‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 139 sur 155 · Jean Pages, Ms. de la Bibl. d'Am. de · texte numérisé non relu

Jean Pages, Ms. de la Bibl. d'Am. de

2. M. Salmon, séance dé l»St>c. Ardiéol. de Tours, 29janv. 4851.

empéeber que personne ne pénétrai dans l'église, uo d'eux , Hildebert, burnommé Péan, s'aperçut qu'il avait oublié le coussin sur lequel il devait appuyer sa tête pour dormir. Ne pouvant donc se reposer, il ouvre, malgré les réclamations de ses confrères , la porte de la grande nef, et se dirige vers la partie orientale de l'église pour y chercher son coussin, renfermé dans un coffre. Il le prend, referme le coffre et se prépare à s'en retourner, lorsqu'il se voit toute issue fermée par une procession d'archevêques et d'évôques en nombre considérable se rendant au chœur et au tombeau, Un personnage , à l'aspect vénérable , se détache alors de la procession, et lui demande d'une voix sévère, comment il a été assez osé pour pénétrer dans le sanctuaire pendant cette nuit où il savait que saint lilartin venait, avec les associés de sa gloire, visiter son temple et y célébrer le saint sacrifice. Hildebert, tremblant, lui demande grâce et lui montre, pour s'excuser, le coussin qu'il tient à la main ; puis il s'enhardit à lui demander quel est celui qui , replendissant et plein de majesté, suit tous les autres évêques , marchant deux h deux devant lui. Le saint lui répond que c'est lilar tin lui*mémc et qu'il est précédé des évêques non-seulement de Tours , mais encore des villes environnantes, entre autres Euverte d'Orléans , peu coonu des hommes , mais grand aux yeux de Dieu. Enfin , il lui défend expressément de faire jamais une autre tentative pour pénétrer dans l'église, et va rejoindre ses compagnons. Le marguiller cependant se sent soulevé par les cheveux et porté dans une autre partie du chœur, au milieu du chapitre. Il reste ainsi longtemps privé de sentiment, jusqu'à ce qu'enfin , revenant à lui , il raconte à tous la miséricorde de Dieu à son égard, et le prodige dont il a été témoin.

Ce fut vers cette époque, en 1215, qu'on bâtit l'église actuelle de Gandes. Cette date nous est fournie par une

iascription placée dans la nef.- Mais il tie peut fitre id^questroii que du vaisseau principal. Le sanctuâite ' est • évidèiliiiil^^ d*un âge plus reculé. . ' ^

ÂM coauseocement du xiit"* sièéle, Ik fattiiIlëN6mi6ii&ie groupée de nouveau autour du saint pàirbn, est Hsltée 't>âr deux délégués du pape Innocent lH» Ce si^nt HateélittS ; évécttte du Mans ^ et Adam; abbé de Pei^aigne , chargés d'y l^foriiter ce qu'ils jugeaient nécessaire. • > .ir.o

' Âb 4281, Dieu glorifienolre grand thàumatm^^ta piaçitft sur la chaire suprême » un membre de sa postérité sphntoéffè. «C 'est Martin IV *, qui de chanoine et trésorier de la basilique, avait été fait cardinal, puis pape. Dans ses bulles" k àes anciens collègues , il débute toujours ainsi : <c A mes bien aimés fils le doyen et le chapitre de TÉglise de Saint-Martin de Tours , sujette immédiate de l'Église romaine. » Par la troisième de ces bulles, il renouvelle celle du pape Urbain !¥• Il y déclare que le chapitre de saint Martin , ni aucune des personnes sujettes à la juridiction de ce chapitre ne pourront être suspendus , interdits ni excommuniés par Tarchevêque , l'archidiacre et l'archiprêtre éé Tours, ni par leurs officiaux , ni par aucun autre que ce'puisse être.

Dans la quatrième, il indîqi^ formellement sa dévotion pour saint Martin comme la cause des faveurs qu'il accorde à ses chanoines. Il veut , dit-il , moins encore par reconnaissance pour les bienfaits qu'il y a reçus que par révérence pour le saint qui y est surtout honoré et invoqué, décorer d'un noble privilège leur église illustrée par les mérites de saint Martin. Il permet donc au chapitre de procéder par censures ecclésiastiques contre tous ceux qui ont usurpé des biens appartenant à leur église, et de les absoudre en cas de resti-

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