‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 143 sur 155 · Kt., p · texte numérisé non relu

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tti^ pdisture de suppliant, et la fit placer devant Iç saint tombèaïi , comme un mônuiiient éternel de sa reconnaissance pouf leâ grâces qu'il devait à Tentremise de saint Martin. Cette statue , avec tous ses ornements, pesait 130 marcs.

Il voulut aussi honorer, par une fondation perpétuelle, l'action célèbre du saint cathécumène. Voici ce qu*il dit dans uoe Charte donnée fiu Plessis-du-Parc-lës*Tours , au mois de toars 1472 '.

« Louis, par la grâce de Dieu, roi de France, savoir faisons à tous présents et à venir que , pour la grande et singulière dévotion et affection que nous avons au glorieux saint Martin, lequel, en toutes nos alTaires, nous avons toujours et très-souveîit réclamé, et en commémoration de cequcenThonneuret révérence du notre sauveur Jésus-Christ, ledit glorieux saint Martin, étant en son vivant, donna à un pauvre ta moitié de son manteau , ainsi qu'il est figuré h la porte de Téglise de mon dit sieur saint Martin étant en notre ville et cité de Tours, de laquelle église nous sommes abbé : Nous avons fondé à toujours perpétuellement un pauvre en icelle église de Monsieur s^inVMartin de Tours , lequel pauvre sera alimenté et nourri, y4tu, chaussé et pourvu d'autres choses h lui nécessaires pour sa vie à jamais perpétuellement aux dépecs de ladite église, et sera logé ledit pauvre bien etcompétemment par ceux d'icelle église, auprès de la porte de ladite église, au droit des changes d'icelle ville de Tours , pour ce que c'est la porte où est figuré mon dit sieur saint Martin qui donne la moitié de son manteau, ainsi que dessus est dit. Et sera faite la robe dudit pauvre mi-parlie de blanc et de rouge, et en manière de demi manteau ; et se tiendra icelui pauvre mésument aux fêtes solennelles près le bénitier qui est à l'entrée de

ladite porte et sera assis sur une selle et devant lui aura une petite tablietfe afin que les passants connaissent que c'est le pauvre de mon dît sieur saint Martin fondé à notre dévotion. »

Le roi ajoute que, pour cette fondation, il âbaridonrié vingt livres de rente «que nous avons droit, dit-il, de prendre cîiacun an sur le petit septier de la terre (ïe Dislnrieïharie , appartenant à icelle église , avec là somme de 800 écus d'ôr que nous leur avons pareillement donnée. » La porte , dont il est parlé plus haut , était appelée la Porte-;du- Change , à cause des changeurs qui s'y tenaient assis pour changer les monnaies des pèlerins étrangers. C'était aussi celle par où les rois de France faisaient leur entrée solennelle dans Téglise de Saint-Martin.

On trouve * dans la vie d*Angelo Gattho , archevêque de Vienne et aumônier de Louis, lès raisons d'une autre libéralité du même prince.

« Angelo Cattho , dit l'historien , étant au service du m Louis, qui le fit tôt archevêque de Vienne , survint la tierce bataille donnée ii Nancy, en laquelle fut tué le duc de BÔurgogne. La vigile des rois, l'an 1470, et k l'heure que se donnoit la bataille, et au même instant que le duc hit tué, ïe roi Louis, oïoit la messe en l'église Monsieur saint Martin , a Tours, distant du lieu de Nancy de dix grandes journées pour le moins. A la messe, le servoit d'aumônier ledit archevêque, lequel en baillant la paix, lui dit ces paroles: «Le seigneur vous donne la paix et le repos , vous les avez sii vous voulez, parce que c'en est fait. Votre ennemi, le duc de Bourgogne , est mort, et vient d'être tué et son armée déconfite ; » laquelle heure comptée fut trouvée être celle en laquelle vérita-

i. Gerv., p. 329.

