‹ Histoire de Saint LouisChapitre 21 sur 261 · XXXVIII NOTIONS SUR LA GRAMMAIRE · texte numérisé non relu

XXXVIII NOTIONS SUR LA GRAMMAIRE

certains cas, user de cette liberté, et dire c Dieu vous le « rende, bénis soient tout les pacifiques j, comme Joinville a dit : î Diex le vous rende (§ 596); benoit soient tuit U c apaiseour (§ 683) >.

Emplois divers de l'infinitif. L'inûnitif, qui joue aujourd'hui le rôle de substantif ne peut plus avoir de régime direct : on dit bien le boire, le manger; on ne dirait pas le boire son vin, le manger son pain. On trouve au contraire dans Joinville des infinitifs qui, tout en étant pris subslantivcnent, puisqu'ils sont précédés de l'article, sont en même temps suivis de leur rér^ime : « à l'esmouvoir e l'ost le roy (§ 231) ; au tourner que je fiz ma teste (§ 432) ; « au penre congié que il fesoit à aus (497) ». On en trouve à plus forte raison avec avec des régimes indirects : « au « passer que il fesoient jsa?' devant li (§ 175); à l'entrer « en la barbacane (§ 295) ; au froter que nostre neis avoit « fait ou sablon {^ 623) ; au requeillir que nous feismes « en nostre nef) (§ 639 ». Contrairement à l'usage actuel, on pouvait faire suivre la préposition en de l'infinitif :

< en ces choses aréer (§ 266) ; que tu mettes ton cuer en € amer Dieu (§ 740); il ne meltoit consoil en li garantir

< (§651) ». Quoique nous mettions quelquefois l'infinitif après la préposition par, nous ne le ferions pas dans les cas suivants : c par affamer la prist (§ 165); ne par noer ne € par autre manière (§ 651) ». Nous serions obligés de changer la préposition par en même temps que l'infinitif, et de dire -.en affamant, en nageant- Mais Joinville avait un autre équivalent de cette locution, et alors que nous disons : en faisant la paix, en rendant nn grand tribut, il pouvait, après la préposition par, mettre autre chose que l'infinitif : € par pais faisant (§ 75); par la pais fesant (§ 103); par

< grant treu rendant (§ 565) ». Ces mots faisant et rendant ne sont pas des participes présents ; ils n'en ont que l'apparence : ils dérivent d'un participe latin qui a la forme du gérondif, celui qui est appelé dans le rudiment participe

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