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CHAPITRE HUITIEME

La paroisse de Saint-Luc a eu vingt-deux cui'és : dix nommés par les évêques de Québec, et douze, par ceux de Montréal. En moyenne, donc, ces messieurs sont demeurés, à Saint-Luc, environ quatre ans et demi.

On remarquera, dans leurs notices, que de tous les curés de Saint-Luc, quatorze sont nés avi dix-huitième siècle : que leur moyenne d'âge d'ordination a été d'environ 25 ans; et que la moyenne d'âge de ceux qui sont morts a été d'environ 65 ans.

Deux sont devenus évèqvies: Mgrs Gaulin et Blanchet ; et trois, vicaires généraux : MM. Deniers, Crevier et Caron.

La paroisse de Saint-Luc a reçu les secours d'un prêtre pendant cent ans ; mais, pendant ce temps, elle a fourni au sacerdoce catholic^ue cinq de ses enfants: MM. David Charland, Etienne Normandin, Hvpolite Moreau, le Père Dandvtrand et nous-même, dont les vies sacerdotales ajoutées les unes aux autres forment beaucoup plus d'un siècle.

Elle a donc donné compensation à l'Église pour les prêtres, qu'elle en a reçus. Nous ignorons si chaque paroisse du diocèse pourrait en dire autant.

Le passage d'un curé dans une paroisse y laisse des traces ineffaçables. Son influence y est nécessairement grande, parce qu'il y fait l'œuvre de Dieu; et son souvenir s'y conserve longtemps.

Nous crovons être agréable à nos lecteurs en leur parlant de chacun des curés de Saint-Luc.

§ I. M. BÉLAIR

M. François Plessis-Bélair a été le premier curé de Saint-Luc.

Il était fils du sieur François Plessis-Bélair, cousin germain de Mgr. J. O. Plessis, (1) et de dame Marie Josephte Beaudry. Il vit le jour, à Montréal, le 16 février 1770, aux Tanneries dites des Bélair, du nom de sa famille, aujourd'hui comprises dans la paroisse de Saint-Denis. Son père }' exerçait le métier de tanneur.

Ordonné prêtre, le 13 août 1797, il devint curé de Saint-Luc, en octobre 1801, vers la fête du saint titulaire de la paroisse. Il 3' signa son premier acte, le 5 novembre, au baptême de J.-Bte Poirier, fils d'Ambroise Poirier, l'un des syndics pour l'érection du presbytère et dti cimetière. (2)

M. Bélair (il signait plus ordinairement de ce nom) a rendu de grands services à Saint-Luc. Il possédait l'esprit d'ordre de son illustre cotisin, et y mit les choses sur un bon pied.

Il fut le parrain d'une petite Papineau, le 4 septembre 1805, avec dame Antoine Hamilton, née Louise Grisé, pour marraine. Il y maria aussi son frère, Gabriel-Basile Plessis-Bélair, le 21 juillet 1806, à Délie Céleste Joubert, fille du capitaine Louis- Honoré Joubert, qui demeiirait déjà à Saint-Luc.

M. Bélair signa son dernier acte, le 14 août 1807, et fut transféré à la cure de Sainte-Rose, Ile-Jésus, où il demeura jusqu'à sa mort arrivée le 31 octobre 1830, et où il fut inhumé.

(1) Nos renseignements sur les curés de Saint-Luc sont tirés des archives de la cure, du Dictionnaire généalogique, du Répertoire général du clergé, et de quelques autres sources.

(2) Ambroise Poirier, aïeul de MM. Octave Poirier et Patrice Dupuis de Montpellier, était un homme intègre et instruit. Chose particulière à son temps, il portait une boucle d'oreille.

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