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tait qu on les lui donnât pourvu qu'il tînt en vérité ce qu'il promettait. Le connétable en parla au
Bédouin, et il dit qu'il n'enseignerait pas le gué si Ton ne lui donnait les deniers d'avance. Il fut convenu que l'on les lui baillerait, et ils lui furent donnés.
Le roi décida que le duc de Bourgogne, et les riches hommes d'outre-iaer qui étaient dans le camp, garderaient le camp pour que Ton n'y fit pas de dommage; et que le roi et ses trois frères passeraient au gué à l'endroit que le Bédouin devait enseigner. Cette entreprise fut i)réparée pour se iaire le jour du mardi gras*, à laquelle journée nous vînmes au gué du Bédouin. Gk)nmie l'àube du jour paraissait, nous nous préparâmes de tous points, et quand nous fûmes préparés, nous allâmes au fleuve, et nos chevâux ùirentà la nage. Quand nous fûmes allés jusqu'au milieu du ûeuve, alors nous trouvâmes le fond où nos chevaux prirent pied ; et sur la rive du fleuve, nous trouvâmes bien trois cents Sarrasins tous montés sur leurs chevaux. Alors je dis à mes gens : « Seigneurs, ne regardez qu'à main gauche, pour que chacun tire par là; les rives sont mouillées; et les chevaux tombent sur le cor})s des gens et les noient. » Et il était bien vrai qu'il y en eut plusieurs de noyés