Greg., Hist., 1. 4, chap
'était en 577. L'abbesse Ingitrudis avait la religieuse habitude de recueillir de Teau qui avait servi à laver le saint tombeau. Un jour, elle fit porter un vase plein de vin au toncibeau vénéré, l'y laissa une nuit , puis envoya l'y reprendre . lorsqu'on Teût apporté , elle dit au prêtre Wuinochus qui était présent : « Otez du vin de ce vase et versez à la plaee une seule goutte de Teau bénite dont il me reste encore un p e u. » Il le fit , et chose admirable ! le vase au vin , demeuré ^ naoîtié vide , se remplit jusqu'aux bords. La même épreuve, répétée deux et trois fois , eut toujours le même succès.
G e miracle et d'autres semblables donnèrent occasion au peuple d'avoir recours à saint Martin pour la conservation des l>îens de la terre et particulièrement du vin.
Nous rentrons maintenant dans les livres des Miracles , et, parmi ceux du troisième , nous choisissons celui-ci * . On peut *^ l'apporter à peu près à la même année que le faii pré-
lieux ambassadeurs d'Espagne , Florentins et Exsuperius, ^e i*eïidaient auprès du roi Chilpéric. A leur passage à Tours , ^^^^cire les convia au. festin de Téglise. Car ils avaient dé- ^^^^é être catboUques. Pendant le repas, Florentins , le plus ^S^ ^es deux , se montra très-curieux de connaître quelque
'^^i t. ^e la puissance du bienheureux. Rendant grâces à Dieu ^^ ^^ette pieuse disposition de son hôte , saint Grégoire lui
^^^^a.iide si le nom de Martin est seulement prononcé dans ces ^^^^ti^^es, ou si quelqu'un y lit sa vie. A cette question,
"^^JPagnol répond que ce nom est magnifiquement honoré ^^^ s son pays , et ajoute qu'il est lui-même un nourrisson ï^^^'^il^ié du saint qui a manifesté sur lui la grandeur de sa P**i.s.ssûce.
Mon aïeul » dit-il , construisit , il y a bon nombre d'années , une basilique en rhonneur du bienheureux évêque Martin; Lorscpi'elle fut achevée et ornée atec élégance^ il envoya à Tours des clercs rçljgieu^ demander des reliques duponttfe pour consacrer Tédifice dédié àfK>a nom. Ses désirs ayant été accomplis, tous les jours il venait dans ce teû^Ie, où prosterné sur le sol avec son épouse , il iipplorait le secours da samt Au bout d*ua long espace de temps il leur nait un enfant. Mais à peine âgé de trois mois > cet enfant , saisi par la fièvre , tombe dans un tel état de faiblesse qu'il ne peut plus ni sucer t la mamelle, ni recevoir aucun aliment. Bientôt il n'ent plus^ que le souffle et on l'attendait à mourir. En effiBt^ il ne tardas pas à rendre l'esprit.
Dans la douleur que lui inspire la mort de son uniqneer^ premier enfant ^ la mère prend entre ses bras ce pauvre peti^ £ corps inanimé , et va le déposer devant l'autel de saint Martin m: Là , comme si le saint eût été devant ses yeux , elle lui parler ] ainsi : « C'était pour nous un grand sujet d'espérance; ô bien— heureux confesseur, d'avoir placé ici de tes reliques. EUe^ devaient , selon notre attente , chasser les maladies , éteindre^ les fièvres , dissiper les ténèbres de la cécité et guérir toutes sorte d'infirmités. Car on lit de toi un grand nombre de faits^ semblables que tu as accomplis de ton vivant ou que tu opères depuis ton trépas. Ainsi , nous avons appris que tu as , par ta prière , ressuscité des morts , chassé la lèpre par un baiser, guéri des énergumènes par ta parole , arrêté avec ton doigt les effets du poison et accompli nombre d'autres prodiges. Tu peux maintenant manifester ici ta puissance; considère aussi notre foi et ressuscite ce petit enfant. Si tu ne le fais pas, nous ne viendrons plus ici incliner nos fronts , nous n'y allumerons plus de luminaires, nous ne t'y rendrons plus aucun honneur.»
Après ce discours , laissant le petit enfant devant l'autel ,
lat xi^fcère se retire avec ceux qui Tont accompagnée. Le lendelUÉtiii, on se rend de nouveau à labasiti(}ue, ddy frbuve ml tourné vers TauteL Gomme on àdmiraît cette ' iher- I, b mère le prend enl^e ses bfas. Reconnàisâtit qii*il K-e?eau ii la vie , elle rapproche dé son sein. A pîéîhe l'en- ^^«** ' a-t-il bu le toit de sa mère , (ju'il est rendu k la santé. » les deux époux et toute leur maison élèvent lènr voix le dei et bénissent Dieu, c Maintenant, disent-ils, nous que ta es un Dieu grand et que seul tu fais des mer- , toi qui, par la prière de ton serviteur , nous a rendu enliuit » Dans la suite, ils honorèrent ce lieu plus qu'ils ^' ^'V'StteDt jamais fait.
^^'^otis empruntons enfin , au quatrième livre des Bfiracles * , 1^ **éoit smvant.
trouvant dans la ville de Poitiers^ saint Grégoire
eixvie 4*aller prier an monastère de Ligugé , où , jadte ,
^^' ^bienheureux avait rassemblé une troupe de moines , où ,
Poi^i- la première fois, il ressuscita un mort, et d'où il fut
^^^ï^duit à réptscopat. Arrivé dans ce lieu désiré , il se pro-
^t^irne devant lâ balustrade qui entoure le coin où Ton dit
^Pi'il rendit la vie au défunt. Après y avoir répandu ses
«rmes avec sa prière, et y avoir célébré la messe solennelle,
il demande à Yslblbé si le Srignenr a signalé cet endroit par
^elque mirade. Celui-d Tassara, devant les frères, que
auvent les aveugles y étaient éclatés et les infirmes rendus
'^ l'usage de leurs membres, c Puisque vons paraissez curieux
A* en savoirdavantage, je vais, seigneur, ajouta*t-il, vous racon-
^r ce qui s*est passé ici dernièrement. »
Une femme du voisinage était atteinte d'une paralysie qui Vavait entièrement privée de l'usage de ses membres. Placée