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rendait avec son maître dans le vaste désert do Tabennç. Là, il bâtissait plusieurs monastères auxquels il donna une règle , et où il vit rassemblés jusqu'à sept raille religieux.
Une autre révélation vint Taffliger profondément : elle lui apprenait qu'après sa mort, le relâchement ne tarderait pas à s'introduire dans ses monastères. Mais il en fut consolé par une vision céleste où Jésus-Christ lui apparut , au milieu des anges , comme nous le verrons apparaître à notre saint dans une circonstance mémorable.
Né auprès de Gaza , en Palestine , un autre jeune homme étudiait avec succès les lettres à Alexandrie. Païen comme le reste de sa famille , il se convertit et reçut le baptême. Il s'appelait Hilarion. Entendant parler de saint Antoine , il se rend auprès de lui. Les exemples du saint ermite font sur son cœur une vive impression ; il change donc de vêtements et se met à imiter son genre de vie. Le désir d'une plus grande retraite lui fait quitter son maître. Il n'était encore âgé que de quinze ans. Un sac , une tunique de peaux et un petit manteau de paysan composaient toute sa garde-robe. Tout d'abord il se retrancha l'usage du pain : pendant deux ans il ne mangea que quinze figues sèches par jour, encore ne prenait-il cette nourriture qu'après le coucher du soleil. Plus tard il augmenta encore la rigueur d'un jeûne si austère. La solitude qui lui servait d'asile était fort vaste , mais enfermée d'un côté par la mer
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et de Vautre par un marais. Personne avant lui ne s'y était fixé. Là , son occupation principale était de labourer la terre ; pour varier son travail , il faisait aussi des corbeilles de jonc , et en tirait , comme les solitaires d'Egypte , de quoi pour\'oir à sa subsistance. Une cabane, qu'il avait construite luimême avec du jonc et d'autres berbes marécageuses, était son unique abri. Il coucha toujours sur la dure ou sur une natte. Nous verrons saint Martin copier la rigide simplicité de cette demeure et de cette couche. Il remplacera seulement, le jonc par les branches d'arbres , et la natte par le cilice. Hilarion était le patriarclie de la vie solitaire dans la Palestine, comme Pacôme dans la Thébaïde, et Antoine dans l'Egypte.
Telle était alors la vie monastique; telle elle se présentait aux yeux du monde étonné, précisément à l'époque où notre saint , encore enfant , fut pris pour elle du plus vif amour.
Et ce n'étaient pas seulement des esprits illétrés et sans culture humaine que ce mouvement entraînait. Nous venons de voir Hilarion abandonner une école d'Alexandrie pour s'enfuir au désert. Nous ne pouvons quitter les moines sans parler de deux hommes qui glorifièrent ce nom autant par leur science que par leurs vertus. Leur vie , d'ailleurs , nous révélera de nouveaux détails sur cet important sujet.
Dès le temps de leurs études à Athènes , Basile
de Césaroe et Grégoire de Nazianze avaient formé le projet d'enibrasser la vie monastique. Devenu maître do ses actions , Basile vend ses biens et en distribue le prL\ aux pauvres. En 357 , il se met à visiter les monastères d'Orient et d'Egypte. 11 y voit des personnages d une sainteté éminente , dont il admire ia vie à la fois austère et laborieuse , la ferveur et lapplication à la prière. De retour à Césarée, il est ordonné lecteur par Dianée , son évoque. Mais il a pris la résolution de mettre en pratique les magnifiques exemples dont il a été témoin au désert. Il se retire donc dans le Pont , sur une montagne , au bord de la rivière d'Eris. Le premier, comme saint Martin cbez nous , il introduit dans cette province, et dans la Cappadoce la vie cénobitique ou de communauté.
Il y avait en effet , dès lors , plusieurs sortes de moines. Les uns, appelés anachorètes ^ gardaient une entière solitude et s'appliquaient uniquement à la vie contemplative ; d'autres , nommés ascètes , demeuraient ensemble deux ou trois dans les villages et les bourgades : ils menaient une vie plus active que les premiers et se mêlaient au monde.
Basile prit le milieu entre ces deux écoles : il
. unit la contemplation de l'une à l'action de l'autre ,
la prière et l'oraison à l'étude des saintes lettres et
au travail des mains, sans pour cela quitter la
retraite. Nous verrons en quels points ressemble à
cette règle ou en diffère celle que notre saint établit dans ses monastères.
