CHAPITRE Vin
MIRAGLIS DK SAINT MARTIN A GAINES.
Nous avons déjà vu une sainte reine honorer le lieu d'où Tâme de Martin était partie pour le ciel , ne laissant plus sur la cendre qui lui servait de couche qu'un corps inanimé et cependant glorieux. L'église de Gandes, quoiqu'elle n*eût pas gardé ce saint dépôt , n*en fut pas moins dès lors signalée à la dévotion des peuples. Le dernier soupir de Martin l'avait consacrée comme un sanctuaire privilégié. Depuis le jour où Martin y était mort, de nombreux miracles s'opéraient à Gandes.
x\vant d'entrer dans cette nouvelle série de faits , nous devons donner quelques explications préliminaires sur certains mots et certains usages qui vont s'y présenter. Un monastère était établi à Gandes. Les religieux desservaient la baiilique. Gelle-d quii du temps de saint Martin» avait pour patron
saint Maurice, prit bientôt le nom de son fondateur. On Tappelaît , coraine celle de Tours , la basilique cbi bienheureux. ElIë'étàit'oi*néé d'un portique. Elle renfermait ta sainte ceU Me. C'était le focal où saint Martin avait rendu r«1me et où Tort voyait encore h fenêtre par oîi nos pères avaient fait passer le corps de lèiirôvêque pour le soustraire aux Poitevins. Cette Cellule contenait lé lit du saint, le saint Ht. On appelait ainsi la place même ou saint Martin, mourant, était (îouché Sûr la cendre avec une pierre pour chevet. Cette cendre et cette pierre y étaient, ce me semble, conservés. Le saint Ut était entouré â*une balustrade en bois de laquelle pendait un voile de soie. Cette cellule et ce lit étaient le but des pèlerinages de Candes. C'était devant cette balustrade sacrée que venaient se présenter les dévots et les infirmes. C'était dans cette cellule qu'on amenait les possédés. C'était là qu'avaient lieu les veilles saintes , c'est-à-dire que les pèlerins y passaient les nuits en prières. La nuit du samedi au dimanche, tout le peuple, même les enfants, assistaient: aux matines , dont le signal était donné avec un instrument de bois. Les aumônes des pèlerins nourrissaient une 7natri'' cale, autrement, les pauvres rassemblés à Candes. On donnait à ces paiivres les noms de pauvres bénis et de frères. Une maison , appelée la Maison de saint Martin, leur était affectée. Ils y couchaient chacim dans une chambre séparée, et y prenaient leurs repas en commim. De riches pèlerins les nourrissaient quelquefois plusieurs jours de suite. Quelquesuns même avaient la dévotion de les servir de leurs propres mains, leur apportant les mets et leur versant à boire. Maintenant racontons. Léoméris*, esclave d'un Angevin, est