Sulp. Sev. DiM. 5, n. 6,— Paulin, 1. 5.— Fort
pieds touchassent aucunemeut le sol. Du reste, quand Martiu avaità exorciser desdémoniaques, il neportaitjamaislesmains sur aucun, n'en gourmandait aucun, comme faisaient alors la plupart des clercs dont la bouche , dans ces circonstances , roulait un tourbillon de paroles. Quand on lui avait amené les énergumènes, il commandait à toutes les autres personnes de se retirer ; puis, les portes étant fermées, il se plaçait au milieu de l'église ; et là , enveloppé d'un cilice , couvert de cendre , il priait la face contre terre. Alors vous eussiez vu ces malheureux tourmentés clfecun d'une manière différente. Quelques-uns suspendus^ les pieds en haut, semblaient tomber des nuages , sans que , néanmoins , leurs vêtements descendissent sur leurs visages , ni que la décence fût offensée par aucune nudité. Dans une autre partie du temple voug en eussiez vu d'autres torturés sans que personne les interrogeât , et s'accusant eux-mêmes de leurs crimes : sans être davantage questionnés , ils déclaraient aussi leurs noms. L'un avouait qu'il était Jupiter , l'autre Mercure ; enfin tous les ministres du diable subissaient la torture avec leur chef. Déjà donc en Martin , nous devons le reconnaître , s'était accompli ce mot de l'Écriture : Que les saints jugeront les anges.
A cette réflexion du pieux disciple, qu'on nous permette encore de joindre quelques citations empruntées, comme toujours, aux contemporains. €ar nous voulons, s'il est possible, que ce monument élevé par notre faible labeur à la gloire du grand saint, soit construit tout entier dans le style de son époque. — Donc, les faits relatés plus haut sont confirmés par la doctrine des écrivains ecclésiastiques de ce temps. Dans son livre intitulé de Y Origine de V Erreur, Lactance avait dit qu'il n'y a point d'autre cause de l'idolâtrie que la puissance ennemie, Satan et ses démons. Sous les divers noms des idoles, c'étaient, ajoutait- il , les démons qui se
Ùàâiieai adorar, eonune ils étaient forcés d'eft convenir, loreqa'ils étaientoonjurés par les chréti^s. EosèbedeCésarée, dans S3L Préparation évangélique, combattant les oracles des. pmm» , avait montré qa*ils n'étaient la plupart qne des impostures, et que s*il y avait quelque chose de plus, c'était Foeuvre des mauvais génies ou des démons. Apollon , disaitil, et la foule des dieux païens n'étaient que d'impurs et exécrables démons. — Un saint , dont nous parlerons bientôt , et qui passa une partie de sa vie au tombeau de saint FéUx de Noie, rapporte, comme y ayant eu lieu, le miracle des possédés enlevés en l'air la tête en bas sans que leurs vêtements retombassent. Sainte Paule qui visita le tombeau de saint Jean- Baptiste, fut épouvantée des effets «des démons sur les possédés qu'on y amenait pour être délivrés.