Lorsque le païen Libanius , son ancien professeur d'éloquence , apprit le genre de vie que Basile avait enabrassé , il en fut ra>i d'admiration. Dans son enthousiasme il félicite à la fois , et son disciple et la Cappadoce : son disciple, d'avoir foit un choix si sublime, la Cappadoce, d'avoir donné au monde un si grand homme.
Julien l'Apostat lui-môme, qui détestait les moines , blâmait cependant les païens de ne pas leur ressembler en quelque chose et mourut avec le projet d'établir des monastères. C'est ainsi que des païens appréciaient des «Buvres que, dans ce temps , comme dans le nôtre, des chrétiens affectaient de mépriser.
Quant à saint Grégoire , associé à la vie de son ami, il en parle avec effusion dans ses lettres: « Qui me rendra, lui écrivait-il plus tard , ces jours d'autrefois oîi mes déhces étaient de souffrir avec toi? Car, une affliction volontaire l'emporte sur un plaisir qu'on éprouve malgré soi. Qui me rendra et ces chants des psaïunes , et ces nuits passées dans les veilles, et ces pèlerinages vers Dieu par l'oraison, et cette vie presque immatérielle et incorporelle , et cefle conoorde , et cette unanimité des frères élevés au-dessus de la nature et comme déifiés pour toi ? Qui me donnera de revoir cette émulation pour la vertu que . nous avons assurée par des lois et des*
riNglos écrites? Qui me rendra Vétude des divins ordres cl la lumière qu'on y découvre sous la conduite de TEsprit saint? »
Dans les règles dont parlait tout à Theure le cygne de Nazianze , et que saint Basile , de concert avec son ami , avait dressées pour ses moines , ceux-ci sont appelés philosophes, et leur état philosophie. Saint Clirysostôme et plusieurs autres se servent des m/^mes termes. C'est qu'en effet , ces moines portaient h la perfection les vertus dont les philosophes de Tantiquité affectaient Tapparence.
I/Orient , au iv* siècle , eut sur VOccident une double influence, lune heureuse , Vautre funeste. D'une main il lui donna un fruit délicieux , et de l'autre un poison mortel. Car , en même temps qu'il le dotait du monachisme, il lui envoyait l'arianisme. Nous venons de parler du premier, nous devons nous arrêter aussi au second ; car il apparaîtra au fond du tableau que nous voulons retracer ; car , comme saint Blartin implanta l'un dans notre pays, il combattit l'autre jusqu'au supplice, jusqu'à l'exil.
L'homme qui donna son nom à cette hérésie fut Arius, prêtre d'Alexandrie. Après la mort de saint Achillas, évêque de cette ville, on éht, pour le remplacer, Alexandre dont la vie est irréprochable. Mais Arius a compté lui-même être évêque. Il ne peut supporter qu'un autre lui ait été préféré. Les mœurs d'Alexandre n'offrant aucune prise , il cherche à
calomnier sa doctrine. Conformément à la doctrine de TEvangile et des Apôtres , Alexandre enseigne que le Fils de Dieu est égal à son Père et de la même substance : Arius se met à soutenir que le Fils de Dieu a été fait et créé ; que , par son libre arbitre il a été capable de vice et de vertu , en un mot , qu'il est créature et non pas Dieu. Cependant il voulait qu on ladoràt. C'était Tidolâtrie ramenée sous un autre nom ; c'était le renversement total du christianisme.
Cette doctrine eut un succès effroyable. Au bout de quelques années , ce n'étaient plus seulement les évêques et les prêtres qui disputaient. Le mot de consubstantiel à son Père , admis ou rejeté , divisait des peuples entiers. Un concile universel parut seul capable d'opposer une barrière aux progrès de ce fléau. Le pape saint Silvestre et l'empereur Constantin le convoquèrent à Nicée en Bithynie. Trois cent dix-huit évêques s'y réunirent, sans compter les prêtres , les diacres et les acolythes. Représenté par ses légats Osius de Cordoue et les prêtres Viton et Vincent du clergé romain , le vicaire ^ de Jésus-Christ présidait cette auguste assemblée. Arius y fut condamné avec ses écrits. L'empereur qui y avait assisté exila Arius et deux évêques demeurés opiniâtres dans son parti.
