‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 48 sur 155 · Greg. Tur., de Gl. Conf., c · texte numérisé non relu

Greg. Tur., de Gl. Conf., c

2 Greg. Tur., deMir. S, Mtrt., 1. 4, c. SI.

homme : «De grâce, mon très-cher, arrête-toi au moment et domfie un peu d'eau à boire au pauvre âne que je monte. — Si tu crois, répond Thomme , que ta bête a besoin d'être abreuvée , va-t-en au puits , tu pourras y puiser et la faire boire. Quant à moi , je ne céderai pas ce que je me suis procuré avec tant de peine. » Disant cela il continue son chemin. Tandis qu'il s'éloigne , tout à coup parait une femme portant aussi un vase plein d'eau. L'homme de Dieu lui fait la même demande. Aussitôt, comme autrefois Rebecca: «Je vais, dit-elle, te donner à boire et puis à ta monture. Ce ne sera pas pour moi une grande peine de puiser d'autre eau. Seulement , sois satisfait dans ton désir , toi qui voyages et qui as besoin. » Et, déposant l'urne qu'elle tenait dans ses bras , elle fait ce que le saint lui a demandé. Après cela, elle remplit une seconde fois son vase et reprend le chemin du village. Le saint la suivant : « Je veux , lui dit-il, te payer le service que tn m'as rendu en abreuvant ma monture. » En môme temps il met les genoux en terre et prie le Seigneur de faire paraître une veine d'eau en ce lieu. A peine a-t^il achevé sa prière que la terre s'ouvre et laisse voir aux yeux des peuples émerveillés une source abondante. Cette source, deux siècles après, rendait encore ses services aux habitants de ce canton. L'ouverture en était alors fermée par une pierre qui attestait le fait; car elle gardait l'empreinte du pied de l'animal qui portait le saint pontife.

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