Le 25 août 129S
DE SAINT Lams. 397
de ce qu'il leur avait promis sur sa simple parole ; et en supposant qu'il ne leur eût pas tenu promesse^ il eût gagné dix mille livres et plus. » £t il leur raconta tout le fait ainsi qu'il est écrit ci-de* vant*.Et quand il leur eut conté le fait, alors il dit ainsi : < Ne croyez pas que Je vous mente, car je vois tel homme ici qui m'a témoigné de cette chose sous serment. »
Après que le sermon fut fini^ le roi çt ses frères reportèrent de là le saint corps dans l'église avec l'aide de leur lignage, à qui ils durent faire cet honneur; car un grand honneur leur est fait, si eux n'y mettent obstacle, ainsi que je vous ai dit ci-devant. Prions-le qu'il veuille prier Dieu de nous donner ce qui nous sera nécessaire pour nos Ames et nos corps. Amen I
GXLVUI. — JoûiTiUo voit saint Louis en «mgd, et lui élèTt
un autel
Je veux encore dire de notre saint roi des choses qui seront à son honneur, c'est à savoir qu'il me semblait en songe que je le voyais devant ma chapelle à JoinviUe; et il était, ainsi qu'il me sem-
h Voy. chap. uxTL
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blait> merveilleusemênt joyeux et aiae de cœur; et moi-même j'étais bien aise parce que je le ^ 03 ais en mon château, et je lui disais : « Sire, quand vom partireK d'ici, je vous hébergerai en une mienne maison sise en un mien village qui a nom Ghevillon. » Et il me répondit en riant, et me dit : « Sire Se^Joinville, sur la foi que je vous dois, je ne désire point si tôt partir d'ici. »
Quand je m'éveillai j e me mis à penser, et il me semblait qu'il plaisait à Dieu et à lui que je l'iiébergeasse en ma chapelle : et ainsi ai-je £ait; car je lui ai établi un autel en Flionneur de Dieu et de lui; et il y a une rente à perpétuité, établie pour ce &ire. Ët j'ai raconté ces choses à monseigneur le roi Louis, qui est héritier de son nom, et il me semble qu'il ferait au gré de Dieu et au gré de notre saint roi Louis, s'il se procurait des reliques du vrai corps saint, et les envoyait à ladite chapelle de Saint-Laurent à Joînville, pour que ceux qui viendront à son autel y eussent plus grande délotion.
Je £ais savoir à tous que j'ai mis ici une grande
partie des faits de notre saint roi devant dit, que j'ai vus et ouïs, et une grande partie de s^ faits
que j'ai trouvés dans une histoire eu français, lesquels j*ai fait écrire en ce livre*. Et je vous rappelle ces choses pour que ceux qui entendront ce livre croient fermement en ce que le livre dit, que j'ai vraiment vu et ouï.
Ge fut écrit en Tan de grâce 1309, au mois d'octobre.
1. Ce sont sans douta les passages qui ont éfô signalés plus haut, du chap. cxzxns au cbap, ciun, et en- dernier lieu dans le cbap. cnv.