Le mal semblait comprimé, et l'eût été , en effet , sans la déplorable inconséquence de ce même prince, Il avait une sœur , nommée Constantia ; un
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prêtre arien avait su gagner la confiance de cette princesse et lui persuader qu'Arius avait été condamné injustement. Celle-ci profita de Taffection de son frère pour lui recommander , dans sa dernière maladie , celui à la parole duquel elle avait eu la faiblesse de croire. Ce prêtre insinua au prince , comme il avait fait à sa sœur , qu'Arius ne pensait pas différemment du concile de Nicée. Là-dessus , Constantin rappelle Thérésiarque et satisfait d'une équivoque profession de foi , le reçoit en grâce , imprudence qui devait troubler rÉglise pour des siècles. Après le rappel d'Arius, on ne pouvait guère tenir rigueur à ses piartisans. Leur sentence d*exil fut aussi révoquée. Ils rentrèrent dans leurs églises et en chassèrent ceux qui avaient été ordonnés à leur place. ' -■■ '
A Constantin succéda son fils Constance qui mit la puissance impériale au service de Thérésie. Dès lors , les ariens furent les maîtres ;; rien n'égala leur audace et leur violence. Saint Athanase , patriarche d^ Alexandrie , était leur plus redoutable adversaire. •Ils inventèrent les plus atroces calomnies contre lui , nommèrent un autre à sa place et cherchèrent plusieurs fois à le faire périr.
Un fait avait beaucoup augmenté auprès de Tempereur Constance le crédit des ariens. Nous le rapporterons ici parce qu'il se rattache à la Pannonie et à im évêque arien de cette contrée qui fut peutêtre un des persécuteurs de saint Martin. En 350 ,
Constant , frère de Constance , fut tué par T usurpateur Magnence qui , lui-même , périt vaincu par Constance près de Murse, ville de Pannonie. Durant celte bataille , celui-ci se tenait prudemment dans une église voisine. Valens, évoque de Murse, et le plus fourbe des ariens, était avec lui. Pendant que l'empereur et ses courtisans sont dans l'inquiétude, il vient et annonce que les ennemis ont pris la fuite. L'empereur le prie de faire entrer celui qui en a apporté la nouvelle. « C'est un ange » , répond Valens. En grec , ce mot veut dire littéralement : viessager, et Téveque de Murse en avait posté sur la route pour être averti le premier. Constance crut à la venue d'un ange du ciel. Depuis , il dit souvent qu'il devait cette victoire , non à la valeur de ses troupes, mais aux mérites de Valens.
Portons maintenant nos regards vers les (iaules que le nom de Martin doit bientôt illuminer. Là , sur le siège épiscopal d une ville d'Aquitaine , nous verrons assis un homme que nous sommes obligés de connaître ; car il a été choisi de Dieu pour être le précepteur de notre héros. Laissons-le d'abord parler lui-même. Ce qu'il va nous dire nous fera pénétrer dans l'intérieur de son âme et nous initiera en même temps au mouvement intellectuel de celte époque.
Voici comment il raconte sa conversion : « Je considérais, dit-il, que l'état le plus désirable selon les sens est le repos dans l'abondance ; mais que ce
bonheur nous est commun avec les bêtes. Je compris donc que le bonlieur de Thomme doit être plus relevé, et je le mettais dans la pratique de la vertu et dans la connaissance de la vérité. La vie présente étant une suite de misères , il me parut que nous Tavions reçue pour exercer la patience , la modération , la douceur , et que Dieu tout bon ne nous avait point donné la vie pour nous rendre plus misérables en nous T étant. Mon àme se portait donc avec ardeur à connaître ce Dieu, auteur de tout bien; car je voyais clairement T absurdité de tout ce que les païens enseignaient au sujet de la Divinité. » Ainsi parle saint Hilaire évéque de Poitiers. La lecture des Livres saints acheva ce que la réflexion avait commencé , et bientôt il arriva à la connaissance de la vérité complète.
Après cela il faut le voir à Tœuvre , il faut voir ce que fit de lui cette vérité qui s'était emparé de son intelligence et de son cœur.
Comme nous lavons dit , Constantin , après le concile de Nicée , avait relégué dans les Gaules deux évéques ariens. Ce furent eux , sans doute , qui y répandirent les premières semences de l'erreur. A quelques années de là , un concile se tenait à Cologne et en déposait T évéque , nommé Euphratas , convaincu d'hérésie. Enfin, en 353, l'arianismese trouvait décidément implanté dans les Gaules. Un concile s'y tint dans la ville d'Arles. L'évêque d'Arles, Saturnin, arien furieux, y présida. Là,
saint Paulin , successeur de saint Maximin de Trêves , fut payé de sa fermeté par uii exil en Phrygie. Depuis ce conciliabule , les ariens ne gardèrent plus aucune mesure et la persécution devint générale dans notre patrie.
