‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 44 sur 155 · Sulp. Sev. DiM. 5, n. 6,— Paulin, 1. 5.— Fort · texte numérisé non relu

Sulp. Sev. DiM. 5, n. 6,— Paulin, 1. 5.— Fort

pieds touchassent aucunemeut le sol. Du reste, quand Martiu avaità exorciser desdémoniaques, il neportaitjamaislesmains sur aucun, n'en gourmandait aucun, comme faisaient alors la plupart des clercs dont la bouche , dans ces circonstances , roulait un tourbillon de paroles. Quand on lui avait amené les énergumènes, il commandait à toutes les autres personnes de se retirer ; puis, les portes étant fermées, il se plaçait au milieu de l'église ; et là , enveloppé d'un cilice , couvert de cendre , il priait la face contre terre. Alors vous eussiez vu ces malheureux tourmentés clfecun d'une manière différente. Quelques-uns suspendus^ les pieds en haut, semblaient tomber des nuages , sans que , néanmoins , leurs vêtements descendissent sur leurs visages , ni que la décence fût offensée par aucune nudité. Dans une autre partie du temple voug en eussiez vu d'autres torturés sans que personne les interrogeât , et s'accusant eux-mêmes de leurs crimes : sans être davantage questionnés , ils déclaraient aussi leurs noms. L'un avouait qu'il était Jupiter , l'autre Mercure ; enfin tous les ministres du diable subissaient la torture avec leur chef. Déjà donc en Martin , nous devons le reconnaître , s'était accompli ce mot de l'Écriture : Que les saints jugeront les anges.

A cette réflexion du pieux disciple, qu'on nous permette encore de joindre quelques citations empruntées, comme toujours, aux contemporains. €ar nous voulons, s'il est possible, que ce monument élevé par notre faible labeur à la gloire du grand saint, soit construit tout entier dans le style de son époque. — Donc, les faits relatés plus haut sont confirmés par la doctrine des écrivains ecclésiastiques de ce temps. Dans son livre intitulé de Y Origine de V Erreur, Lactance avait dit qu'il n'y a point d'autre cause de l'idolâtrie que la puissance ennemie, Satan et ses démons. Sous les divers noms des idoles, c'étaient, ajoutait- il , les démons qui se

Ùàâiieai adorar, eonune ils étaient forcés d'eft convenir, loreqa'ils étaientoonjurés par les chréti^s. EosèbedeCésarée, dans S3L Préparation évangélique, combattant les oracles des. pmm» , avait montré qa*ils n'étaient la plupart qne des impostures, et que s*il y avait quelque chose de plus, c'était Foeuvre des mauvais génies ou des démons. Apollon , disaitil, et la foule des dieux païens n'étaient que d'impurs et exécrables démons. — Un saint , dont nous parlerons bientôt , et qui passa une partie de sa vie au tombeau de saint FéUx de Noie, rapporte, comme y ayant eu lieu, le miracle des possédés enlevés en l'air la tête en bas sans que leurs vêtements retombassent. Sainte Paule qui visita le tombeau de saint Jean- Baptiste, fut épouvantée des effets «des démons sur les possédés qu'on y amenait pour être délivrés.

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