blement avoit été tué ledit duc; et oïant le dit seigneur les-^ dites paroles, s'ébaït grandement et demanda à rarchovêqué s'il étoit vrai ce qu'il disoit , et comment il le savoit. A qiipi l'archevêque répondit qu'il le savoit comme les antres choses que notre seigneur avoit permis qu'il prédit h lui et au feu duc de Bourgogne ; et sans plus de paroles , ledit seigneur fit vœu à Dieu et à monseigneur saint Martin que si la nouvelle

qu'il disoit étoit vraie , comme de fait elle se trouva bientôt

après, il feroit faire le treillis de la châsse de Monsieur saint

Martin qui étoit de fer, tout d'argent, lequel vœu ledit seigneur accomplit depuis. »

On avait, en effet, pourvu a la sftreté des trésors du saint tombeau par une forte grille de fer qui l'enfermait, de tous côtés. Cette grille fut levée l'an 1479 par Louis Xtqui, à la place, en fit poser une toute d'argent du, poids de 6,^76 marcs 2 onces moins 1 gros. C'tvst ce que nous. moiitrç, le procès-verbal qui en fut dressé.alors^ en date du., 20 juillet de la même année. . , r

Enfin , le même prince laissa aussi à la ville d* Amiens pn monument de sa dévotion pour saint Martin. Cette yille conservait au dernier siècle un reliquaire en vermeil contenant une parcelle du manteau du saint. La relique avait été dqnnée en 1270 à l'abbaye de Saint-Martin-aux-Jumeaux , par Jçan de Conty , prévôt de Liège , chanoine et chancelier de l'église d'Amiens , qui l'avait reçue lui-même d'Evrard de Lésignes , évêque d'Auxerre , lequel la tenait à son tour du chapitre de sa cathédrale qui possédait une partie considérable du précieux manteau. Le reliquaire était un don de Louis XI, qui avait fait ce présenta la suite de la paix conclue \ Amiens entre Edouard IV d'Angleterre et lui, en 1475. Voici ce qu'en écrit un auteur du dix-huitième siècle *.

1, Jean Pages, Ms. cité.

« Dans un manusctit de Vabb^, H est dit quç I^m& 23^ présent d'une grande porte de vermeil doré , représentamft celle d*une ville proche de laquelle est la figure de saint Mar-r tin h cheval où est posée celte petite partie du manteau ; il y ajouta un gros diamant pendant au cou avec une chaîne d'or. La porte est haute de deux pieds , accompagnée ' de deçx grandes tours, garnies par le haut, de créneaux et de mâchecoulis , et autres défenses antiques qui flanquent la pe>rte de la ville garnie sous le cintre d'une herse avec un pont-levis à deux flèches posé sur le bas oà est placée , proche la barrière , la fig-ure de saint Martin h cheval qui , de squ ^hre , caupe là moitié de son manteau pour le donner à un pauvre |[>osé proche de lui. La relique d'une partie de ce nianleau est ccfUr verte d'un cristal transparent qui laisse la lib.erté de la. voir commodément et de la baiser. Le haut du bâtiçaenl de C4îttç porte est couvert par des corps-de-gardes, au milieu di^squels est un petit beffroi garni d'une cloche sonnante pour Talaripe et le réveil des sentinelles. Contre les devants des «luraWleç de cette porte on voit d'anciens écus de France faits au fond d'azur d'émail garni de fleurs de lys d'or sans non^bre. Je ne sais, ajoute notre auteur, ce qu'est deveim le riche dianoant puisqu'on n'y voit aujourd'hui qu'un faux.»

Un autre écrivain * nous ap|>rend que le diamant valait 500 écus, qu'il était à pointes et 5 quatre côiés, enchâssé dans une rose d'or émaillée de blanc et de rouge, attachée à une chaîne d'or h chaînons carré$, le tout du poids de 19 sestelins. L'acte contenant la donation que fit de ce Joj^au à l'abbaye de Saint-Martin le roi Louis XI , existe encore dans un registre aux chartes de la ville d'Amiens*. Il porte que

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