Pendant ce temps-là, que faisait saint Hilaire? Il excommuniait Saturnin triomphant. L'arien jura de s'en venger. En 356 , il fait assembler un concile à Béziers. Hilaire y est cité. Il offre d'abord de dévoiler Terreur en plein concile ; mais la faction ariemie qui connaît son érudition et son éloquence n'a garde d'accepter le défi ; elle craindrait de se voir publiquement confondue. Elle répond donc par des accusations personnelles. Enfin, maitresse d'un crédule empereur , elle lui fait, de l'état des choses , l'exposé qu'il lui plaît : Hilaire est aussi banni en Phrygie avec Rhodane , évêque de Toulouse , dont le naturel , doux et facile , eut besoin en cette circonstance d'être soutenu par l'énergie de son compagnon. Après ce lâche exploit , les ariens , dont saint Martin devait , lui aussi , éprouver la violence , battirent les clercs de Toulouse à coups de bâton , meurtrirent les diacres avec des balles de plomb et osèrent même , dit saint Hilaire , porter la main sur le Christ. « Les saints, ajoute-t-il, entendent ce que je dis. » La condamnation d'Hilaire eut lieu , comme nous le verrons, l'année même où son disciple le quitta pour se rendre , sur l'ordre de Dieu , auprès de ses parents.
Cependant, les autres évêques des Gaules se serrèrent autour de l'autorité toujours présente du docteur exilé. Hilaire gouvernait toujours son église par ses prêtres. Il envoya bientôt à ses confrères un Traité en douze livres sur la Trinité. Il lavait achevé dans son exil même. On sentit dans son ouvrage cette force irrésistible, cette rapidité entraînante qui a fait appeler l'auteur le Rhône de Véhqueme latine. En 358, année qui voyait saint Martin expulsé aussi de sa ville natale par la fureur des ariens, l'empereur envoyait dans les Gaules un formulaire impie souscrit par le célèbrlB Osius qui, jusque alors, avait senïblé une des colonnes de l'Église catholique. Constance espérait que l'exemple d'un tel homme entraînerait tout l'Occident. Insensé qui croyait une autorité humaine capable de l'emporter sur l'autorité divine ! Les évêques des Gaules résistèrent à la séduction et envoyèrent les actes de leurs conciles à saint Hilaire. Phébade d'Agen, (^ue nous aurons occasion de nommer une fois dans notre histoire, était monté sur la brèche d'où l'ennemi avait enlevé le héros de Poitiers. Il exposait au nom de tout l'épiscopat gaulois la croyance catholique , puis il s'écriait : « Voilà ce que nous tenons , parce que nous l'avons reçu des prophètes, que les évangiles nous l'ont enseigné , que les apôtres nous l'ont prêché , que les martyrs l'ont scellé de leur sang. Nous sommes tellement attachés à cette foi que si un imge du ciel venait
nous annoncer le contraire , nous lui dirions anathème. »
L'année suivante , Constance toujours pressé par son zèle impie, indiqua deux conciles, Tunà Rimini, en Italie, pour les Occidentaux , Taulre à Séleucie, en Isaurie, pour les Orientaux. C'étaient deux pièges tendus aux évoques catholiques. Toutefois , celui de Rimini , qui se tint le premier , fut d'abord pour eux une occasion de gloire. Ayant rejeté ime formule de foi arienne, présentée par Ursace et Valens , tous deux évêques de Pannonie , ils déclarèrent s'en tenir au symbole de INicée , puis dressèrent un acte par lequel ils dénonçaient comme hérétiques et excommuniés Ursace, Yalens et Auxence. Ce dernier fut, comme nous le verrons , le persécuteur de saint Alartin. La fin du concile ne répondit pas à ce commencement , et une formule de foi , sinon hérétique , du moins ambiguë, sortit de ce concile avec la souscription de ces mêmes évêques circonvenus et captifs.
