I. Sulp. Sev., n. 21. — Paulin, 1.2. — Fort
du Seigneur , le diable avait reçu le pouvoir d'exercer à ce point sa malice. Quant à Martin , il jouissait d*un privilège admirable , dont il n*usa pas seulement à l'occasion du fait que nous venons de raconter, mais en beaucoup d'autres cii'constaices du même genre. Toutes les fois que de pareils événements arrivaient , ou devaient arriver , ou bien il les prévoyait longtemps d'avance , ou bien il en recevait l'annonce et la communiquait aux frères. — Nous en avons déjà vu un exemple dans sa rencontre avec le charriot des soldats. Dans les environs du monastère , existait , comme le montre le récit précédent , une forêt remplacée aujourd'hui par la vigne. Il semble que cette forêt fût banale , et que chacun fût libre d'y prendre le bois dont il avait besoin. C'était , avonsnous dit, l'économe du monastère qui avait fait prix avec le charretier. Car , il y avait dès lors un économe à Marmoutier, et bientôt nous entrerons en connaissance avec lui , bientôt nous apprendrons son nom , sa qualité , ses talents. Il avait certainement quelqu'argent à sa disposition, ne fût-ce que pour payer le charroi du bois de la forêt au monastère. Ainsi, quand le biographe du saint nous dit que vente et achat étaient interdits à ses moines , nous devons penser , qu'en effet , ils ue vendaient rien , mais qu'au moins ils achetaient les choses nécessaires à la vie. Cela ne constitue pas un commerce. Pour ce bois destiné au monastère , quel en devait être l'usage ? Les deux auteurs qui ont mis en vers la prose de notre historien , et en ont par là même fait le commentaire , assurent que ce b^is devait servir à adoucir pour les moines les rigueurs de l'hiver. — En effet , nous trouverons du feu dans la chambre même de saint Martin.