CXXVI. — De lUe de lampedoiue
Nous partimes de Tlle de Chypre àprës que nous
eûmes pris dans Tîle de l'eau. fraîche et autres choses dont nous avions besoin. Nous vînmes à une île qu'on appelle Lampedouse, là où nous pHmes tout plein de lapins ; et nous trouvâmes un hermitage ancien dans les roches, et trouvâmes les jar* dins qu'y avaient fait les hermites qui y moururent anciennement : il y avait des oliviers, des fi^ers, des ceps de vigne et d'autres arbres. Le ruisseau de la fontaine courait parmi le jardin. Le roi et nous, nous allâmes jusques au Ijout du jardin, et trouvâmes sous une première voûte un oratoire blanchi à la chaux et une croix vermeille de terre. Nous entrâmes sous la seconde voûte, et trouvâmes deux corps de gens morts dont la chair était toute pourrie ; les côtes se tenaient encore toutes ensemble, et les os des mains étaient sur leurs poitrines ; et ils étaient couchés vers Torient^ de la manière que Ton met les corps en terre. Au moment de nous rembarquer dans notre vaisseau^ il nous manqua un de nos mariniers; à cause de quoi le maître de la nef crut qu'il était demeuré là pour être hermite ; et pour cela, Nicola« d£ Soisi^
qui était maître-sergent du roi, laissa trois sacs de biscuits sur le rivage^ pour que celui-là les trouvât
et en vécût.