‹ Histoire de saint Louis (volume 2)Chapitre 9 sur 126 · Environ 20000 francs de notre monnaie · texte numérisé non relu

Environ 20000 francs de notre monnaie

4. J*appeUe taffetas ici et aiUeiirs ce que JoinviUe apoeUe cen* dal : cette inteiprétation est généralem«it admise*

DE SAINT LOUIS. Il

qu'est-ce que Dieu? » £t je lui dis : < Sire, c'est si

bonne chose que meilleure ne jjeut ôtre. » — «Vraiment, ût-il, c'est bien répondu ; car la réponse que vous avez faite est écrite en ce livre que je tiens à ma main. Or je vous demande, ût-il, ce que vous aimeriez mieux ou d'être lépreux ou d'avoir fait un péché mortel? » Et moi, qui jamais ne lui mentis, je lui répondis que j'aimerais mieux en avoir fait trente que d'être lépreux. Quand les moines furent partis il m'appela tout seul, me fit asseoir à ses pieds et me dit : < Gonunent me dites- vous hier cela? ^ Et je lui dis, que je le disais encore. Ët il me dit : « Vous parlâtes en étourdi et en fou; car il n'y a pas de lèpre aussi laide que d'être en péché mortel, parce que l'âme qui est en péché mortel est semblable au diable ; c'est pourquoi il ne peut y avoir de lèpre si laide. Et il est bien vrai que quand riiomme meurt il est guéri de la lèpre du corps ; mais quand l'homme qui a fait le péché mortel meurt, il .ne sait pas ni n'est certain qu'il ait eu tel repentir que Dieu lui ait pardonné. C'est pourquoi il doit avoir grand'peur que cette lèpre ne lui dure, tant que Dieu sera en paradis. Aussi je vous prie, fit-il, autant que je puis, d'habituer votre cœur pour l'amour de Dieu et de moi, à mieux aimer que tout mal advint à votre corps par la lèpre et toute autre maladie, que si le péché mortel venait dans votre àme. »

12 HlSTOIBfi

Il me demanda si je lavais les pieds aux pauvres ié jour du jeudi sainte « ^e,diâ-je, quel malheur! les pîeds de ees vilains je ne les laverai pas, » ^ « Vraiment, ût-il, ce fut mal dit; car vous ne devez pas avoir en dédain ce que Dieu fit po^r notre enseignement. Je vous prie donc, pour l'amour de Dieu d'abord, et pour Tamour de moi» que vous vous accoutun^iez à les laver. •»

Page 1