‹ Histoire de Saint LégerChapitre 61 sur 179 · LXXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXX INTRODUCTION

infirme, associée à l’œuvre de Dieu. N'y eüt-il à travers tous les áges qu'une seule àme qui remplit ainsi sa fin, les siècles seraient bien dépensés, et Dieu se reposerait avec plus de joie que lorsqu'il eut tiré le monde du néant.

La formation des saints est le supréme effort des siècles présents et futurs. L'historien qui n'en tient compte est sourd et aveugle : il n'a rien entendu dans les desseins de Dieu; il n'a rien vu dans le plan de l'univers. Là est le seul spectacle vraiment digne de Dieu, des anges et des hommes.

Or, par un rare et mémorable privilége , le septième siècle est par excellence, aprés l'âge des martyrs, le siècle des saints. Et cependant les documents sont rares; les titres, les martyrologes, les chásses et les reliquaires ont à grand'peine échappé à onze siècles de destruction. Le peu de renseignements qui nous $oient parvenus a suffi cependant pour arriver, sans épuiser le calcul, au delà du nombre de huit cents. Cinq cents appartiennent à la seule église des Francs; plus de deux cents sont tirés des rangs de l'épiscopat; presque tout le reste s'est sanctifié dans les cloîtres, et pour sa seule part, l'ordre de saint Benoît en réclame deux cent quarante sans contestation et sans y comprendre les saints évéques qui ont commencé ou fini sous Ja règle du Mont-Cassin.

Ce fait majeur et glorieux a été oublié et méconnu ; ceux qui l'ont entrevu ont durement accusé la crédulité des témoins qui en déposent. On saitavec quel superbe dédain on a longtemps traité les Áctes des saints. Les hagiographes du septième siècle ont eu une part privilégiée dans ces injustices : Sismonde de Sismondi a résumé et s'est approprié toutes ces invectives. « Ce sont

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