‹ Histoire de saint Louis (volume 2)Chapitre 45 sur 126 · XXXIV. — Les croisés débarquent eo face des Sarrasins · texte numérisé non relu

XXXIV. — Les croisés débarquent eo face des Sarrasins

Monseigneur Beaudoin de Reims, un prud'homme

qui était descendu à terre, me manda par son écuyer que je l'attendisse; et je lui manflai qu'ainsi feraisje bien volontiers, qu'un prud'honune tel qu'il était devait bien être attendu dans un tel besoin ; de quoi il me sut bon gré toute sa vie. Avec lui nous vinrent mille chevaliers; et soyez certain que quand j'abordai je n'eus ni écuyer, ni chevalier, ni valet que j'eusse amené avec moi de

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mon pays; et pourtant Dieu ne laissa pas de m'en pourvoir.

A notre main gauche, aborda le comte de Jaffa, qui était cousin germain du comte de Montbéliard, et du lignage de Joinville^ Ce fut celui qui aborda le plus noblement; car sa galère aborda toute peinte, dedans et dehors, d'écussons à ses armes, lesquelles armes sont d'or à une croix de gueules pâtée. Il avait bien trois cents rameurs dans sa galère, et pour chaque rameur il y avait une tai^e à ses armes, et à chaque targe il y avait un pennon à ses armes en or appliqué. Pendant qu'ils venaient, il semblait'que la galère volât, par lesrameursqui là poussaient à force d'avirons; et il semblait que la foudre tombât des cieux au bruit que menaient lespeniioijs, les timbales, les tambours et les cors sarrasinois qui étaient dans la galère. Sitôt que la , galère fat entrée dans le sable aussi avant que Ton put ïy mener, et lui et ses chevaliers sautèrent de la galère très-bien armés et en très-bel attirail, et se vinrent arranger près de nous.

J'avais oublié de vous dire que quand le coulte de Jaffa fut descendu à terre, il fit tendre ses pavillons, et sitôt que les Sarrasins les virent tendus, ils se vinrent tous assembler devant nous, et revinrent

1. Xean d'Ibélin, seigneur de Banith et comte de Jaffa, était fils de Balian dlbeUn et d'Eschive de Montbéliard. II était, selon Du Gange, alUé par les femmes à la iàmille de JoinviUe.

piquant des éperons pour nous courir sus; et quand ils virent qae nous ne fuirions pas, ils s'en retour* nèrent tantôt en arrière.

A notre main droite, à un bon trait de grande arhalète, aborda la galère là oix l'enseigne de Saint- Denis était; et il y eut un Sarrasin, quand ils furent abo/dés, qui se vint lancer, au milieu d'eux, ou parce qu'il ne put retenir son cheval, ou parce qu'il pensait que les autres le dussent suivre; mais il Alt tout taillé en pièces.

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