Vey. chep. il
SUS anx Sarmans, si sespni<f hommes^ qui étaient
avec lui, l'eussent sojafïert.
Les Sarranns aimono^iit par trois foi? au sou» dan, par des pigeons messagers, que le roi était abordé, sans que jamais ik en eussent de message*» parce que le soudftn értaitdaiisâa maladie; et quand ils virent cela, ils crurent que le Soudan étaitmort, et laissèrent Çamiette. Le Roi y envoya en message pour s'en assurer un chevalier. Le chevalier s'en vint au roi» et dit qu'il avait été dans les maisons du Soudan, et que c'était vrai. Alors le roi envoya quérir le légat et tous les prélats de Tarmée, et on •chantaàbaute voix: Te Dmmiaiudamus. Alors le roi monta à cheval et nous tous aussi, et nous allâmes loger devant Oamiette. Ce fut bien maladroitement que les Turcs partirent de Damiette sans faire couper le jpont qui était de bateaux» ce qui nous eût . causé grand embarras; mais ils nous firentgrand domnia^^e à leur départ en mettant le feu au bazar,
ou étaient toutes les marchandises et tout ce qui se vend au poids ; il advint de cette chose comme si quelqu'un demain (dont Dieu nons garde!) mettait le feu.au Petit-Pont^
Or disons donc que le Dieu tout-puissant nous fit • grande grâce qpand il pous préserva de mort et de
1. U y avait alors beaucoup de boutiques sur le Petit-Pont, 4 Paris.
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péril au débarquement, là où nous abordâmes à pied et courûmes sus à nos ennemis qui étaient à
cheval. Le Seigneur nous fit encore grande grâce pour Damiette qu'il nous livra* laquelle nous n'aurions pas dû prendre sans l'affamer; et nous pou- . vous le voir tout clairement| puisque c'est par famine que le roi Jean^ la prit au temps de nos pères.
XXXYI. — Faute de sainft Louis; désordres des croisés.
Notre-Seigneur peut dire autant de nous qu'il dit ' des fils d'Israël, là où il dit: «Ils ont, considéré
comme rien une terre digne d'envie. » Et que dit-il après? Il dit qu'ils oublièrent Dieu qui les avait sauvés. Et moi je vous dirai ci-après comment nous roubliâmes.
Je vous parlerai premièrement du roi, qui fit quérir ses barons^ les clercs et les laies, et leur requit qu'ils l'aidassent à décider comment on partagerait ce qu'on ava^t gagné dans la ville. Le patriarche lut le premier qui parla et il dit ainsi : « Sire, U me semble qu'il sera bon que vous reteniez les froments, les orges et le riz, et tout ce de quoi on peut vivre, pour apprpvisionner la ville ; et que l'on fasse crier