au point de dé» part, aux bords de l'abime, et qu'on dise comment avec de pareils éléments il a été humainement possible d'arriver en quelques jours à ces myriades de saints

' Tanta autem eo tempore pax in Britannia, quaquaversum imperium regis Edwiui pervenerat, fuisse perhibetur, ut , sicut usque hodie in proverbio dicitur, etiamsi mulier una cum recens nato parvulo vellet totam perambulare insulam a mari ad mare, nullo se lædente, valeret. Tantum quoque rex idem utilitati suæ gentis consuluit, ut plerisque in locis, ubi fontes lucidos juxta. publicos viarum transitus conspexit, ibi ob refrigerium viantium, ereetis stipitibus, æreos caucos suspendi juberet , neque hos quisquam , nisi ad usum necessarium contingere prz magnitudine vel timoris ejus auderet, vel amoris vellet. Ven. Bed. Hist. eccles., lib, n, c. 16.

* « Singulier phénomène, s'écrie à ce propos M. Guisot, l'unité politique périt , l'unité religieuse s'éléve, Je ne sais combien de peuples divers d'origine, de mœurs, de langage, de destinées, se précipitent sur la scène ; tout devient local, partiel ; toute idée étendue, toute grande combinaison sociale s'évar nouit, et c'est à ce moment que l'Église chrétienne proclame le plus haut l'unité de sa doctrine, l'universalité de son droit... Fait glorieux et puissant ! qui a rendu d'immenses services à l'humanité, L'unité de l'Église a seule maintenu quelques liens entre des pays et des peuples que tout d'ailleurs conduit à se séparer. » (Cours d'histoire, t. 1, p. 423.)

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