‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 146 sur 155 · Gcrv., p · texte numérisé non relu

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2. Ferran., Vie de Fr. 4 , I . H . fol. 60. — Chupiri, de Sac. polit. , liv. 4, tit. R, $14, 4n.

Il raçQQDoi alors « mais trop urd^ la vérité de çeit# fmrqtf de Qo\i« : c Où sera l'espérance de la vioU>ir6 si mm offeq-r sop« le grand saiot Martin? » La reine Éléonore d'Ailtriçbe parût être dans ce sentiment. Sitôt qa*elle eut appris la captivité du roi , elle vint av^ les prinees ses en&nts au aaiut tombeau et tâcha , par des présents , de réparer Tinjure faite au biepheureux* Le roi lui-mémie, dès qu il fut en liberté, et avant même de se rendre à Paris , vipt ^la basilique pour j faire upe espèce d^ameade honor^le.

I^ cplère de Pieu éclata d*upe maiiièrf }>iei| plua aç^tsibie encore sur la persopne de jlacquea Fournier, seigneur d^ S^nblapçay , qui avait été Tau^r d'une si luéebaute a<^* Qinq ans apr^, le méiue jour que le treiUia aY^it été enlevé, il fut , sur une fausse a<scusatiou « condamné à être pendy ,

suppliée qu'il endura quelques jours après 3i Montfau<Mia . dans le fief du prieuré de SaiutrMartin-des-CbampSi

Quoi qu>u fît pour réparer Toutrage infligé ^u Uuibeau sa<«ré. il aembla ne ponvoir être expié. Le saint ne rendit plus sa présence si sensible dans son temple , les miracles y devinrent plus rares, et ce lien, jadis vénéré de tout Vunivers» perdit bientôt une partie de son éclat.

Pour comble de malheur , des disciples de Calvin et de Luther vinrent répandre secrètement à Tours le venin de leyr hérésie. Ils s'y rendirent même si puissants par la facilité des magistrats, dont ils avaient corrompu la justice et la foi. qu'ils y purent faire entrer quelques troupes pour appuyer leur parti.

La présence du roi François II qui, au mois d'avril 1560^ s'y fit recevoir abbé de Saint-Martin , suspendit pour quelque temps l'exécution de leurs mauvais desseins. Mais la mort de ce jeune prince , arrivée en décembre suivant, les rendit plus audacieux. Dès lors , ils levèrent le masque et se ni|F6nt 9

€9ff{[|r comre leim concitoyens des iicies d'hostilité (fue tes annem» les plus barbares auraient en honta d& commettre.

Os désordres « autorisés secrètement par la plupart des Wgîstrats , obligèrent les communautés qui nccupaierit les tieni les plus forts de la vilie à prendre les armes. C^est ce qu'on fit dans le cloilro de Saint-Martin. Après avoir envoyé ttn des chanoines h la cour, pour Informer de ce qui se paSr SDÎt, on mit sur pied, aux dépens de Té^IIse, un certain uombre de soldats sur la foi desquels on pourait compter. On les fit entrer dans le cloître et Ton ferma les principales avenues de l'église. On laissa f^utemenl ouverts les guichets de «cfuelques portes, pour satisfaire à la dévotion des catholiques dont lanique consolation dans leurs maux était le téavNgoai^e de leur conscience ef la présence de ienr saint patron. Plusieurs fois, pendant la nuit, les hérétiques tentèrent de forcer le eloitre et Ton en vint aux mains.

Cette guerre domestiqoe aurait eu les suites les plus lirtesles si la cour , h défout de tronpes dont elle manquait , i'avait envoyé à Tours des commissaires sages et modérés pii surent , pour un temps , adoucir les esprits. Les Galvi** listes ne laissèrent pas de continuer à dogmatiser, et le poison de leur doctrine s*insinua jusque dans le sanctuaire.

. Pour obvier h un pareil scandale , le clergé de Saint-Martin i assemblé le samedi 29 novembre i5&l , statua que tous Les bénéficiers, dignitaires, prévôts, chanoines, officiers, vicaires, chapelains, chorisies, habitués, et généralemeut lous ceux de sa dépendance, reçus et à recevoir, feraient i^haeiiû , outre le sentent ordinaire qu^ils prêtaient k leur réception , h profession de foi dressée par les ^putés du corps , conformément aux décisions du Concile de Trente ta ^ la maison de Sorboane. : ' I4S hérétiques tayant appm en devinvent plus furiouM.

Sans avoir égard à la parole donnée aux commissaires du roi , ils reprennent les armes. Le chapitre députe alors vers le duc de Montpensier, gouverneur de la province, pour le prier de se transporter incessamment à Tours , afin d'arrêter, par sa présence , le cours des nouveaux désordres commis par les huguenots. Le duc vint , mais les affaires de l'État rappelant ailleurs, il ne put demeurer assez longtemps dans cette ville pour remédier à ses maux.

Sitôt qu'il fut parti, les hérétiques continuèrent leurs brigandages. Enfin, après avoir pillé la cathédrale, une partie de ces hommes se détacha pour venir fondre sur lé cloître de Saint Martin. L'entrée ne leur en fut pas longtemps disputée; car, par suite d'un ordre des magistrats, ceux qui la devaient défendre étaient sans armes. Delà, ils furent à l'église , dont ils s'emparèrent avec la même facilité.

