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LES ANCÊTRES DE LA FAMILLE MOREAU DE SAINT-LUC

Trois d'entre eux, des Allemands mercenaires de l'Angleterre, arrivent, un jour, chez Jean Moreau.

Us étaient à mauvaise adresse.

Louise Brodeur, il est vrai, était seule avec ses enfants, dont le plus âgé garçon n'avait pas quinze ans ; mais, par la grâce de Dieu, elle n'avait point peur. Venant de Varennes, elle connaissait peut-être les exploits de Melle de Verchères, et croyait peut-être que, au besoin, elle pouvait l'égaler.

Ces messieurs voulait du lakte à la grosseu crême^ c'est-àdire du lait recouvert d'une crème épaisse, et l'économe Louise Brodeur ne leur en voulait pas dofiner.

Ils se mettent alors en frais d'en prendre eux-mêmes ; mais Louise Brodeur, en un clin d'oeil, trouve le moyen d'en enfermer un à la laiterie attenant à la maison, un autre dans la pièce qui sépare la laiterie de la cuisine, et le troisième dans la cuisine. Puis, saisissant le tisonnier, elle en bat chacun d'eux jusqu'à ce qu'il crie miséricorde, et qu'il promette de s'en aller et de ne plus revenir.

Ils s'en retournèrent penauds, battus par une femme, n'osant pa? unir leurs forces, ni employer leurs armes pour s'en venger, et craignant peut-être aussi d'être rapportés à l'officier.

Jean Moreau mourut à Saint-Luc, muni de ses derniers sacrementSf dit l'acte de sa sépulture, et y fut inhumé le 21 juillet 1804, à l'extrémité ouest du cimetière paroissial, âgé d'environ 61 ans.

Notre aïeul paternel nous a dit que son père était mort relativement jeune, peu après 60 ans, et M. Bélair a certainement fait erreur en le disant âgé de 77 ans.

L'année précédente, voyant tous ses enfants établis, à l'exception du plus jeune, Augustin, il avait, de concert avec son épouse, fait venir chez lui, à Saint-Luc, le notaire Leguay, de Montréal, et fait son testament solennel en présence de presque tous ses enfants, qui s'en déclarèrent satisfaits.

Ayant déjà pourvu à ses autres enfants, il donna presque tout ce qui lui restait de bien à son fils Hippolyte, entre autres la terre sur laquelle se trouvent l'église et le cimetière de Saint- Luc, moyennant une grosse rente viagère, un service sur son

corps, un service anniversaire et des messes, pour le repos de son âme, et autant pour Tâme de son épouse.

Ce testament est très intéressant pour la famille Moreau.

Son fils accepta tout, promit tout, et, selon une tradition de famille, s'acquitta bien de ses obligations.

Louise Brodeur mourut 16 ans plus tard, âgée d'environ 75 ans, et non de 80 ans, comme a écrit M. Demers. Son corps fut inhumé, le 8 juillet 1820, près de celui de son époux.

Ils moururent tous deux entourés de la vénération de leur nombreuse famille.

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