Quant au concile de Séleucie , quoiqu'il n'y eût point d'ordre particulier au sujet de saint Hilaire , la Providence voulut que le gouverneur de la province l'obhgeât d'y aller et lui fournit la voiture. Il y reçut un accueil très-favorable et attira la curiosité de tout le monde. On lui demanda d'abord quelle était la croyance des Gaulois; car les ariens les avaient rendus suspects. Il ex[)liqua sa foi , conforme au symbole de Nicée» cl rendit témoignage
âux Occidentaux. 'Ayant ainsi levé tous les soupçons, il fût admis à lia communion des évêiq[Ués et reçu dâiis lô concile, les ârienâ y furent dé nonveau condâttiûésV Les îpères envoyèrent ensuite v^rs re'iùpéreur, à Côhstantinôpfe , plusieurs députés pour riioforifler de ce qui s'était passé. Saint Hilaire les suivit;; Toiitefois, les ârieiis prériant les devants trouvèireiit à la cour lés déjiùtès du concile de Rimini qui veiiàient tfjarnver; Prévenu par eux Tempéreur fait tenir , en 360, à Conàla!ntinOple , un coûcîte pour renverser oe qui s'était décidé à Séleiïcie:
A celte nouvelle , Hilèiîre présente au prince tfli mémoire pour la défense de la foi et pour sa propre justification i Mais^ iieri ne peut pluà déti*omper Constande. Il fait recevoir V^dàiùs son (^ , la foTïMéàe iJiniSii^ p^^ poiir
1a-Mrè^ signéi: auk év^qiiîéà d'Orne ; Valens et Crsacé rfeçoii^etit âuss^^^ dé lui plein pouvoir pour y obliger cetix dltaire. ffilaîfer Hfe croit plus alors devoir^ garder' dfe lîriénageinéirt. Il composé' ùfi' écrit tout expr&^^bbr 'dévoiler 'M itiïpiâés du tyran. « Qu'on attende bientôf JésiiàrC&risf , dît-il , î'^îitedirisf domiiii^:''M[ôiirohs'pBOT'n^^ les vo-
lëurt sont dàiié la' bergériél Jè'te' dlk , Constance , ce i|ûe j'aurais dit à Nérôii, àflécitis , à Maxîinièn. Tù^combats contre Dieu , tu sé^îs contre TÉglise , tu 'p^èi^sëculès leà ^saftits. TL^ùj^ rtfHsâëtir , nous Toyons ta peau dé brebis. Tù ornes le sanctuaire avec Vbr
d^ la République ; tu donnes à Dieu des biens que
tii as jçnlevés aux églises; ou qui sont le fruit de tes
exactions. , Tu reçois les éyêques avec 1^ baiser par
.^piel JéçusrÇh^t a été. ^rabi. Tu baisse? la tête
pour recevoir leur bénédition . mais c'est pour fou-
Içrji^jc piçds leur fPf; tu les fais manger aussi avec
tpipour les rencb;é semblables à jludas qui se leva
de table pour ollçr vendre son maître. Tu leur re-
wets la çapitatfon q^^^ îé?u.^Çlhrit paya pour éviter
^Çj scai^jdfalp.. Ypil^^ pea^. de brebis qui te couvre*
ypyonSïl.^actipns duloup* w Ici , le docteur gaulois
trace un tableau pathétique de toutes les cruautés
q\ie {^çst^ce a fait çon^çaet^e à Milaii » à Toulouse
, ^^jTÇellfi ^t^t J^ liberté ^^oçtçtliquçd'Hilajre. ,Nous ,yerroi\s, que^ ^op dispiplQ , (i^t ausi^ spi^ héritier. Te|l ^^il^irft . ae pyésenip îi nos^ regfiq^ds a^i pilieu , des r|vêg]Ubes/ari€(ns,qjt^.f^ pour d.ç Çonst^ce i
JCpQsiaûc^^ple ,..tç]l nous, apparaîtra Martin > au u^li^^ de^ prélats itliaoiep^^uni^ à iTrèyes, à la cour jde.Miaxime. 0^ voit, du reste, p^ le njiorceaU.que Q0U& a^pns cité quels honoeurs les princes chrétiens rçj^daieiit «dors jftu)^ évoques. . ;
, Cependfipit,, la présence d'un hommç av<çç qui ils H'osiaiept .entrer en dispute , malgré ses provoc^tipi^,:;tprturait les ariens, de la cour. Pour se délivrer d'un, adversaire si wcommode , ils représentent^^ Vempereùr Vévêque dp Poitiers comme le perturl^ajeur de l'Orient et l'auteur de toi|tes los
divisions. Inquiété lui-même par Hilaire qui lui demande justice de ses accusateurs , le prince consent à son retour en Occident. Hilaire part sur-le-champ de Constantinople pour voler au secours de sa chère église des Gaules et y reporter avec lui la joie de la liberté. Il passa par Rome où il prit sans doute des mesures , avec le pape Libère , pour guérir les plaies deTÉglise. La nouvelle de son retour se répandit dans rOccident avec la rapidité ordinaire à toutes les nouvelles vraiment importantes. On peut mieux comprendre qu'exprimer les sentiments de la Gaule en recevant saint Hilaire et la tendresse avec laquelle , selon Texpressioû de saint Jérôme , elle embrasse ce héros qui revient du combat. Mais la joie commune est particulière a son troupeau. Chacun croit avoir retrouvé son père et même sa patrie. Car, durant labsence du pasteur chéri, la patrie même a semblé à tous un lieu d*exil. L arrivée de saint Martin , qui revenait se fixer auprès de lui , donna une nouvelle consolation à saint Hilaire.
