‹ Histoire de saint Louis (volume 2)Chapitre 44 sur 126 · Voy. p. 64 l'eipUcation de ce mot · texte numérisé non relu

Voy. p. 64 l'eipUcation de ce mot

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fut bien deux jours qu'il ne but, ni ne mangea, ni ne paria. Ses gens laissèrent en paix le Soudan d'Ëmesseï et menèrent leur mattre en J^pte.

XXXU. * Départ de Chypie en 1249.

Aussitôt qu.e mars commença, le roi, et par son commandement les barons et les autres pèlerins, commandèrent que les vaisseaux fussent rechargés de vins et de vivres pour partir quand le roi le commanderait. D'où il advmt que quand la chose fut bien préparée, le roi et la reine se retirèrent dans leurs vaisseaux le vendredi ^ avant la Pentecôte; et le roi dit à ses barons qu'ils allassent à sa suite sur leurs vaisseaux droit vers l'JËgypte. Le samedi; le roi fit voile et tous les autres vaisseaux : ussi, ce qui fut très-belle chose à voir; car il sem- ! • l ait que toute la mer, autant que Tœil en pouvait vo ir, fût couverte de la toile des voiles des vaisseaux-, qui forent évalués dix-huit cents vaisseaux, tant grands que petits. Le roi jeta l'ancre au bout, d'une terre que Ton appelle la pointe de Limisso, et tous les autres vaisseaux autour de lui. Le roi descendit à terre le jour de la Pentecôte.

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Quand nous eûmes ouï la messe, un vent rude e^ fort qui venait d'Êgypte se leva en telle manière, que de deux mille et huit cents chevaliers que le roi mena en Ëgypte^il n'en demeura que se^t cents que le vent n'eût pas séparés de la compagnie du roi et menés en Acre et en autres terres étrangères, et qui depuis ne revinrent pas au roi de longtemps.

Le lendemain de la Pentecôte, le vent était tombé ; le roi et nous qui étions demeurés avec lui, ainsi que Dieu le voulut, nous fîmes voile derechef, et rencontrâmes le prince de Morée et le duc de Boui^gogne, qui avait séjourné en Morée. Là jeudi après la Pentecôte, le roi arriva de^ aiit Damiette, et nous trouvâmes là toutes les forces du Soudan sur le rivage de la mer, fort belles gens à voir; car le soudan porte des armoiries d'or, où frappait ie soleil qui faisait resplendir les armoiries. Le bruit qu'ils faisaient avec leurs timbales et leurs cors sarrasinois était épouvantable à écouter.

Le roi manda ses barons pour avoir conseil sur ce qu'il ferait. Beaucoup lui conseillèrent qu'il attendit jusqu'à ce que ses gens ilissent revenus, parce qu'il ne lui était pas demeuré la troisième partie de ses gens; et il ne les en voulut jamais croire. La raison qu'il dit pour cela fut que par là il donnerait du cœur à ses ennemis; et surtout qu'en la mer devant Damiette il n'y a point de

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port où il put attendre ses gens, de peur qu un fort vènt ne nous prit et ne nous menât en d'autres terres, ainsi iiue les autres l'avaient été le jour de la Pentecôte.

XXXUI.— Préparatifs du débarquements ^9Ï9^'

Il fut convenu que le roi descendrait à terre le vendredi avant la Trinité, et qu'il irait combattre les Sarrasins si eux ne s'y refusaient. Le roi conaluanda à monseigneur Jean de Beaumont qu'il fît bailler une galère à monseigneur Érardde Brienne et à moi pour nous débarquer nous et nos chevaliers, parce que les grands vaisseaux ne pouvaient venir jusques à terre. Ainsi que Dieu le voulut, quandje revins à mon vaisseau, je trouvai un petit vaisseau que madame de Baruth, qui était cousine germaine du comte de Montbéliard et la n6tre, m'avait donné, là où il y avait huit de mes chevaux. Quand vint le vendredi, moi et monseigneur Érard tout armés, nous allâmes au roi pour demander la galère ; sur quoi monseigneur Jean de Beaumont nous répondit que nonstfen aurions pas. • Quand nos gens virent que nous n'aurions point de galère, lisse laissèrent choir du grand vaisseau 4ans la chaloupe, qui plus plus, qui mieux mieux. .

'iQuand les mariniers Tirent qae la chaloupe s'en-

fonçait peu à peu, ils s'enfuirent dans le grand vaisseau et laissèrent mes chëvallers dans la chaloupe. Je demandai au maître combien il y avait de gens de trop, et aussi Je lui demandai s'il mènerait bien nos gens à terre, si je le déchargeais de tant de gens ; et il me répondit ; « Oui. » Et je le déchai^eai en telle manière que partrois fois il les mena dans mon vaisseau où étaient mes chevaux. Pendant que je menais nos gens, un cl^svalier qui était à monseigneur lirard de Brienne, qui arait nom Plonquet, pensa descendre du grand vaisseau dans la chaloupe; et la chaloupo s'éloigna, et il tomba dans la mer et fut noyé.

Quand je revins à mon vaisseau, je mis dans ma petite chaloupe un écuyer que je fis chevalier, qui avait nom monseigneur Hugues de Yaucouleurs, et deux très-vaillants bacheliers, dont Tun avait nom monseigneur Villain de Versey, et l'autre monseigneur Guillaume de Dammartin, qui étaient en grande haine Tun contre l'autre. Et nul ne pouvait leur faire faire la paix, parce qu'ils s'étaient pi!i8 par les die(veux en Morée; je les fis se pardonner leur rancune et s'embrasser l'un l'autre, parce que je leur jurai sur reliques que nous n'inowpas à terre avec letar rancune. Alors nous nous mîmes en mouvement pour aller à terre, ot viame» le long de la chaloupe du grand vaisseau

du roi, là où le roi était. Et ses gens commencèrent à crier après moi|^]^rce que nous allioDS plus vite qu'ils ne faisaient, disant t|ue j'abordasse à Tepseigne de Saint-Deuis^ qui s'en allait sur un autre vaisseau devant le roi; mais je ne les en crus pas; au contraire, je fis aborder devant un gros corps de Turcs, là où il y avait bien six mille hommes i cheval. Sitôt qu'ils nous virent à terre, ils vinrent piquant des éperons vers nous. Quand nous les vîmes venir» nôus fichâmes les pointes de nos écus dans le sable et le fût de nos lances dans le sable, et les pointes vers eux. Du momentqulls les virent sur le point de leur entrer au milieu du ventre, ils tournèrent devant derrière et s'enfuirent.

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