INTRODUCTION. LXV
diction, la censure, le droit de punition, l'examen pour l'admission de la cléricature, la nomination aux offices , la disposition des personnes, l'administration des biens, la distribution des secours éventuels et manuels. Le domus ecclesie sert d'évéché, de séminaire, de presbytére et méme d'hospice pour les pauvres, les étrangers et les nobles personnages !.
. Au dehors, l'évêque n'est pas moins puissant : il est seul le héraut de l'Église , Son ambassadeur et son avocat : administrateur temporel des diocèses , il préside à la justice , surveille les magistrats , revoit les procès des clercs et des laïques , prend des mesures de sûreté et d'embellissement pour les cités, remplit tout l'office de défenseur, étend une protection jalouse et sévère sur les pauvres, les orphelins , les veuves, les serfs, les affranchis ; au palais, il siége à cóté des rois comme assesseur et co-législateur, tient méme leur place au tribunal suprême, dicte et signe le premier les prescriptions et les chartes , impose le sceau et porte l'anneau des chanceliers et des référendaires. En Gaule surtout, l'évêque se multiplie et se rencontre partout où il y a un danger, une bonne œuvre, un acte d'héroisme, un service à rendre pour Dicu et les âmes : il est apótre, cénobite , anachoréte ; il est défenseur de la cité, conseiller, référendaire, chancelier, monétaire, gouverneur de province; il est trésorier, juge des Romains, des Francs, des hommes d'armes méme et des chefs militaires, maítre des jeunes leudes et des clercs du palais ?, précepteur et pére des Mérovingiens.
! Thomassin, Discipl, de l'Egl., t. 1, p. 406 et suiv., cdit, franc. de 1795. — Pellicia, Politia christ. eccles.
* S, Præject. Lugd. ep., Gall. Cbrist,, 1v.—S, Ætherius. ejusd, urb. ep. ibid., p. 36, — P i:a S, Lup. Senonens. D. Bouquet, Hist, Fr,, 1. WI, p. 491-492, —
XLVYI INTAODUCTION.
Enfin, dans les derniers conciles, quel imposant tableau offrait l'assemblée de ces vénérables évêques , dépositaires des traditions saintes , oracles de l'Église , héros de la charité évangélique , derniers échos du forum antique, créateurs des modernes parlements! Jusqu'au ééptième siècle, l'épiscopat parut d'autant plus grand et plus fort, qu'en face s'évanouissait un gouvérnement . stérile et méprisé. Aussi les hommes d'élite désertèrent là vie civile, et, pour sauver le monde, se réfu. gièrent dans le sanctuaire.
'épiscopat grandit encore avec la société nouvelle, qu'il trouva à ses pieds, et qui se mit en ses bras poür aspirer son souffle, croître et marcher avec lui. Coment les évêques pouvaient-ils ne pas être les pères et les tuteurs de ces peuples enfants?
Charlemagne le comprit merveilleusement. Ce fut ce qui placa le grand homme au faîte de ce mouvemerit ascensionnel de l'épiscopat, et en fit excellemment l'em péreur des évéques, on dirait presque l'évéque dés einpereurs : il est partout entouré d'évéques ; son palais est une école cathédrale; ses capitulaires sont des canons; ses trente-cinq assemblées aux champs de mars ou de mai sont des synodes ; il ne lui a manqué qu'un saint caractére et qu'une autre époque pour étre le monarque complet des anciens jours, patriarche, pontife et roi.
Cependant cette vaste puissance n'était pas sans contre-poids ; il y a d'abord ce que le législateur divin à donné pour contre-balancer toute grandeur chrétienne,
Vita S. Bertharii, Boll, n aug. — Vita S. Arnulfi, S. Clodulfi , ep. Metèns. Sæc. n Ben. — Vita S. Nivard, Remens. episc. apud Flodoard. — Vita S. Audoeni , Boll. xxuv aug. — Vita S. Faron., Sec, u Bened, — Vita 5, Cunibèri. Sur. xii nov, — Vita S. 4mandi , sc. 11 Bened.