Nous ne pousserons pas plus loin ces exquisses auxquelles le cours de nos récits nous forcera d'ajouter de nouveaux traits. Nous avons voulu placer ici ces détails , parce que nous les avons crus sinon nécessaires , au moins très-utiles à Tintelligence de certaines pages de notre histoire , et que leur admission dans le corps du livre y eût jeté de la langueur.
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Disons maintenant un mot sur les sources auxquelles cet ouvrage a été puisé .
Sulpice Sévère occupe naturellement le premier rang parmi nos auteurs. Tout ce qu'il a écrit sur saint Martin a passé dans notre travail. TVous nous serions fait un scrupule d'en laisser perdre la moindre parcelle* Contemporain , disciple , ami intime de celui dont il a tracé la vie , homme consciencieux et éclairé , il mérite notre confiance, ou nous ne devons Taccorder à aucun historien. Une partie de son ouvrage a été publiée du vivant môme de saint Martin ; l'autre , quelques années après la mort du grand évoque et à une époque où l'auteur pouvait invoquer le témoignage d'un grand nombre de personnes encore vivantes. Nous le ferons, du reste, assez connaître dans cette histoire pour nous dispenser de parler de lui plus longuement. Deux poètes, Paulin de Périgueux et saint Fortunat de Poitiers , ont, l'un au v* siècle, l'autre au vi% mis en vers les récits de Sulpice. Leurs poèmes, auxquels nous avons emprunté quelques fleurs, ont été comme les gardiens du texte de l'historien et en constatent l'intégrité.
Saint Grégoire de Tours , à l'instance duquel saint Fortunat avait écrit son poème, nous a transmis quelques faits relatifs à la vie de saint Martin. Il en devait la connaissance à une tradition encore fraîche, puisqu'il n'était séparé que par un siècle et demi de son glorieux prédécesseur. Mais ce sont surtout
les traits miraculeux dont fut illustré le tombeau du Thaumaturge qui trouvèrent en lui un historien fidèle et patient. Il est le Sulpice Sévère de la vie posthume de saint Martin. C'est ici le lieu de parler d'un écrit qui lui est attribué et auquel nous avons cru devoir donner une place dans notre livre. Il s'agit de V Histoire des sept Dormants. Nous ne croyons pouvoir mieux faire que de reproduire une note que nous avons traduite de dom Ruinard. Elk est liréo de sa Préface aux omvres de saint Grégoire de Tmrs, n°79.
« L'histoire des Sept Dormants , qui reposent à Marmoutier , est attribuée à Grégoire , et par les imprimés et par quelques manuscrits que nous avons vus. Ce livre est sans contredit admis au nombre des œuvres authentiques de Grégoire , par Albéric , moine des Trois-Fontaines , en Campanie , lequel , dans sa chronique , à l'aimée 319 , écrit ces mots: « La généalogie de saint Martin a été tracée brièvement par Grégoire de Tours; » et il cite après exactement les mûmes paroles qu'on trouve sur cet objet dtuis le livre des Sept Dormants. li les donne comme sept frères et rapporte leurs noms. Le même ouvrage est mentionné et regardé comme l'œuvre réelle de Grégoire , par le moine de saint Sulpice , dans ^on Patriarchium Bituricense, 1. 27. Cependant, Lecointe le dénie à Grégoire, à l'année 595, nomb. f)i , parce qu'il ne ligure pas parmi ses œuvres dans l'épilogue do VHistoirr dea Franv:;. O point avait
toutefois été proposé comme douteux à Vannée 591 , par le même auteur , au n*' 2 , oîi de la lettre qui précède ce livre , il tire un argument considérable en faveur de la sainteté du bienheureux Sulpice de Bourges à qui eUe est adressée. Le titre d'archevêque qui , dans cette épitte , est donné à Sulpice, et dans VHistoire même à Brice , évêque de Tours , est une difficulté. Car il faut convenir que les métropolitçiins dans ces contrées , avant le ix** siècle , n'ont jamais ou ont été très-rarement appelés archevêques. Cependant , au canon sixième du premier conciledeMâcon, nous lisons ce décret : « Que Farchevêque ne se permette jamais de dire la messe sans pallium. » Je ne voudrais pas non plus dissimuler que cette histoire se trouve dans la bibliothèque du collège de la -société de Jésus , à Paris. Elle y est beaucoup plus étendue que l'histoire imprimée, mais sans nom d'auteur et même sans Vépitre de Grégoire adressée à Sulpice. Brice n y est pas appelé archevêque , mais prélat. Il y a encore d'autres raisons qui peuvent être alléguées dans cette controverse pour l'un et l'autre parti. Je veux seulement faire observer que , quand même l'épitre placée en tête de l'ouvrage serait attribuée à Grégoire , il n'en faudrait cependant pas inférer que l'histoire a été aussi écrite par lui. Car l'auteur de la lettre déclare en propres termes qu'il a trouvé ce récit à Marmoutier , qu'il Fa transcrit et envoyé à Sulpice qui l'avait demandé. »
Nous avons rapporté ces lignes du savant bénédictin , pour montrer qu'il nous était permis d admettre l'histoire en question , et que cette pièce ne mérite pas tout le mépris qu'en ont fait certains critiques et en particulier l'abbé Gervaise , dernier historien de saint Martin.
