INTRODUCTION. CI
et consubstantielle de Dieu méme, un idéal des choses visibles et invisibles, un premier-né de toutes créatures, en qui tout a été fait au ciel et sur la terre; Trônes, Dominations, Principautés, Puissances, tout est créé par lui et en lui ! : reflet dela gloire de Dieu, empreinte de sa substance, il porte tout par sa vertu?.» «Il n'y a qu'ün seul Dieu et qu'un seul Christ , Jésus, notre mattre, qui est venu disposer toutes choses, et qui résume tout en lui. Homme et image de Dieu en toutes choses, il résume en lui tout l’homme, s'étant fait d'invisible, visible; d'incompréhensible, compréhensible ; d'impassible, passible; Verbe-Homme, il embrasse tout en lui*.»
C'est à cette image que l'homme a été fait dès le principe, et refait au milieu des temps : chaque áme doit se transfigurer en cette glorieuse image. L'Éelise , assemblée des âmes, reflète en ses traits la face de son époux divin, marche sur ses traces et reproduit , comme un cycle ininterrompu, dans les phases successives de sa durée, le perpétuel avénement du Fils de l'homme, ses combats, ses victoires, son ascension vers l'éternité. L'Évangile, en accomplissant tous les oracles du passé, a tous les secrets de l'avenir: c'est la prophétie du monde futur et l'histoire anticipée de chaque élu. Il y a, comme dans les visions de l'Apocalypse, un ange qui vole incessamment par le milieu du ciel, portant l'Évangile éternel et montrant le type divin à toutes les races, à toutes les tribus, à toutes les langues, à tous les peuples *.
1 Hebe, 1, 3.
? Coloss,, 1, 15, 19.
? Jren., advers. Hares., lib, m, cap. 16, n^ 6.
4 Apocalyps., xiv , 6. l
Cil INTRODUCTION.
Nous voudrions qu'on appliquát cette synthèse évangélique à toute la durée de l'Église, et à chaque áge en particulier. Qu'on nous pardonne la témérité d'un essai, et qu'on nous permette de clore cetteétude surl'hagiographie du septième siècle, en la confrontant par quelques détails avec le récit évangélique.
Le but de toute la religion, c'est de ramener l’âme à son principe, de la relier à Dieu par l'amour. Cette union s'accomplit en divers degrés qui élévent l'àme de cette vallée de larmes jusqu'aux splendeurs de Sion, où elle contemple face à face le Dieu des dieux !. Cette voie a son début, son progrès, sa consommation.
La vocation des saints rappelle assez ordinairement à son début les scènes de la sainte Enfance : Bethléem, Nazareth, les précurseurs, les anges, les signes dans les cieux. Ainsi, au septième siècle, Colomban, Eustase, Eloi annoncent les enfants de Dieu et les bénissent avant leur naissance ?. La pieuse mère d'Austreberte est comparée à sainte Elisabeth; elle apprend d'un ange le nom et les mérites futurs de sa bénite enfant ?, Les prophétes saluent au sein de leur mére saint Bonet de Clermont , saint Théodore Sicéote *. Un ange, en pré» disant la naissance de sainte Colomba, donne à sa móre un voile parsemé de fleurs *. Un ange, sous la forme d'une vierge couronnée de feuilles d'olivier, se montre , dans l'ile de Chypre, à saint Jean l'Aumónier, qui
* Ps. oxxxnni , 6,
3 Vila S. Columba, n? 92. — Vita S. Eustas., n* 1, 4, szc. n Beaed. — Vita S. Elig., Acherii Spicileg., t. IL.
3 Vita S. Austrebertæ, no 4, szc, m Ben., p. 1, auctore fere vquali.
4 Vita S. Boniti, n? 2, sec. m Bened., p. 1, auctore æquali.— Acta S. Theod. Siceot., n° 1-2, Boll., xxu april.
* Vita S. Columixe, n? 1, auct. Connunceneo fere equali, sac. 1 Bened.