Voulant prêter à leurs actes une couleur légale, ils s'étaient fait donner du prince de Condé, qui était alors dans Orléans à la tête des rebelles, un ordre exprès d'enlever le trésor de la basilique, sous prétexte d'en empêcher le pillage. Le chevalier de la Rochefoucault, le marquis de Genlis, et le sieur du Vigeiit, chargés de cette lettre, était veuus à Tours la présenter aux magistrats à qui elle était adressée. Euxmêmes étaient escortés de troupes suffisantes pour en soutenir l'exécution. Ils se firent accompagner à l'église de Saint-Martin par quelques officiers du présidial, assisté du procureur du roi.

Lecture faite de la lettre et de la commission , il fut ordonné, nonobstant toutes les oppositions du chapitre, qu'on procéderait à l'heure même h la confection de l'inventaire et à l'estimation de l'argenterie, des joyaux et des ornements qui se trouvaient dans la basilique. Tout cela devait ensuite être renfermé dans le trésor du prince et gardé Jusqu'à nouvel ordre.

Pour faire croire à leur bonne foi, ils co^isçntirejit à ce que le trésor de Véglise fût fermé h deux elef$,, dont Vu^e demeurerait entre leurs mains, et raut^\ç $er^. laissée au chambrier à qui la garde du trésor appartenait à rai3on de son office. Us savaient bien qu*ils disposeraient, à, leur gré de cet homme; car il avait eu déjà la lâcheté de leur découvrir le lieu où l'on avait caché la châsse de saint Martin, pendant les troubles antérieurs. Depuis, ils avaient achevé de le corrompre par promesses et par argent.

L'inventaire commencé le 15 mai, ne put être terminé que le 7 de juin, tant était grand le nombre des vases d'or et d'argent et des pierres .précieuses entassés dans ce lieu par la piété des siècles. Toutefois les ornements des autels, les habits sacerdotaux n'y furent point comptés,, et ils étaient sans nombre et sans prix. Il y eut aussi des vases d*or et plusieurs autres pièces considérables que les hérétiques enle-, vèrent sans aucune formalité. L'inventaire n'était destiné qu'à couvrir leur mauvais dessein, et à les mettre en état de rendre leurs comptes au prince de Gondé. Il paraît, d'après d'anciens mémoires , qu'ils firent brûler jusqu'à trois cents chappes , chasubles ou parements d'autel de drap d'or et d'argent relevés en broderies. Us voulaient . ainsi en tirer l'or: car ils ne purent trouver personne qui voulût les acheter.

Ce fut une chose digne de larmes de voir cette église qui , depuis tant de siècles, retentissait des louanges.de Dieu, abandonnée alors de ses ministres , servir de retraite à des voleurs, et devenir un lieu d'abomination. Ces impies détachèrent toutes les lampes qui brûlaient devant le saint tombeau, enlevèrent les châsses précieuses qui l'entouraient, brisèrent le grand crucifix de la nef, lequel était tout d'argent et n'épargnèrent pas naéme le saint des saints.

Enfin, le. jour oà ils doivent cortàoïnmer teur-çrimft. e§t àitivé. Us viennent en foule aux portes de TégUse ^ les ÔMPceot une seconde fois. Par U connivence du chaaibrier; , ils so rendent mattre du trébor okils établissent des fourneaux pour faire fondre tout l'or et Targent renfermé par eox tians ce lieu. La perte de l'église en cette occasion fut estimée à plus de douze mille livres.

On aurait pu s'en consoler s'ils eussent du moins respecté les sacrées reliques du patron des Français. Mais le fanatisme se joignait chez eux à la cupidité. Ils les jetèrent avec les autres dans les fourneaux.

Cela se passa en présence des officiers de justice, du sôus-doyen du chapitre et de Tinfàme chambrier , qui , dans cette Passion nouvelle, joue le rôle de Judas. Ces détails nous sont attestes par un acte capilulaire , daté du mardi 26 mai 1562; Les chanoines ét«^ient, durant ce temps-là, rassemblés dans la maison, de U Psalette. La chose eut lieu dit l'acte cité , après midi, 2S du même mois.

Toutefois, Dieu ne permit pas ()[ùe la perte de ces précieux gages fut entière. Le nommé Saugeron, un des prêtres marguilliers préposés à la garde du tombeau , s'était mêlé à la foule pour tîicher de sauver quelque partie des saintes reliques : il y réussit. Au moment ou Ton jetait le corps de saint Martin dans le fourneau, il fut assez heureux pour surprendre une portion de son crâne et le rayon de l'ian de ses bras. Il eut aussi l'avantage de retirer du feu uns parcelle des ossements de saint Brice et de saint Grégoire de Tours. De plus, il put s'emparer du drap de soie dans lequel avait été enveloppé le corps de saint Martin, et que les huguenots avaient jeté à l'écart.

Chargé dé ces pieuses dépouilles, il vint les jjrésenter à ceux du chapitre qui étaient restés dans la villet et qui les

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reconnurent. Les hérétiques, afin de marquer davantage leur mépris pour les restas précieux li\ réà par eux au feu> en jetèrent les cendres derrière la porte du Cadran. Ce lieu fut plus tard entouré d'une grille de fer et orné d'inscriptions latines *.

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