Voy. ohap. m
Chypre par un vent qui a nom garban, qui n'^st pas un des quatre maîtres vents*. Ët du coup que reçut
notre vaisseau, lesnautonniers furent si désespérés qu'ils décliiraient leurs robes et leurs barbes. Le roi sauta de son litsans chausses (car il était nuit), vétu d'une cotte, sans plus, et s'alla mettre en croix devantle corpsde Notre-Seigneur, commequelqu'un qui n'attendait que la mort. Le lendemain de cet événement, le roi m'appela tout seul, et me dij;' : « Sénéchal, Dieu nous a montré tout à l'heure une partie de son pouvoir; car un de ces petits vents, qu'on sait à peine nommer, faillit noyer le roi de France, ses enfants, sa femme et ses gens. Or saint Anselme dit que ce sont des menaces de Notre-Seigneur, tout comme si Dieu voulait dire : je vous eusse bien fait mourir si je l'eusse voulu. Sire Dieu, dit le saint, pourquoi nous menaces-tu? Car si tu nous fais des menaces, ce n'est pas pourton profit ni pour ton avantage : car si tu nous avais tous perdus tu n'en serais déjà ni plus pauvre ni plus riche. Donc ce n'est pas pour ton avantage la menace que tu nous asfaite, mais pour notre profit, si nous en savons tirer parti. Nous devons tirer parti de cette menace que Dieu Qousafaite^ de tellemaniëre quesi nous sentons que nous ayons en nos cœurs et en nos corps, chose lui déplaise à Dieu, nous devons l'ôter prompte*