. Du reste, nous nous sommes souvenus d'une règle de critique vraiment chrétienne que nous a laissée un de nos pères dans la foi. « La tradition antique et certaine de notre église est, à nos yeux , préférable à l'autorité des écrivains , môme les plus célèbres. Car, qui oserait refuser sa foi aux livres liturgiques , sous prétexte qu'ils ne portent aucun nom d'auteur ? » Ainsi "parle , dans sa préface au bréviaire diocésain, Michel Amelot , archevêque de Tours en 1685.
. C'est en vertu de cette règle que nous avons ouvert nos pages à tel récit que notre devancier avait impitoyablement repoussé. Nous citerons , entr autres, le miracle auquel saint Martin dut les reliques des martyrs d'Agaune , miracle appuyé , comme nous le verrons , sur les autorités les plus respectables.
Nous venons de nommer l'abbé Gervaise. Sa Vie de Saint Martin qui nous a souvent guidé dans la première partie de notre livre , par l'indication des sources, nous a fourni seule un grand nombre des faits que nous relatons dans la seconde. Nous lui devons cette reconnaissance ; mais notre gratitude ne nous oblige pas à trahir les intérêts de la vérité.
Nous nous sommes demandé plus d'une fois si le prévôt de Suèrres , si reoommandable du reste par sa science et sa piété , n'avait pas entrepris son ouvrage dans l'unique but de faire la guerre aux moines. Violentant sans pudeur le texte de Sulpice Sévère, foulant aux pieds les traditions les plusaceréditées , il s'évertue pour arracher ce titre à saint Martin et à ses disciples. Ainsi, lorsque le biographe dit Monaehus; Ger^'ais traduit solitaire oti clerc: monasterium signifie simplement pour M. le prévôt , solitude ou comparfnie de iolitaires. Que l'état monastique ne fût pas alors constitué comme il le fut depuis , il est facile d'en feonvenir. Mais , si au IV' siècle , il y avait des moines , évidemment saint Martin et ses disciples en étaient. Le iv* siècle luimême l'atteste assez hautement.
Du reste , une anecdote nous apprend le motif qui a poussé Gervaise dans cette voie. Notre prévôt se trouvait un jour dans une compagnie de personnes graves et pieuses. C'était peu de temps après Tapparition de son livre. On lui demanda pourquoi , contrairement à la tradition ancienne , il èivait refusé à saint Martin la qualité de moine, w Je trouve , répondit Gervaise , l'état monastique si peu honorable que je n'ai pas voulu l'attribuer Au grand saint Martin. » Le froid silence qui accueillit cette déclaration put faire sentir à l'écrivain le pénible étonnement qu'elle produisit. Nous doutons , en effet, que le saint ait eu pour agréable une manière de l'ho-
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norer qui lui enlevait un titre le plus xher. vNqus avons trouvé ce fait dans la préfcice d*un petit livje intitulé La SainMé derétatMormtiqit^etéoni par le bénédictin Pom Badier, pour réfuter lesopi* nions anti-monastiques du prévôt de Suèvj'es...Tel8 sont les fondements sur lesquels repose notre histoire. Les Acta Scmctamm des. Boll^di^s nous ont aussi fourni plusieurs documents cpmme nous Tindiquerons en lieu, convenable. .
Quant , aux: &its .d'histQire générale, mikfk 4es avons empruijLtés presque tous spit à V Histoire êd TiijfJwe Éroiiiçfl^^, dupère Longueyal,. soit à rfliise UÀre mwerselk d^ VÉgli^i^^ Catholique , 4e M. {lobrr bâcher. Du jeste, nous ne no^s^ ^mm^s pas fait une loi de jhéris^r nos marges, de optes ^n.indir quant à chaque lois nos source^.; NauSiqtaliftyons fait ordinairement qu'en faveur de3 auleurs^.et des documents : primitifs qui ont trait directemeni à la vie de notre saint.
