Mart. rom. — Surius in V
doré de son enfance; mais Dieu, qui nous le réservait, permit qu'il en fut autrement.
Un concile , tenu à Milan , s'était terminé par Texil des évêques catholiques. L'évêque de cette ville, saint Denis, relégné en Cappadoce , obtint , par ses prières , d'y mourir promplement pour ne pas voir le trouble de son église. A sa place, on mit en 355 Auxence, arien qui avait été fait prêtre par Grégoire , faux évêque d'Alexandrie. L'empereur le fit venir exprès de Cappadoce h Milan, oîi il n^était point connu. C'était plutôt un habile homme d'affaires qu'un chrétien. Il fut introduit dans son église à main armée. Tel était le nouvel instrument dont l'ennemi infernal se servit pour vexer Martin. Auxence lui fit souffrir une persécution violente, l'accabla d'outrages, et enfin, le chassa de la ville*:
Martin crut devoir céder au temps, et se retira au lieu appelé alors l'île Gallinaire, et aujourd'hui Isoletta-d'Albenga. C'est un rocher sans ombrage et sans habitants, situé dans l'ancienne mer Tyrrhénienne , à présent la rivière de Gênes , sur la côte occidentale , vis-h-vis d'Albenga.
Un prêtre de grande vertu accompagna Martin dans cette retraite. Beelzebub , prince des démons, dit une légende ' , en avait jadis chassé les habitants, et y régnait alors avec ses soldats ; mais sitôt que l'honmie de Dieu , Martin , y eut mis le pied, le malin esprit, ne pouvant supporter sa présence, déserta le lieu avec des hurlements et un fracas horrible , puis se retira, lui et ses compagnons, dans un endroit, d'où Amator, évêque d'Auxerre , le chassa encore. Alors il laissa,
4. Sulp. Sev., Vila B. M. , n. 4. — • Sozom., 1. 3., c. 4. — Grcg. Tur., nist. , 1. 10 , c. 30.