V. tUius cette châsse, un vase d'albâtre dune blancheur
ijiiiirable. C'était celui où le corps du bienhenrmx confes-
xîui* avait été, soixante-quatre ans après son dé«s, déposé
par saint Perpétue.
Le vénérable évêque de Chartres , ouvrant avec dévotion et tremblement ce vase , y trouva le chef et tout le reste du corps saint enveloppé et lié comme celui d'un en&nt. Une cédule y était attachée sur laquelle on lisait ces mots en latin : « Ici est le corps du bienheureux Martin , évéque de Tours. i>
A la vue de ce précieux trésor , tous les assistants sont remplis de joie dans le Seigneur. L'évéque de Chartres commence h dégager le saint corps des bandelettes blanches dont
il est enveloppé et où T-on reconnut les sceaux de saint Perpétue. . Enfin , la sainte relique^ est mise à ^couvert. L'évêque , alors , invite le roi à prendre le chef du. bienheureux pour le déposer dans le vase d'or. Mais le prince n'osant toudier au chef sacré , dit k Tévêque de le prendre lui-même et d'en faire la translation.
A ce moment, les clercs qui chantaient au chœur. demaU'* dèrent au roi et à l'cvéque que le chef de leur gloriaix patron leur fûtmontré. Prenant donc, à la prière du roi ^ le saint chef entre sea mains, réyéquek donne à.baiser au roi et à.la Tuim ; puis, le montre aux,clej?çs , et lepr dit;,« Sou*vçneïrvous, mes tr^s-chers frères , que ']^ ti^s,,ici le.chef du très-heiffeux coûfesseur Martin, votre; patron,., et que le reste de son corps demeure icleav^loppé au mêmeJiieu, »
Tous les cœurs tressaillaient d'allégresse, on entonne le Te Deum qui est continué par toutes les voix. (Pendant ce temps-là , l'évêque trap^ra le chef sacré dans, le magnifique vase d'or qui lui était destiné, l^e roi ,$e tenait près , de lui avec ses barons et présentait de sa propre main le$ objets nécessaires. . .■
Au matin , le chef précieux renfermé dans le vase fut placé sur le grand autel où il resta jusqu'à l'heure de prime , Içs cierges allumés et les cloches sonnant à toute volée- A l'heure . de prime, le roi très-chrétien, les nobles et les prélats se réunirent de nouveau à la basilique, prirent le saint chef et le portèrent processionnellement dans l'église. La processif fut suivie de l'éloge du saint prononcé devant le peuple. On célébra ensuite une messe solennelle du. bienheureux, à la fin de laquelle on pubUa les indulgences accordées par lepape , et la fête fut ainsi terminée. C'est la quatrième fête de SaiiE^t- Martm.
Le reliquaire donné par Gharles-le-Bel était en fornœ de
buste « ; il pesait 51 marcs 10 onees, et était enrichi de qtfârante-deux pierres d'un très^grand prix. Le soubassettiefit eh éUlit de venâeil doré du poids de ZS marcs â onces, ti aVâit été travaillé par les plus habiles ouvriers de Paris.
Le saint corps avait été , comme nous Tavoiis vu , remis dans le tombeau. Il en fut retiré au milieu du siècle étirant *, pour être placé dans une châsse d'or beaucoup plus belle. Le roi Charles Vil avait fait une partie de la dépense, le chapîtfé fournit le reste. Cette nouvelle translation eut lieu le 10 mars 1455 , par les mains de Louis d'Harcourt , archevêque de Narbonne , aidé des évêques d'Angoulêrae et de Malzaîs , efi présence de plusieurs autres, du chancelier de FVafice, rèptésentant la personne du roi, du duc d'Orléans, du connétable et de beaucoup d'autres seigneurs.
Quatre mois après , cette châsse fut placée au-dessus du tombeau, sur une estrade d'argent fort large qu'on avait posée sous la coupole. A côté on mît le chef d'or dii sâînt et autour , comme une garde d'honneur , les châsses d*ôr et d'argent qui. renfermaient les corps des saints évêques de Tours, Brice , Perpétue , Grégoire, Eustoche et Eufrôné , avec celles de saint Epain , martyr , et de plusieurs antres saints et saintes. Une lampe d'argent à cinq branches , du poids de 300 marcs , et plus de vingt autres de différentes grandeurs, suspendues autour du tombeau y brûlaient jour et nuit. Les successeurs de Charles VII enrichirent la nouvelle châsse de joyaux de très-grand prix.
Louis XI , à son tour , montra une libéralité royale pour l'honneur du saint patron de la France. En 1446, il fît fondre en argent sa propre statue de grandeur naturelle dans