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LES CLOCHES DE SAL\T-LITC

comptes de 1810 disent qu'elle a été transportée à Laprairie.

Cette première cloche servit jusqu'en 1810.

Le 2 novembre 1809, M. Berthelot écrivait à Mgr Plessis :

«Nous avons une cloche montée sur une chèvre, qui n'est pas des plus alertes. Pour le moment, la cloche neuve nous est encore moins utile que la vieille, que l'on sonne encore sans danger. Pour la neuve, elle a beaucoup de difficultés à remuer. Elle est condamnée à garder le silence jusqu'au printemps.»

La seconde cloche de Saint-Luc fut achetée, en 1809, et a duré jusqu'au 4 juillet 1875, où elle fut incendiée.

Elle fut payée, on le voit aux comptes de la fabrique, 14-87 francs. Comme elle pesait environ 450 livres, elle avait coûté un peu plus de 3 francs la hvre.

Elle fut bénite, en 1810, et eut pour parrain Michel Morin,et pour marraine, sa sœur Geneviève, épouse de J.-Bte Moreau. On nous a souvent répété que, en l'honneur de ses parrain et marraine, elle s'appelait « Michel-Geneviève n (1)

Ses parrain et marraine furent très généreux. Les comptes ■de 1810 portent l'item suivant :

« Par les parrain et marraine de la cloche: 288 Ibs. »

€t cet autre item fourni par les assistants, sans doute.

« Pour la cloche : 86 lljs. »

Elle fut sonnée pour la dernière fois, comme tocsin, dans la nuit du 3 au 4 juillet 1875, à l'incendie de l'église. On la vit entoui'ée de flammes et tomber en poussant des sons lugubres. C'était le râle de son agonie.

Le lendemain, on retrouva ses débris parmi les cendres fumantes, et plusieurs personnes en emportèrent des fragments.

Les paroissiens cherchèrent, alors, en vain la première cloche, que l'on disait avoir été donnée à Saint-Jean.

Dans leur indigence, ils s'adressèrent au gouvernement fédéral, qui leur prêta la cloche du canal, ainsi appelée parce qu'elle servait, à la tête du petit chenal, à appeler le traversier du canal Chambly.

C'était une cloche d'une vingtaine de livres et d'un son pitoyable. Elle ne fut jainais bénite, et fut (comme la seconde

(1) Tradition de la famille Moreau,

cloche avant d'avoir été placée au clocher) perchée sur une chèvre, dont on pouvait dire comme de celle de la seconde, qu'elle n'était pas des plus alertes.

Cette petite cloche servit néanmoins jusqu'en 1882, au mois de juillet, oti la cloche actuelle fut achetée de la maison Chanteloup, de Montréal, et bénite.

Elle pèse 1,035 Hvres et a coûté $392,50; mais on a donné la cloche fondue et brisée en déduction du prix d'achat, à 12 centins la livre.

Elle fut bénite, dans l'éghse de Saint-Luc, le 23 juillet 1882, un dimanche, fête de Saint ApolUnaire, par messire Joseph Morin, curé de Saint-Jacques-le-Mineur, notre prédécesseur.

Il y eut messe solennelle chantée par messire H. Carrière, alors curé de Sherrington, assisté de M. Anibroise Hébert, comme sous-diacre, et de nous-même comme diacre. (1)

M. Florent Bourgeault, curé de Laprairie, fit le sermon de circonstance, et il v avait un grand concours de fidèles.

La cloche reçut les noms de Marie-Luc-François-Etienne- Alexandre, et plusieurs de ses noms sont écrits sur ses parois.

Elle eut un grand nombre de parrains et de marraines ; mais il est probable qu'aucun d'eux ne donna autant que les parrain et marraine de la cloche Michel-Geneviève.

De leur nombre étaient l'honorable F. -G. Marchand et sa cousine, Mme Paradis; M. et Mme Louis Molleur; M. et Mme Sheridan ; le docteur H. Moreau et sa jeune fille, Joséphine, aujourd'hui madame Lécuyer : M. et Mme Jacques Émery Molleur, de Saint-Jean ; M. Jérémie Moreau et Mme Paul Denault, et plusieurs autres paroissiens de Saint-Luc avec leurs épouses.

Ils avaient presque tous été placés dans le sanctuaire.

Il y eut grand gala après la cérémonie religieuse. Les parrains et marraines, et tous les membres du clergé, furent conviés à un banquet, qui eut Heu dans la grande maison en face du presbytère.

Les fidèles de Saint-Luc avaient une cloche, et ils en éprouvaient une grande satisfaction.

(1) M. Ambroisc Hébert, ordonné prêtre, à Laprairie, le 27 décembre 1882, motu-ut, au même endroit, le 1er novembre 1884.

M. Patkice Drpiis de Montpellikk.

Arrière petit-fils dejosepli Dupuis de Montpellier, premier colon du Bord-de-l'eau.

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