XLIV INTRODUCTION
geance , à l'Église la mission de salut et de civilisation, et à Dieu l'honneur de ces grandes choses '
Au septième siècle, l'épiscopat change de rôle ; sur la fin méme, sa puissance morale décline, la violencearmée dispose des élections, le tróne pontifical passe à l'encan, le sang coule sur ses marches, les hommes de guerre envahissent la cléricature, les canons sont dé. chirés, les conciles supprimés; la Gaule, cette portion la plus florissante dela chrétienté, demeure quatre-vingts ans sans assemblée disciplinaire; en Espagne, en Afrique , en Orient, partout où pénètre le souffle pestilentiel du Coran, la séve chrétienne se tarit, la communion catholique se dissout, la hiérarchie se dissipe, le silence et la mort s'étendent sur les ruines dépeuplées. Ainsi, avec l'ancienne société se retire l'épiscopat patricien, sénatorial, romain; des noms francs et germains se multiplient et couvrent exclusivement les diptyques des églises. Cette transition saccomplit au temps de saint Léger; il y a donc une curiosité bien légitime à étudier la hiérarchie, à cette période, avec une attention spéciale.
Le caractére dominant de ces vieux évéques, c'est une maturité active et calme, un génie prévoyant et conservateur, un infatigable esprit d'ordre et de discipline, qui formule avec une grande fécondité des réglements et des lois que l'Église retrouvera aprés ses mauvais jours, et par-dessus tout quelque chose de paternel et de souverain qui convenait à la premiére éducation des jeunes races occidentales.
Jamais la puissance épiscopale ne s'exerca avec plus de plénitude: chaque évéque est le pére, l'économe, le directeur et le maítre de ses clercs; il réunit la juri-