‹ Histoire de saint Louis (volume 2)Chapitre 28 sur 126 · BUe se nommait Yolande · texte numérisé non relu

BUe se nommait Yolande

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prosqne toos parents dn ccM&te Piem, prirent la

peine de faire amener la demoiselle à Val-Secret pour être épouséei et mandèrent le ccuntè de Champagne, qui était èCfeâteftn-Thîerry. Et pendant que le comte de Champagne venait pour l'épouser, monseignepr Geoffrogr de la Chapelle Tint à lui de par le roi, avec une lettre de créance, et dit ainsi : « Sire comte de Champagne, le roi a appris qne yens ayez fait convention avec le comte Pierre de firetagne de prendre sa fille en mariage. Aussi le roi vous mande, ^ Tom ne vonlez pas perdre toirt ce que vous avez dans le royaume de France, que vous ne le liassiez pas; car vous savez que le comte de Bretagne a fait pis au roi que nul homme qui vive. » Le comte de Champagne, de Tavis du conseil qu'il avait avec lui^ s'en retourna à Château- Thierry. •

Quand Je comte Pierre et les barons de France quirattendaientàTal-Secret apprirent cela, ils fui:ent tous comme enragés de dépit de ce qu'il leur avait fait^ età Tinstant envoyèrent quérir la reine de Chypre. Et sitôt qu'elle fut venue, ils prirent un commun accord qui fut tel, qu'ils manderaient ce qu'ils pourraient «voir de gens d'armes^ et entreraient en Brie et en Champagne du coté de la Sranoe; et que le duc de Bourgogne S qui avait

1. Hugues IV, qui accompagna saint Louis à la croisade de 124S; il mourut en 1272.

pour femme la fille du comte Robert de Dreux, entrerait dans le comté de Champagne du côté de la Bourgogne, pour prendre la cité de Troyes s'ils le pouvaient. Le duc manda tout ce qu'il put avoir de gens ; les barons mandèrent aussi ce cfu'ils en purent avoir. Les barons vinrent brûlant et détruisant d'une party le duc de Bourgogne de l'autre ; et le roi de France d'autre part, pour venir les combattre. Le trouble du comte de Champagne fut tel que lui-même brûlait ses villes avant la venue des barons, pour qu'ils ne les trouvassent pas garnies. Outre les autres villes que le comte de Champagne brûlait, il brûla Spemay et Vertus et Sézanne.

XIZ. — Le père de JoinvîUe défend Troyes.

Paix entre le comte de Champagne et la reine de Chypre;

Les bourgeois de Troyes, quand ils virent qu'ils

avaient perdu le secours de leur seigneur, mandèrent à Simon, seigneur de Joinville, le père du seigneur de Joinville qui existe à présent, qu'il les vînt secourir^ Ët lui, qui avait mandé toutes ses gens en armes, partit de Joinville à la nuit, sitôt que ces nouvelles lui vinrent, et vint à Troyes avant

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qu'il fût jour. Et par là les barons faillirent dans le projet qu'ils avaient de prendre ladite cité ; et pour cela les barons passèrent par devant Troyes, et s'allèrent loger dans la prairie près de là où le duc de Bourgogne était.

Le roi de France, qui sut qu'ils étaient là, se dirigea tout droit là pour les combattre ; et les barons lui mandèrent et le prièrent que lui de' sa personne voulût bien se retirer en arrière, et qu'ils iraient combattre le comte de Champagne , le duc de Lorraine et le reste des gens du roi, avec trois cents chevaliers de moins que n'auraient le comte ni le duc. Et le roi leur manda qu'ils ne combattraient pas ses troupes sans que de sa personne il fût avec elles. Et ils revinrent à lui et lui mandèrent que, si cela lui plaisait, ils feraient volontiers entendre la reine de Chypre à la paix. Et le roi leur manda qu'il n'entendrait à nulle paix et ne souffrirait pas que le comte de Champagne 7 entendit jusqu'à ce qu'ils eussent vidé le comté de Champagne. Et ils le vidèrent en telle manière que d'Isles, là où ils étaient, ils s'allèrent loger sous Jnlly ; et le roi se logea à Isles d'où il les avait chassés. Et quand ils surent que le roi fut allé là, ils s'allèrent loger à Chaource, et n'osèrent attendre le roi et s'allèrent loger à Laignes, qui " était au comte de Nevers, qui était de leur parti. Et le roi accorda ainsi le comte de Champagne avec

HISTOIRB

la reine de Chypre, et la paix fut faite en telle manière : que ledit comte de Champagne donna à la

reine de Chypre environ deux mille livres de rente en terres, et quarante mille livres que le roi paya

pour le comte de Champagne. Et le comte de Champagne vendit au roi, moyennant ces qu£y:ante mille livres, les fiefs ci-après nommés ; c'est & savoir le lief du comté de Blois , le fief du comté dô Chartres, le iief du comté de Sancerre, le fief de la vicomté de Ghiitcaudun *. Et certaines gens disaient que le xoi ne tenait ces devant dits iiefs qu'en gage ; mais ce n'est pas vrai; car je le demandai à notre saint roi Louis outre-mer.

La terre que le comte Tliibaut donna à la reine de Chypre fut tenue depuis parle comte de Brienne qui existe à présent, et par le comte de Joigny, * parce que Taïeule du comte de Brienne fut fille de la reine de Chypre et femme du grand comte Gautier de Brienne ^

1 . Ce traité fut conda en 1 234; saint Louis acquit ainsi^ non pas la propriété; mais rbemmage de ces trois comtés etttela'vîeomté de ChAteandun , dont les seigneura cessèrent d^tre vbmbuz du comte de Champagne pour devenir vassaux du loî.

'2. Gautier TV, dit 1» Grand, comte de Brienne et de Jaflk, dont JoioviUe pade phisiem (chap. ciretctit)^'ipDusall8ilB,flll» d'ÂIiz reine de Chypre , et de leur fils Hugues naquit Gautier Y, qui ftat comte de Brfenne au moins depuis 1301 jusqu'en 1312.

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ZK. — -Db fienii P'.dit le Large^ eomts de Champagne.

Pour qne vous sacbiez d'où vinrent ces fiefis que

le sire de Champagne vendit au roi, je vous fais savoir que le grand comte Thibaut \ qui git à Lagny, etrt trois fils : le premier eut nom Henri, le second eut nom Thibaut, et le troisième eut nom iiitieune. Ce Henri dessus dit fut coînte de Champagne et de Brie, et fut appelé le comte Henri le Large, et dut bien être ainsi appelé, car il fut large avec Dieu et' avec le siècle : large avec Dieu, ainsi qu'il parait à l'église Saint-Étienne de Troyes et aux atftres églises qu'il fonda en Champagne; large avec le siècle, ainsi qu'il parut au fait d'Artaud de Nogent^ et en beaucoup d'autres occasions que je YouiS conterais bien si je ne craignais d'embarrasser ma matière. Artaud de Nogent fut le bourgeois du Imonde que le comte croyait le plus, et il fut si ricne qu'il fît le château de Nogent l'Artaud de ses delniers. Or il advint que le comte Henri descendit dis ses salles de Troyes pour aUer ouïr la messe à Saint-Étienne un jour de Pentecôte. Au pied des degrés s'agenouilla un pauvre chevalier»

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