LXXI. — âenDent des émirs; scrupules et résistance durai
Les serments que les émirs devaient faire^au roi flirent mis en écrit, et furent tels : que s'ils ne tenaient pas leurs conventions avec le roi, ils voulaient être aussi honnis que celui qui pour son péché allait en pèlerinage à Mahomet, à la Mecque, la tête découverte; etaui^i honnis que ceux qui laissaient leurs femmes et les reprenaient après. Pour ce second cas, nul ne peut laisser sa femme, selon la loi de Mahonfet, sans renoncer à la ravoir jamais^ s'il ne voit un autre hiQuimecoucher avec elle avant qu'il la puisse ravoir. Leur troisième serment fut
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tel : que s'ils ne tenaient leurs conventions avec le roiy ils voulaientétre aussi honnis que le Sarrasin qui mange de la chair de porc. Le roi prit les sermeEts dessus dits des émirs, parce que maître Nicole d'Acre, qui savait le sarraisinois, dit qu'ils ne les pouvaient faire plus forts selon leur loi.
Quand les émirs eurent juré, ils firent mettre en écrit le serment qu'ils voulaient avoir du roi ; et il le fut par le conseil des prêtres qui avaient renié par devers eux; et Técrit disait que si le roi ne tenait pas ses conventions avec les émirs, il voulait être aussi honni que le chrétien qui renie Dieu et sa Mère, et qui se sépare de la compagnie de ses douze apôtres, de tous les saints et de toutes les saintes. A cela le roi y consentait bien. Le dernier point du serment fut tel : que s'il ne tenait pas ses conventions avec les émirs, il voulait être aussi honni que le chrétien qui renie Dieu et sa loi, et qui en mépris de Dieu crache sur la Croix et marche ^ dessus. Quand le roi ouït cela, il dit : < S'il plattà Dieu, je ne ferai pas ce serment-là. » Les émirs envoyèrent au roi maître Nicole, qui savait le sarrasinois, et qui dit au roî^es paroles : « Sire, les émirs ont grand dépit de ce que ayant juré tout ce que vous avez requis, vous ne voulez pas jurer ce qu'ils vous requièrent; et soyez certain que si vous ne le jurez, ils vous feront couper la téte ainsi qu'à tous vos gens. » Le roi répondit qu'ils en pou-
vaient faire leur volonté, car il aimait mieux mourir bm chrétien que de vivre daus la haiue de Dieu et de sa Mère.
Le patriarche de Jérusalem, homme vieux et ancien de Tâge de quatre-vingts ans, avait négocié un sauf-conduit des Sarrasins, et était venu près du roi pour Taider à négocier sadélivrance. Or telle est la coutume entre les chrétiens et les Sarrasins' que quand le roi ou le soudan meurt, ceux qui isont en message, soit chez les mécréants soit chez les chrétiens, sont prisonniers et esclaves; et parce que le soudan qui lui avait donné le sauf-condnit était mort, le patriarche fut prisonnier ainsi (joe nous le fûmes ^ Quand le roi eut fait sa réponse, Tun des émirs dit que le patriarche lui avait donné ^ ce conseil, et il dit aux païens : « Si vous me voulez croire, je ferai jurer le roi, car je lui ferai voler la
téle du patriarche en son giron. » Ils ne le vou-
lurent pas croire, mais ils prirent le patriarche et fenleyèrent d'auprès di^roi, et le lièrent i une
perche d'un pavillon les mains derrière ie dos, et si étroitement que les mains lui devinrent aussi
enflées et aussi grosses que la tête, et que le sang lui jaillissait parmi les mains. Le patriarche criait au roi : « Sire, jurez stkrement, car je prends sur mon âme le péclié du serment que vous ferez, dès
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que vou s désire^ ien le tenir. » Je ne sais pas comment le serment fût arrangé , mais les émirs se
tinrent pour satisfaits du serment du roi et des autres riches hommes qui étaient là