INTRODUCTION. LXXXI
des moines, dit-il, qui se montrent absolument incapables de discerner le vrai ou le vraisemblable pour tout ce qui se passait en dehors de l'enceinte de leur couvent. Tantôt ils adoptent les contes populaires les plus absurdes ; tantôt ils confondent eux-mêmes les événements par une fraude pieuse, pour faire jouer à leurs saints un róle plus glorieux. Ces récits brouillent tellement la géographie, la chronologie, les noms les mieux connus, les faits les plus avérés, que les miracles qu'ils racontent avec profusion sont encore la partie la moins incroyable de leurs récits !. »
Nous ne pouvons passer outre sans discuter ce plan d'accusation contre les seuls documents qui nous restent pour restituer des régnes entiers de nos rois, pour combler cinquante années de nos annales, pour résoudre des problémes considérables et renouer la chaíne entière des traditions ecclésiastiques et nationales. Car ce n'est pas seulement l'histoire de l’Église qui est en jeu , c'est celle de notre pays, à l'une de ses époques les plus critiques, au moment même où se fondait la monarchie francaise. Renversez, entre autres, les Actes de saint Wilfrid, il devient impossible de soupconner l'existence du second des Dagobert, son exil, son retour, son martyre, tout un épisode des plus curieux de l'époque mérovingienne. Supprimez les Actes des saints, et la régence de Bathilde est rayée de l'histoire, les règnes de ses trois fils sont inextricables, la tyrannie d'Ebroin ne laisse plus de traces, toute cette vie de saint Léger se réduit à quatre lignes du continuateur inconnu de l'incoanu Frédégaire. Nous ne pourrions
| ist. des Français, t. 11, p. 25.