Acta SS., i mai. Vit. S. Amat
échâpper cette plainte : < Ne pouvons^nôus donc séjourner nulle part? Martin nous a déjà chassés de nos demeures ; maintenant voici Amator qui nous renvoie d'un lieu où nous venons d'arriver. »
Martin, dans son Ile, vivait de racines et d'herbes sauvages. Parmi celles que produisaient son aride séjour , s'en trouvait une à la racine charnue et blanche à l'intérieur, sous une peau noirâtre. Ses hampes ornées d'une ou deux fleurs roses en forment une belle plante qui fleurit en hiver, et qu'on trouve surtout sur les montagnes Subalpines ; mais elle est acre, dangereuse, et peut même être regardée comme un poison. On la désigne communément sous le nom de rose de Noël, Les savants lui donnent celui d'ellébore noir. Un jour, notre saint en prit comme nourriture. Déjà, il en éprouvait les tristes effets, déjà même la mort était proche. A ce péril imminent, il oppose la prière, et aussitôt tout malaise disparaît.
Peu après son arrivée dans l'île , Martin apprit que l'empereur, revenu à de meilleurs sentiments, avait accordé à saint Hilaire la permission de retourner à son église. Espérant le rencontrer à Rome , qui était sur le chemin du saint exilé , il partit pour la ville éternelle. Hilaire n'y était déjà plus. Martin vola sur ses traces, et arriva presqu'en même temps que lui à Poitiers. Le saint évêque l'accueillit avec une extrême joie *. Heureuse Gaule , à qui le retour d'Hilaire rend deux grands pontifes à la fois I
Par affection pour son disciple, Hilaire voulut, dit-oû', visiter l'île Gallinaire. Il la trouva pleine de serpents , qui s'enfuirent à son approche. Plantant son bâton en terre , il
d. Sulp. Sev., V. B. M., n. 5.