‹ Histoire de Saint-LucChapitre 9 sur 69 · ÉRECTION DE LA PAROISSE · texte numérisé non relu

ÉRECTION DE LA PAROISSE

pétitionnaires, car Mgr Denault érigea leur territoire en paroisse, par son décret du K) mai 1 799, sons le voealde de saint Ltic, évangéliste.

Cependant, le j)reniier curé de Saint-Luc ne put v arriver qu'à l'automne de 1801.

M. Boucher, dans sa lettre du S septembre 1817, donne à Algr Plessis la raison de ce retard.

'I L'érection de la paroisse de Saint-Luc, » v dit-il, « ne put s'effectuer qu'après trois ans d'obstacles, d'opposition, de procès. L'agent des Jésuites voulait l'église au domaine sur la rivière Montréal. (1) Le défunt seigneur Grant, sur la fin des opérations, parla de Saint-Jean, et voulut retraire les six arpents, ori est maintenant le presbytère. ( 2 ) Ne pouvant y réussir, à cause d'une clause insérée par AI. Henri dans le contrat de vente des six arpents, ovi la dite vente se trouvait annulée, si la bâtisse n'\' avait lieu, il exigea rigoureusement les lods et ventes.

« Enfin, les opposants trouvèrent le moven de dérober toutes les pièces, dont il fallut que AI. Lartigue redonnât une copie sur les registres de l'évêque. » ( 3 )

Il y avait, évidemment, un grand besoin d'église à Saint-Luc, puisque le démon, ennemi de tout l^ien, suscita de si grands obstacles à son érection. Il sait bien que, s'il s'érige une église catholique quelque part, l'exercice du vrai culte, la prédication orthodoxe, la présence réelle de Xotre-Seigneur Jésus-Christ dans la nouvelle église, la réception des sacrements, y a^moindriront sa néfaste influence sur les âmes.

L'agent des Jésuites, M. Grant et les opposants y faisaient

(1) Ce domaine était, évidemment, sur la Petite-Rivière, près du pont du Half-wa\^-House et de la Côte-à-Gladu.

(2) David Alexandre Grant était l'époux de la baronne. Avant l'abolition de la tenure seigneuriale, lorsqu'il se vendait tm terrain quelconque dans les seigneuries, le seigneur pouvait le retraire au prix stipulé dans le contrat de vente.

(3) M. Lartigue, futur évêque de Montréal, n'était encore que le secrétaire, à Longueuil, de l'évêque de Québec.

donc admirablement son œuvi'e à la Petite-Rivière et aux Savanes !

Dans une autre lettre à l'évêque, du 27 août 1817, M. Boticlier donnait ainsi les dimensions de Saint-Luc :

« Les terres qvti la composent, sont, outre quelques-unes isolées gagnant Blairfindie, celles qui sont sur la rivière Chambh\ depuis Saint-Jean jusqu'à la terre de Lajeunesse, près la traverse à Malhiot, et la Petite-Savane de Sainte-Thérèse démembrée de Chambly ; et celles qui sont situées aux côtés nord et sud du Chemin-de-Saint-Jean, non compris celles qui sont appuyées sur la Rivière-Montréal, dont les. propriétaires étaient dans l'opposition. »

La paroisse de Saint-Luc comprenait donc tout le bord de l'eau jusqu'à et y compris Saint-Jean.

Par ses missions, elle remontait les deiix rives de la rivière iusqu'aux lignes.

En 1826, après beaucoup d'instances pour faire construire l'église au Bord-de-l'eau, les fidèles de Saint-Jean, voyant que le Côteau-des-Hêtres avait gardé l'église, dont à la vérité, ils étaient éloignés, demandèrent tout simplement à être détachés de Saint-Luc et érigés eux-mêmes en paroisse.

Cette nouvelle fut im coup de foudre pour les fidèles de Saint- Luc, qui trouvaient avec raison que le démembrement de leur paroisse allait la trop rapetisser. Ils firent immédiatement une contre-requête pour s'opposer à l'érection de la paroisse de Saint-Jean.

Mgr J. J. Lartigue, encore auxiliaire de l'évêque de Québec pour le district de Montréal, les rassura en leur disant que, s'il démembrait la paroisse de Saint-Luc, il l'agrandirait par ailleurs.

Cependant, Saint-Jean ayant été érigé, et son décret d'érection, par lequel on enlevait une grande partie de Saint-Luc, ayant été lu au prône de cette dernière paroisse, à l'automne de 1826, les fidèles de Saint-Luc firent aussitôt dresser une requête à Mgr Panet, pour lui rappeler la promesse qui avait été faite d'agrandir Saint-Luc par ailleurs, et demandant une noiivelle érection canonique de leur paroisse pour y mieux réussir.

Page 1