A KABKIOUE DE SAINT-LUC
« L'an mil huit cent un, le 27 décembre, l'assemblée générale des syndics, capitaines et officiers de milice, et autres principaux habitants domiciliés en cette paroisse, aj^ant été dûment convoquée au prône de la messe paroissiale du dimanche, et annoncée à l'issue des vêpres, au son de la cloche en la manière accoutumée, à l'effet de choisir trois marguilliers pour la susdite nouvelle paroisse de Saint-Luc au Côteau-des-Hêtres, pour l'année mil huit cent deux et les suivantes : les suffrages aj'ant été reçus et recueillis par nous, soussigné, curé de la dite paroisse, et comptés en présence des sieurs J.-Bte Morin, J.-Bte Molleur et Jean Manie, tous trois syndics de la susdite paroisse, il a été trouvé que la pluralité et la majorité des voix ont été pour les sieurs Antoine Boivin, François Brosseau et Pierre Brosseau : lesquels, en conséquence, ont été élus et nommés marguilliers pour la susdite paroisse de Saint-Luc au Côteaudes-Hêtres ; et, à raison de la pluralité des voix, le sieur Antoine Boivin se trouve le premier, le sieur François Brosseau, le second, et le sieur Pierre Brosseau, le troisième. Fait et passé, » etc.
Il faut avouer que l'acte était bien rédigé. Plusieurs v ont fait leurs marques, mais Antoine Hamilton, J.-Bte Dubuc et Simon Barbeau ont signé eux-mêmes.
On ne perdit pas de temps. Le dimanche sitivant, 3 janvier 1802, il y eut encore assemblée générale pour la réglementation des bancs.
Il y fut statué et décidé par la susdite assemblée que les bancs faits et à faire seront pavés, pour l'année commencée et les suivantes, dans le cours du mois de janvier, passé lequel mois, MM. les marguilliers présents et à venir, auront tout droit et pouvoir de faire les poursuites requises pour les faire paver.
Ce règlement était sage ; mais ceux d'aujourd'hui le sont encore plus. Actuellement, presque partout, le locataire d'un banc doit en payer la rente d'avance avant la fête de Noël, pour l'année suivante, sinon le banc est vendu avant le 1er janvier.
Deux semaines plus tard, le 17 janvier, on commença la vente des bancs, qui se termina le 24. Ils étaient vendus à
l'enchère, clans la Salle-des-Habitants, au pignon nord dupresb3'tère.
Les 57 bancs rapportèrent 2206 livres. Ce qui donne, en nio venne, environ 38 livres 15 sous par banc (près de $8.00 dtt cours actuel).
Il V eut beaucoup d'émulation pour certains bancs. Jean Moreau paya 98 livres pour le sien, no 12 ; le capitaine Dépelteau paya 90 livres ; J.-Bte Morin, 75 livres ; et Pierre Brosseau, 60 livres, ainsi que J.-Bte Molleur.
Le dernier fut adjugé à Louis Tétro pour 6 livres. (1 )
La première reddition de comptes eut lieu, le 23 octobre
Le sieur Antoine Boivin, pendant l'année 1802, fit une recette de 3,200 livres 7 sous, dont 2,206 livres de rentes de bancs, 120 livres de quêtes dominicales, 32 livres 4 sous à la fête de saint Luc, 232 livres 15 sous par le blé de la quête de l'Enfant Jésus, 108 livres 2 sous avec le lard, le bœuf, le savon, la cliandelle, les chapons de la même quête, et 501 livres 6 sotis de casuel.
Le casuel avait même doublé les espérances des pétitionnaires de 1798, dans la requête pour l'érection de la paroisse.
La dépense s'étant élevée à 3,340 livres 3 sous, le sieur François Brosseau, marguillier de 1803, lui remit, séance tenante, 139 livres 16 sous. Le sieur Boivin avait dû, en effet, fournir 1744 livres 11 sous aux SN^idics, et payer 600 livres pour le calice et le ciboire, 428 livres 14 sous pour la cire de Têglise, 87 livres pour le vin du saint sacrifice, etc., etc.
Il fallait tout organiser, et la dépense était grande. Les paroissiens donnaient de bon cœur cependant, tant ils étaient fiers d'avoir une église à eux.
Il sera peut-être agréable à plusieurs de connaître les marguilliers qui se sont succédé au banc d'œuvre depuis la fondation de la paroisse. Plusieurs y reconnaîtront avec joie les noms de leurs pères, et ils en seront heurevtx et fiers. La charge
(1) La liste des locataires des premiers bancs est aux archives de la cure.