Plusieurs dii£iGulté3 de chronologie se sont élevées entre les érudits , sur différents points de cette vie , et en particulier sur la durée du service militaii?e .de saint Martin et sur la date de sa mort. Nous avons lu les dissertations écrites sur ces questions parles divers partis*, puis nous avons adopté lopinion qui nous a paru la plus plausible ,. sans nous croire oWigé d'ajouter une nouvelle . discussion à, ta^it d'autres. Sur le premier point » notre opinion est celle d£» Tillemont , dans les Mémoire» foitr sen:ir
à VhkUÂrt de m premier^ ^ièéles , é t de Màrlenne , dmB ^aniHistMreihmtj^ Si Ton
nous reîprbchaît que cette opinion nous a obligé à modifier, Jtouf le nom d*un personnage , le texte de Saijpice Sévère,^ nous' répondrions que le sentiment opposé adopté par Gervaise le force aussi à un changement 5eîttî)I«fl)le ; à savoit celui dû mot tnennium, qui signifie Vëàpàce 4e trois ans, en vicennium , ou espace de vingt ans. Et' cependant , le sens du mot irienfikm se^ retrouve dans les vers de Paulin de Périguëu^ ; ce qui n*a pas Keu pour le nom de Julien que nous avons , pour accorder les dates , tetâplaidê par celui de Jules Constant. On conçoit du reiste fticilément que sous la plume de Sulpice tiû' » sotts celle d'un copiste le nota plus connu diB ïulianus ait pu par erreut être mis à la place dé éeluî de JuKiis. ■
'-''■ Sntlë'm^bhà)^iniv C'ést4-dii*e sur Vépoque précise de la mort de saint Martin , époque fixée, îttàis^a*w d^appareiitiôs contradictions , par saint Grégoire' de Tours , nous nous sommes rangés à l^aviB ^e Buînàrt ;- de Maàû et d'une foule d'autres. Bncé*e ;'à ce sitjet ; Gervaisé est contraint, pour le sérvitte de sbnùpînion , ide ébanger un chiffre donné 'pàî^S*î|^e Sévère. Disons , en pctesant , que notre prétAt est clairement désigné par dom Martenne, dans* l'éuvrage cité, oomme un auteur amoureux d*opfcîènis ncïûveîlès en fait de critique et d'histoire. Une airtre question controversée a exigé notre
attention. C'est celle du lieu natal de saint Martin. Quelle est , se demande-ton , la ville de Hongrie qui représente Vantique Sabarie où, d après son biographe , notre saint a vu le jour? Ici encore nous nous bornerons à dire quelques mots. Nous les extrairons de renseignements spéciaux qui nous ont été envoyés de Hongrie et que nous publierions en entier si nous n*étions arrêtés par la crainte d'intéresser médiocrement les lecteurs français. Trois lieux ont été désignés comme le berceau de saint Martin : le village de Sarvar , la ville de Szent- Marton et celle de Szombathely. Le premier , nous dit notre correspondant , ne doit cet honneur qu'à la ressemblance de son nom avec celui de Sabarie : ceux qui ont avancé ou adopté cette opinion étaient
tous étrangers à la Hongrie. Ils n'ont pas su que sarvar signifie en Hongrois forteresse de houe, ce qui n'a nul rapport avec Sabaria. « Ce sentiment , ajoute le savant qui nous écrit , ne mérite aucune attention. » Godescard s'y est laissé tromper. Le débat n'est sérieux qu'entre Szombathely, en hongrois Stein-am-Angem , et la ville de Szent-Marton. Nous nous sommes déterminés pour cette dernière qui a en sa faveur une tradition beaucoup plus ancienne que l'autre. C'est elle en effet , ainsi que nous le verrons, que Charlemagne , les rois de Hongrie Ladislas, saint Etienne et plusieurs autres ont honorée par des fondations pieuses , comme le berceau de saint Martin. Les titres de sa rivale ne remontent
guères au-delà du xv'' siècle. Nous teirmin^rons ici cette préface. Puisse l'ouvrage que nous offrons au public contribuer à raniiner le culte du grand saint , culte qui a été pour nos pères la source de tant de consolation et de joie I Puisse-t-il aussi ramener quelques esprits vers Tétudè de cette antiquité chrétienne si injustement oubliée !