INTRODUCTION. XXV
que le Seigneur m'a confiée; c'est moi qui vous ai secourus dans vos besoins , quand vous avez eu recours à moi ; qui vous ai donné la victoire sur vos ennemis, et qui vous la donnerai encore dans la suite, si vous m'obéissez promptement; vous en recevrez une grande récompense en cette vie; vous surmonterez tous vos ennemis, et vous vivrez longtemps sur la terre *. » Afin que rien ne trouble ce travail intérieur et profond qui enfante et régénére les peuples, il se fait au cœur de la chrétienté un calme fécond , à peine interrompu par quelques orages qui purifient l'air. Ces orages s'amassent principalement autour des Ápennins et dans les vallées de la Lombardie, où les bénignes influences de la papauté peuvent plus aisément les dissiper : aussi , malgré ces agitations à la surface, l'Italie, par mille affinités intimes, se groupe fortement sous le sceptre du Pére des fidéles, lui préte librement hommage, et d'elle-méme l'éléve au tróne. L'Espagne se rallie aussi autour de ses évéques, seuls rois sérieusement acceptés et puissamment établis. Partout , sur la terre des Gaules, fleurit la paix , avec une grande félicité des peuples. L' Heptarchie anglo-saxonne obéit à cette tendance générale vers l'unité, et sept fois se coricentre sous la main du Bretwalda. La paix est si grande sous le bon roi Edwin, que longtemps aprés on chantait encore en adage, qu'une femme tenant en ses bras son enfant nouveau-né, pouvait, en sécurité, se promener d'une mer à l'autre; qu'aux arbres des limpides fontaines, placées aux bords des voies publiques, étaient suspendus, par ordre du bon roi, des vases d'airain
! Epist. v, ejusd., ibid., col. 1691.