‹ Histoire de saint Louis (volume 2)Chapitre 85 sur 126 · Voy. xhap. u · texte numérisé non relu

Voy. xhap. u

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avez ouï parler de mon sei^eiir , je m'étonne beaucoup que vous ne itti ay^ pas envoyé du vôtre assez pour le retenir 'Comme «mi, afnsi que TempereuF d'Allemagne, le roi de Hongrie, le Soudan de IBabylone, et les autres font pour lui ioua les ans, parce qu'ils sont certains qu'ils ne pouvant viinre qu'autant qu'il plaira à mon sdgneur. Et si cela ne vous plaît pas à faire, alors faites-^le acquitter du tribut qu*il doit à l'Hôpital et au Ten4)le, ^ii se tiendra pour saliitfftlt dé vms. » Il rendait alors un tribut au Temple et à l'Hôpital, pasce qu'ils »e redoutaient en rien les Assassins, parce que le Vieux, de la Montagne n'y peut rien gagner s'àl faisait tner le matte du Temple ou de l'Hôpital ; car il savait l)ien que s'il en eiil f ait'tuer un. I on en. eut remis tantôt un autre aussi bon. Et pour cela il ne voulait pas perdre les Assassins là où il ne peut rien gagner. Le roi répondit à l'émir qu'il vint dans l'-après^ynée.

Quand l'émir fut revenu, il trouva que le roi était assis en teUe manière, que le maître de l'Hô* pital était d'un téké, «t ie aattre #a Temple de rAutiïe. Alors ie roi lui dit qu'il lui redît ce qu'il lui aiRait idit au matin; et rémir dît qu'il n'avait pas intention de le redire, excepté devant ceux qui étaient au siatîn avec ie roi. Mors les deux mai* tnes tau ^liaceat : « Nous vous commandons que* Vûtts te 4i£âez* • Ët il leur dit qu'il le leur dirait

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puisqu'ils le commandaient. Alors les deux maîtres ûreat dire en sarrasinois qull vint le lendemain leur parler k l'Hôpital ; et ainsi fit-ih

Alors les deux maîtres lui ûreirt dire que son 5eigneur était bien hardi quand il avait osé man« der au roi de si dures paroles; etils lui firent dire que, si ce n'eût été pour l'amour du roi, vers qui ils étaient venus en message ^ ils les eussent fait noyer dans la sale mer d'Acre, en dépit de leur seigneur. « Et nous vous commandons que vous vous en retourniez vers votre seigneur, et que dans la quinzaine vous soyez ici de retour, et que vous apportiez au roi de la part de votre seigneur des lettres et des joyaux tels, que le roi s'en tienne satisfait et qu'il vous en sache bon gré. »

XC. — Les envoyés du Vieux de la Montagne leviennent aveo des paroles de paix; message de frère Yves le Breton.

Dans la quinzaine, les messagers du Vieux de la

Montagne revinrent en Acre, et apportèrent au roi la chemise du Vieux; et ils dirent au roi de la part du Vieux que c'était signe que comme la chemise est plus près du corps que nul autre vêtement, de même le Vieux voulait tenir le roi plus près de sôn amour que nul autre roi, Ët il lui envoya son an-

aeau, qui était d'or très-fin, là où son nom était écrit; et il lui manda que par son anneau U épousait le roi, car il voulait que dorénavant ils fussent tout un. £ntre autres joyaux qu'il envoya au roi, il lui envoya un éléphant de cristal très-bien fait, et une béte qu'on appelle giraHe aussi en cristal, des pommes de diverses espèces , en cristal, et des jeux de tables et d'éciiecs; et toutes ces choses étaient semées de fleurs d'ambre, et Tambre était lié au cristal par de belles vignettes de bon or fin. £t sachez /que sitôt que les messagers ouvrirent leurs êcrins là où ces choses étaient, il sembla que toute, la chambre fût embaumée, tant elles fieuraientbon.

Le roi renvoya ces messagers au Vieqx, et lui renvoya une grande foison de joyaux, draps d*écarlate, coupes d'or et freins d'argent; et avec les messagers, il y envo](a Irère Yves le Breton, qui savait le sarrasinois. Et frère Yves trouva que le Vieux de la Montagne ne croyait pas en Mahomet, mais croyait à la loi d'Ali, qui fut oncle de Mahomet. Cet Ali mit Mahomet au degré d'honneur là où il Jut, et quand Mahomet se fut établi le seigneur du peuple, alors il méprisa son oncle et Téloigna de lui. £t Ali, quand il vit cela, attira à lui ceux du peuple qu*il put avoir, et leur apprit une autre croyance, qu'il n'avait pas enseignée avec Mahomet; d'où il résulte encore que tous ceux qui

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croient à la loi d'Ali disent que ceux qui croient à la loi de Mahomet sont uécnéaDts; et aussi tous ceux qui croient à la loi de Maliomet dirent que tous ceux qui croient à la loi d'Ali sont mécréants.

L'un des points de la loi d'Ali est que, quand un homme se fait tuer pour iaire le commandement de son seigneur^ son Ame y% dans «n eorps pins heureux qu'elle n'était devant; et pour cela les Assassins ne balancent pas- à se £aire tuer quand leùr seigneur leur commande , parce qu'ils cnoiesl qu'ils seront plus heureux, quand ils seront morts, qn'ils n'étaient devant^.

