LES ANCETRES DE LA FAMILLE MOREAU
DE SA [NT- LUC
Nous allons maintenant donner la notice généalogique et historique de la famille Morcau, de Saint-Luc, Tune des plus anciennes et des plus nombreuses de la paroisse, et que nous connaissons le mieux, parce que nous avons Thonncur de lui appartenir.
La Camille Moreau a été jusqu'ici une famille de cultivateurs, et nous faisons des vœux pour (|u'elle demeure ce qu'elle a toujours été, La vie des champs entretient les forces physicjueF^ et, sous le souffle de la vraie religion, produit Thonnêteté des mœurs.
Nos ancêtres, on peut en faire le calcul, ont en moyenne vécu environ 74 ans.
On peut en conclure que la famille Moreau est une race forte et vigoureuse, puisque, d'ordinaire, la vie de l'homme sur la terre est de 70 ans, et qu'il n'y a que les hommes extraordinairement forts qui dépassent cet âge. (Ps. 89-10.)
Tout ce que nous allons dire de notre famille a été puisé au dictionnaire généalogique t ou dans de vieux papiers, qui nous ont été montrés, ou dans des traditions authentiques de la famille, et dans les registres.
Le premier ancêtre de la famille Moreau, de Saint-Luc, s'appelait /ean Moreau. Il venait de la France, de Saint-Laurent Parthenay, diocèse de Poitiers, et son épouse, Catherine Leroux, venait de Paris,
Ils sont tous deux mentionnés au dictionnaire généalogique^ dès 1656.
Il est probable que Catherine Leroux était ce qu'on appelait une fille du roi, c'est-à-dire une fille pauvre, mais élevée chré-
tiennement dans une maison subventionnée par le roi de France, et envoyée au Canada pour y épouser quelque bon colon.
Jean Moreau et Catherine Leroux se fixèrent à Québec, ou près de Québec, et paraissent avoir été agriculteurs. Ce sont les bisaîeux de notre bisaïeul Jean Moreau, Tun des premiers colons du Côteau-des-Hêtres, et la souche de la famille Moreau de Saint-Luc.
Ils eurent un fils, en 1657, qu'ils firent baptiser à Québec, €t à qui ils donnèrent le nom de /eau, bien qu'il soit aussi appelé Jean-Baptiste.
Ce Jean Moreau épousa, à Québec, le 18 février 1692, Marie Rodrigue, dont le père, Jean Rodrigue, et la mère, Marie-Anne LeRoy, étaient originaires de Lisbonne, en Portugal.
Jean Moreau et Marie Rodrigue, après avoir vécu à Sainte- Foye, près Québec, allèrent se fixer à Rimouski, oii ils prirent des terres.
Le dénombrement du 25 août 1724, des fiefs où ils vivaient, porte ce qui suit :
« Sur le fief de Rimouski.... sont les habitants qui suivent:
«4?e Jean Moreau, père, qui possède 3% arpents de front sur la dite profondeur.... lequel a maison, grange, étables, et environ 10 arpents de terre labourable.
« 5e Au dessus est Ignace-François Moreau, fils, qui possède 3 arpents de front sur la dite profondeur.... lequel n'a aucun bâtiment ; mais seulement deux arpents de terre labourable. »
Nous avons trouvé cette pièce aux archives fédérales, à Otta- -wa, et la profondeur des terres dont il est question, était de deux lieues.
Jean Moreau et Marie Rodrigue moururent tous deux à Rimouski, où ils marièrent plusieurs de leurs enfants, et où ils furent inhumés, Jean, le 25 août 1727, à 70 ans.
Ils avaient, le 5 décembre 1700, à Sainte Foye, fait baptiser un fils, et l'avaient appelé Ignace-François,
C'est notre trisaïeul.
Ignace-François Moreau, s'apercevant que les terres de Rimouski étaient peu fertiles, les abandonna bientôt après la