Jusqu'à Pâques de Tau 1251. (Yoy. chap. xcviu
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s'enallèrçiiU ii France; et à «©as, qui demeurânicaiy il eu do&aa bien et largemenL Lwà et l/oiiàre frère me prièrenl beaiieoup que je prisse garde au roi ; et ils me disaient ({u'il ne demeurait personne en qui ils eqiérassent autant (|n'eii#Hioi. Quand le comte d'Anjou vitqu'ii lui l'uu li ait s'embarqiier'sur le vaisseau^ il montra une telle douleur que taïui s'en étonnèrent ; et toutefois il s'en vînt en franca.
Il ne tarda pas longtemps aprèa que les frères du roi furent partia d'Acre^-lorsque les messagers de rempereur Frédéric vinrent au roi et lui apportèrent des lettres <k créance, et dirent au roi %tte Tempereor les avait envoyés pour notre délivrance. Us montrèrent au roi les lettres qfiQ Tempereur envoyait au'sondan (qui était mprt, ce que» l'empereur ue pensait pas.) i et l'empereur lui mandait qu'il crût ses messagers au sujet de la délivrance du roi. Beaucoup de gens dirent qu'il ne nous eût pas été avantageux que les messagers nous eussent trouvés en prison ; car Ton croyait que l'empereur avait envQ]fé& ses messagers plutôt pour nws ar- ^réter que pour nous délivrer. Les messagers nous itrouvèrent délivrés; alors ils s'en allèrent.
Tandis que le roi était en Acre ^ la Soudan de Damas envoya ses messagers au roi, et se plaigput beaucoup à lui des émirs d'Egypte, qui avaient tué son cousin le Soudan ; et il promit au roi, s'il le voulait aider, qu'il lui livrerait le rojaume de Je-
nisalem, qui était en ses mains. Le roi prit le parti de faire réponse au soudan de Damas par des messagers à lui, lesquels il envoya au soudan. Avec lus messagers qui allèrent là, alla frère Yves le Breton, de Tordre des frères Prêcheurs, qui savait le sarrasinois. Tandis qu'ils allaient de leur hôtel à l'hôtel du Soudan , frère Yves vit une vieille femme qui traversait la rue, et portait à la main droite une écuelle pleine de féu» et à la gauche une fiole pleine d'eau. Frère Yves lui demanda: « Que veuxtu faire de cela? » Elle lui répondit qu'elle voulait avec le feu brûlerie paradis, et avec Feau éteindre renier, afin qu'il n'y en eût plus jamais. Et il lui demanda : « Pourquoi veux-tu faire cela? » — « Parce que je ne veux pas que nul fasse jamais le bien pour avoir la récompense du paradis ni par peur de l'enfer; mais simplement pour avoir l'amour de Dieu, qui vaut tant, et qui nous peut faire tout le bien possible. »
LXXXVUI. — De Jean TErmin, artilleur du roi.
Jean l'Ermin, qui était artilleur du roi, alla alors à Damas pour acheter de la corne et de la glu pour faire des arbalètes; et il vit un vieil homme, très- Agé, assis dans le bazar de Damas. Ce vieil homme
l'appela, et lui demanda s'il était chrétien; et il Ini
dit qu'oui. Et le vieil homme lui dit : « Vous devez, vous haïr beaucoup entre chrétiens; car j'ai vu telle fois que le roi Baudouin de Jérusalem, qui lut lépreux, déconfit Saladin; et il n'avait que trois cents hommes d'armes, et Saladin, trois milliers; or vous êtes amenés par vos péchés à ce point, que nous vous prenons dans les champs comme des bêles. » Alors Jean TErmin lui dît qu'il se devrait bien taire sur les péchés des chrétiens, à cause des péchés que les Sarrasins faisaient, qui sont beaucoup plus grands. Et le Sarrasin répondit, qu'il avait répondu folleiùent. £t Jean lui demanda pourquoi. Et il lui dit qu'il le lui dirait, mais qu'il lui ferait avant une demandé. £t il lui demanda s'il avait un enfant. Et Jean lui dit, • Oui, un fils. » £t le Sarrasin lui demanda de quoi il se chagrinerait le plus s'il recevait tin soufflet d'un autre ou de son fils. Et Jean lui dit qu'il serait " plus irrité contre son fils s'il le frappait que contre lui. « Or je te fais, dit le Sarrasin, ma réponse en telle manière : c'est que vous autres chrétiens, vous êtes fils de Dieu, et de son nom de Christ êtes appelés chrétiens; et il vous fait une telle grâce qu'il vous a baillé des docteurs par qui vous sachiez quand vous faites le bien et quand vous faites le mal. C'est pourquoi Dieu vous sait plus mauvais^ gré d'un petit péché quand vous le faites, que d'un
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grand à nous, qui ne connfiissons rien, et qui sommes ateugles ; car nous croyons être quittes de tous nos péchés si nous pouvons nous laver dans Teau avant que nous mourions, parce que Mahomet nous dit qu'à la mort nous serions sauvés par l'eau. »
Jean TErmin était en ma compagnie, depuis que }ii revins d'outre-mer, une fois que je m'en allais à Paris. Pendant que nous mangions dans un pavillon, une grande foule de pauvres gens nous demandaient pour Tamour de Dieu, et faisaient gniiid bruit. Un des nôtres, qui était là, commanda et dit à un de nos vajets : «Lève-toi sus, et chasse dehors c^s pauvres. » — « Ah 1 fit Jean l'Ermin, vous avez très-mal dit; car si le roi de France nous envoyait naaintenant par ses messagers àchacun cent marcs d'argent, nous ne les chasserions pas dehors ; et vous chassez ces envoyés qui vous offrent de vous donner tout ce que Ton vous peut donner ; c'est à savoir qu'ils vôus demandent que vous leur donniez pour Dieu, c'est-à-dire que vous leur donniez du vôtTQ et qu'ils vous donneront Dieu. £t Dieu le dit de sa bouche, qu'ils ont pouvoir de nous faire don de lui ; et les saints disent que les pauvres nous peuvent accorder avec lui, en telle manière que comme Teau éteint le feu, l'aumône éteint le pédhé. Ainsi qu'il^ ne vous advienne jamais» dit Jean, de chasser les pauvres dehors; mais donnez leur, et Dieu vous donnera. » * :
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|.YYY 1Y. — Envoyés du Vieux de la Montagne; réponse à ieux» meuaoefib
Tandis que le roi demeurait eu Acre, les messagers du Vieuxde la Montagne^ Tinrent à lui. Quand le roi revint de sa mefise, il les fit venir devant lui. Le rôi lesfit asseoir en telle manière^ qu'il y avatt un émir devant, bien vêtu et bien équipé ; et derrière l'émir, il y avait on iMuchelier l^ieo équipé, qui tenait à la main trois c<mtoaux dont l'un entrait dans le manche de 1 autre, parce que si l'émir eût été reiusé, il eût présenté au roi ces tpcns couteaux pour le défier. Uerrière celui qui tenait les trois couteaux, il y en avait un autre qui tenait dm bougran enlorlillé autour de son bras, qu'il eût aussi présenté au roi pour Tensevelir, s'il eût refusé la requête du Vieux de la Montagne.
Le roi dit à l'émir qu'il lui dit ses intentions; et rémir lui bailla des lettres de cpéance^ «t dit ainsi : « iMon seigneur m'envoie vous demander si vous le connaissez. > £t le roi irépondit qu'il ne^i» connaissait point, car il m Pavait jamais tu; mais il avait bien oui pâxler 4d6.kii. — « fit (luand vou&