INTRODUCTION. | LXXVII
céleste ,!; l'ædes sacra des anciens, avec ses lares enfumés , était refoulée par delà toute l'habitation, au milieu des enfants et des esclaves. Le monastère en fait son frontispice et son point de communication avec le monde, comme la prière lie le ciel à la terre. L'église placée au nord, ? s'étend de l'occident à l'orient. Une croix en dessine les grandes lignes ; le Tau sacré porte les autels, les tombeaux, les prières, les sacrifices 5, et s'élève sur la tour quiannonce au loin la maison de Dieu. L'autel , éclatant d'or, d'argent et de pierreries *, représente le cœur du Christ; il est à lorient, vis-à-vis le point précis où le soleil se lève 5; un ciborium, soutenu par quatre colonnes, le couronne; quatre voiles cachent les mystéres; des cancels l'environnent, et trois degrés y conduisent ; audessous est creusée une crypte oü repose un martyr, un saint fondateur : trois, ou sept, ou douze autels sont placés dans l'abside et le long des parois de l'édifice. Déjà des voütes s'élancent avec hardiesse 9; le plus souvent , l'uniforme solfito déploie ses médaillons et ses lambris d'or sur un fond d'azur, semblable à la voûte étoilée du firmament 7; trois rangs de colonnes figurent les trois états de l'Église 5; douze piliers , ou
* In Christi cruce prafigitur signum ccelestis potentatus et construitur aula divini incolatus. Vita S. Bodulfi , sec. m Bened.
3 Ab euro surgens ecclesia , crucis instar erecta , cujus apicem obtinrct alma virgo Maria. Vita S. Filiberti, n° 7, sec. n Bened.
3 S. Zen., Tract, xiv, no 2.— Inestimabilia unius plenitudinis tria illi sunt membra ; unum secretarium et patentes semper duodecim porta, quas ab hos- .tili impulsu in modum crucis Tau litterz prominens lignum. Ibid. .
4 Vita S. Bonili, no 17, sec. in Bened, p. 1...
5 C'était au moins un usage en Angleterre, selon Alban Butler, dans la Vie des saints.
6 Vila S. Boniti, n° 17, szc, n Dened., p. 1. '
7 Victa S. Benedicti Bisc., n? 6.
$ S, Zen., Tract, laudat,
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vingt-quatre arcades, ou cent vingt colonnes rappellent les douze fondements apostoliques, les portes et les pierres précieuses de la cité de Dieu !. Au côté du midi, des récits évangéliques sont peints sur les murailles; au nord, ce sont les grandes scènes de l'Apocalypse ; au fond de l’abside, sont rangées les images de la Vierge et des douze apótres ?. Des tentures couvertes d'ornements symboliques, des fenétres garnies de verres 5, de vastes peintures dissimulent la nudité des murs, instruisent le peuple et rappellent les traditions *, Là, les mosaïques historiques couvrent de leurs reflets la couronne des moines rangés en chœur à droite et à gauche de l'abbé, qui porte le nom et l'image du Père céleste. Quand tous ces fronts courounés s'inclinent sous sa bénédiction paternelle, quand
* Mab., Liturj. gallic., p. 14 et suiv.
* Vita S. Boniti , no 17, sæc. uu Bened,, p. 1.
3 Sub versicoloribus figuris vernans herbida crusta
Sapphiratos flectit per prasinum vitrum lapillos. SI0. APOLLINAR,
L'art de la fabrication du verre était trés-florissant en Gaule. C'est de là que S, Benoit Biscop tira les artistes vitricrs qui introduisirent en Angleterre cet art inconnm des Bretons. Vita S. Benedicti Biscopi, no 1, sæc.'n Bened,
4 Pictura ob tres causas fit, primo quia est laicorum litteratura , secundo ut domus tali decore ornetur, tertio ut priorum vita et memoria revocetur. Honer. Aogust. Cf. Fita $. Beniti, n* 17. Quatenus intrantes Ecclesiam omnes etiam litterarum ignari, quaquaversum intenderent, vel semper amabilem Christi sanctorumque ejus , quamvis in imagine contemplarentar adspectum , vel dominice incarnationis gratiam vigilantiore mente recolerent, vel extremi discrimen examinis, quasi coram oculis habentes, districtius se ipsi examinare meminissent. Vita S. Bened. Bisc., ibid., 6. Le vénérable Bède ajoute à ces réflexions une indication précieuse sur l'art de grouper ensemble les sujets de l'ancien et da nouveau Testament : « Imagines quoque de concordia veteris et novi Testamenti summa ratione compositas exhibuit : verbi gratia, Isaac ligna quibus immolaretur portantem et Dominum crucem in qua pateretur æque portantem, proxima super invicem regione pictura conjunxit. Item serpenti in eremo a Moyse exaltato Filium hominis in cruce exaltatum comparavit. » Jbid., 1, 9. On trouve dans le Monasticon anglicanum, tom, I, p. 181-182, une pièce de vers sncienne et curieuse sur les peintures des vitraux de Saint-Alban, et la corrélation des sujets prs dans les deux Testaments.