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LA FABRIQUE DE SAINT-LUC

Aussitôt après l'érection de la paroisse, J.-Bte Morin, l'un des principaux citovens de l'endroit, fit une quête pour subvenir aux besoins de la fi.iture chapelle. On lui donna du blé, des pois, du savon, de la filasse et de l'argent : en toiit 418 livres 16 sous.

M. Lanctôt, curé de l'Acadie, donna 36 livres; J.-Bte Aloreau en donna 2-1 ; François Brosseau, 18. D'autres donnèrent aussi, en particulier quatre jetines gens, qui se firent inscrire potir 21 livres.

Morin rendit compte de sa quête trois ans plus tard, le 6 juin 1802, dans l'assemblée générale de toutes les castes de la paroisse. Comine il avait dépensé 130 livres 3 sous de plus qu'il n'avait collecté, le niarguillier en exercice lui remit alors cette somme. (1 )

L'année qui suivit l'érection de la paroisse, la place de l'église ayant été marquée par l'autorité religieuse, après bien des difficultés, on fit l'achat du terrain de la fabrique de six arpents en superficie, oti se trouvent encore le presbvtère, le cimetière et l'église. Le terrain des remises, cependant, ne lut acheté qu'en 1897.

M. Boucher et M. Henr}^ curé et notaire de Laprairie, s'étant rendus chez Jean Moreau, au Côteavi-des-Hêtres, le 1er août 1800, les sieurs J.-Bte Moreau, J.-Bte Terrien, J.-Bte et Michel

(1) Ce compte est aux archives de la cure.

Morin, Antoine Brosseau, Pierre Nolin, Augustin Deslandes et Gabriel Roman, tous habitants de Saint-Luc, achetèrent le dit terrain, pour et au nom de tous les habitants de la paroisse, de Jean Moreau, laboureur, et Louise Brodeur, son épouse, et de J.-Bte Molleur, aussi laboureur, et Marie Soulanges Frégeau, son épouse. (1)

Il 3' eut grande fête à Saint-Luc, ce jour-là. Jean Moreau reçut à sa table MM. Boucher et Henry, et plusieurs autres convives, évidemment. L'acte dit que le contrat se fit à sa maison.

On était hospitalier, à cette époqvie, plus qu'aujourd'hui peut-être, et l'on avait des tables bien servies.

Louise Brodeur, pour la cuisson des vivres et le service des tables, était aidée de ses deux grandes filles encore célibataires, mais qui se marièrent toutes deux, à l'Acadie, le même jour, le 26 janvier suivant.

Peut-être aussi était-elle aidée de deux autres de ses filles^ dames Michel Morin et J.-Bte Terrien, et de sa bru, dame J.- Bte Moreau, dont les maris comparurent à l'acte comme acheteurs es-qualité.

Soulanges Frégeau, l'une des venderesses, n'avait encore que seize ans, bien qu'elle fut mariée depuis deux ans.

D. A. Grant, époux de Mme la baronne, n'a\'ant pas pvi retraire le terrain vendu, en mit les acheteurs en bonne saisine, l'année suivante, le 20 juillet 1801. (2)

Quelques semaines après l'achat du terrain, les fidèles de Saint-Luc, ayant décidé d'\^ construire un presbytère, dont le haut serait affecté à la chapelle, élurent quatre syndics pour cette construction, le 21 octobre 1800.

Enfin, le premier curé étant arrivé et ayant signé son premier acte, le 5 novembre 1801, eut lieu, le 27 décembre suivant, la première élection de marguilliers.

L'acte en est ainsi conçu :

( 1 ) Jean Aloreau et Louise Brodeur sotit nos bisaïeux paternels ; J.-Bte Molleur et Marie Soulanges Frégeau, nos aïeuls maternels. (2) Le contrat est aux archives dé la cure.

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