L'autre point est tel, qu'ils croient que nul ne peut mourir avant le jour qui lui est fixé ; et cela nul ne le doit croire ; car Dieu a pouvoir

d'allonger ou de raccourcir nos vies. £t c'est un point anquel arotent les Bédouins, et pour cela ils ne veulent pas mettre d'armures quand ils vont à la-bataiUe ; car ils croiraient agir contre le osfnmandement de leur loi ; et quand ils maudissent leivrs entants, ils leur disent « « Ainsi soi&-t«i maiiéit comme le Fnaïc , qui oiet «ae armure par crainte de la mort 1 ^ »

nrère Yves trouva un livre, au die«>et du lit ét Vieux, où étaient écrites plusieurs paroles que

'l. Voy. chap. u, 2. Vo^. p. 113.

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Notre-Seigneur dit à Saint-Pierre, quand U était sur terre. Et frère Yves lui dit : « Ah ! pour Dieu, Sire y lisez souvent ce livre; car ce sont de trèsboiâMS parcdes. » Et il dit qu'ainsi fesait il : « car j'aime beaucoup monseigueur SaiiiL-Piene, car au eommencement du monde TAme d'Abel, quand il fut tué, vint dans le corps de Xoé; el quand Xoé fut mort) alors elle revint dans le corps d'Abraham; et du corps d'Abraham, {uand il mourut, elle vint dans le corps de Saint-Pierre quand Dieu vint en terre. » Quand frère Yves ouït cela, il lui montra que sa croyance n'était pas bonne, et lui enseigna beaucoup de bopnes paroles; mais il ne le voulut pas croire. Et frère Yves expliqua ces choses au roi, quand il fut revenu à nous. Uuand le Vieux chevauchait, U avait un crieur devant lui qui portait une hache danoise à long manche • tout couvert d'argent, avec tout plein de couteaux fichés dans le manche, et il criait : « Détournezvous de devant cehii qui porte la mort des rois entre ses maingS »

1. OftvoiA qoa- fàmm les. laoudUeiui êê fSfà» m Aanssias, fi» amstM ^Êitpnâkfaé omni «o émir; Ar Ift vieiiièiit ésm notm taBgnft ks smIs mom^ owoif î wa t , awoi iiiw r . Ghe* d*ailM sactet â.*fHUHÉiieii8, le mmmmoBÊà wMÊit verlL H. SihrtiUft ém Saey fUtoftw à U dootrine seorèle des maèUiu, dM4c&ii*à)aqiiîll»^ar4titaiiiiMé»<^ Iislit mnkm did^lM^ ttqm m «Mil pour but ês sidMtnr Ui pUtosapUt-» la religion , la raison à 1» wy«oev ^ i^détoie de penK

Xd. — Réponse au Soudan de Damas; Jean de Valenciennes, envoyé en figypte, obtient la délivrance de nombreux prisonniers.

J'avais oublié de vous dire la réponse que le roi

fit au Soudan de Damas , et qui fut telle : qu'il n'avait pas rintentioa d'aller à lui jusquesà tant (}u'il sût si les émirs d'Égypte lui feraient droit pour le traité qu'ils avaient rompu ; et qu'il enverrait à eux pour cela, et que s'ils ne: voulaient pas rétablir le traité qu'ils avaient rompu, il l'aiderait volontiers à venger son cousin, le Soudan de Baby-* lone, que les émirs avaient tué.

Tandis que le roi était en Acre, il envoya monseigneur Jean de Valenciennes en Ëgypte, lequel requit les émirs de réparer les outrages et les dommages qu'ils avaient faits au roi. St ils lui dirent • qu'ainsi feraient-ils bien volontiers, pourvu que le

ser à Tautorité de la révélation. Cette liberté, ou plutôt cette licence, ne saurait demeurer longtemps une simple spéculation de Tesprit, elle passe au cœur, et son influence pernicieuse sur la morale ne tarde pas à se faire sentir. Aussi les Ismaéliens virent-ils naître parmi eux des partis qui réalisèrent toute l'immoralité dont leur doctrine avait posé les bases, et qui secouèrent, avec le joug de la croyance et du culte public, celui de la décence et des lois les plus sacrées de la nature. »- (Jf'dmotref de V Académie des Inscriptions^ tome IV^ p. 1 )

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roi se voulût allier à eux contre le Soudan de Damas. Monseigneur Jean de Valenciennes les blâma beaucoup des grands outrages qu'ils avaient faits au roi, et dont j'ai parlé plus haut; et il fut d'avis qu'il serait bon que, pour adoucir le cœur du roi envers eux, ils lui envoyassent tous les chevaliers qu'ils tenaient en prison. Et ainsi firent-ils, et de plus ils lui envoyèrent tous les os du comte de Brienne pour les mettre en terre bénite. Quand monseigneur Jean de Valenciennes fut revenu en Acre, avec deux cents chevaliers qu'il ramena de prison, sans compter les autres gens, madame de Sayette% qui était cousine du comte Gautier, et sœur de monseigneur Gautier seigneur de Resnel» dont Jean sire de Joinville prit la fille pour femme * depuis qu'il revint d'outre-mer, madame de Say ette, dis-je, prit les os du comte Gautier, et les fit ensevelir chez les Hospitaliers en Acre. £t elle ht faire le service en telle manière, que chaque chevalier donna à Toflrande un cierge et un denier d'argent, et le roi un cierge et un besant, le tout aux frais de madame de Sayette. De quoi Ton s'émerveilla beaucoup quand le roi fit cela, car on ne l'avait jamais vu donner à l'offrande que de ses deniers ; mais il le ht par courtoisie.

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