XXIII. jSoumifltioii du comte de k MrsqIm
Le comte de la Marche, comme on homme qui n'y poi:rvait remédier, s'en vint dans la prison du roi, et lui amexia dans sa prison sa femme et ses •n£ants. A cause de cela, le roi eut, en faisant la paix, beaucoup de la terre du comte; mais je ne sais pas combien, car je ne fus pas à cette aâaire, parce que je n'avais jamais slors vèta le faanbert^. Mais j'ai ouï dire qu'avec la terre, le roi y gagna dix mille livres parisis, que le comte avait dans les coirres du roi, et chaque année autant*.
Quand nous fûmes à Poitiers, je vis un chevalier qur avait nom monseigneur Geoffipoy de Rançon, qui pour un grand outrage que le comte de la Marche hii avait fiiit, ainsi qu'on le disait» avait juré sur reliques que jamais il ne serait tondu à la guise des chevaliers, mais qu'il porterait les cheveux en bandeaux ainsi que faisaient les femmes Jusqueâ à tant ce qu'il se verrait vengé du
1. Le haubert était la cotte d'armes réservée aux chevaliers. On peut conclure de ce passage qu'en 1242 Joinville n'avait pas vingt et ua aus^ qui était i?âge où> Vaa pouvait être aisaé chevalier.
2. Cette rente était alors réduite à 5000 lirrea tournois, on lûi 319 francs.
DE 9ÂINT LODIS.. 49^
comte de la Marche, ou par lui, ou par autrui. £t quand monseigneur Geoffiroy vit le comte de la Marche, sa femme et ses enfants agenouillés devant le roi, qui lui criaient merci, il fit apporter un traiteau, et fit ôter ses bandeaux, et se fit tondre en présence du roi, du comte de la Marche et de ceux qui étaient là* Dans cette expédition contre le roi d'Angleterre et contre les barons, le roi donna de grands dons, ainsi que je Tai ouï dire à ceux qui en revinrent. Mais ni pour les dons ni pour les dépenses que Ton Ht dans cette expédition ou d'autres en deçà de la mer ou au delà, le roi ne requit ni ne prit jamais d'aide dont ou se plaignit, ni de ses barons, ni de ses chevaliers, ni de ses hommes, ni de ses bonnes villes. Et ce n'était pas merv eille ; car il faisait cela par le conseil de la bonne mère qui était avec lui, par le conseil de qui il opérait, et par celui des prud'hommes qui lui étaient demeurés du temps de son père et du temps de son aïeul.