‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 5 sur 155 · I. Uist. viiDorm., ci · texte numérisé non relu

I. Uist. viiDorm., ci

révolta (iontre eux , sous le commandement de Florus , roi plein de valeur , qui , après la mort de son père , nommé Amnarus, avait pris possession du trône, à l'âge de vingt ans , et avait épousé la belle Brichildis , fille de Chut , roi des Saxons. Il gouvernait en paix son royaume depuis dix ans , lorsqu'il fut attaqué par Maximien , collègue de Dioclétien. L'empereur vaincu deux et trois fois, perdit beaucoup de monde, et fut contraint à une fuite honteuse. Mais bientôt Florus , trahi par les siens , se vit enlever successivement trois châteaux que l'empereur fortifia contre lui, et fut assiégé dans une place forte avec presque toute sa noblesse. Ce siège dura six mois. Enfin, après une guerre laborieuse et sanglante, qui avait occupé l'espace de trois années , Maxiraien triompha de son intrépide ennemi. Florus se rendit, à condition qu'on ne lui ôterait ni la vie, ni les membres , h lui ni aux siens. Les captifs , parmi lesquels se trouvaient les deux frères du roi déchu, Martinus et Amnarus, furent conduits à Rome. Florus n'avait alors d'autre enfant qu'un fils nommé aussi Florus, et seulement âgé de trois ans. Les vaincus furent présentés à Dioclétien , qui les fit jeter dans les fers. Mais environ six mois après, ce prince se souvint des exploits de Florus, et se le fit présenter de nouveau. Comme la malpropreté et les soufl'rances de la prison avaient flétri la mâle beauté du roi captif, Dioclétien en eut pitié , et le renvoya libre dans ses foyers. Il lui rendit même sa couronne , ses richesses et ses châteaux, à la condition toutefois, qu'après sa mort, son fils se contenterait du rang de tribun *. De retour dans son pays, le roi Florus eut deux fils jumeaux. Il nomma l'un Hilgrin : l'autre fut appelé Amnarus , comme son aïeul et son oncle. Cependant , Constantin ayant succédé aux deux tyTans , le

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roi Florus lui remit son fils aine, en le priant d'avoir soin de son éducation. L'empereur qui eut toujours pour ce jeune homme une très-tendre affection, le fit soldat, et lui donna en mariage sa nièce , grecque de nation ; ensuite il Téleva au grade de tribun, et le renvoya à son père. Le tribun Florus eut, du vivant de son père , un fils qui fut aussi appelé Florus , et qui devait être un jour le grand saint Martin. Quoiqu'il en soit de la vérité de cette légende , nous dirons avec, un poète chrétien * : Martin fut plus noble que ses ancêtres : car il eut le Christ pour père.

Martin , dit son biographe ' , naquit à Sabarie , cité de Pannonie, de parents distingués, et cependant idolâtres, chose assez rare à une époque où le paganisme semblait s'être réfugié dans les campagnes. Selon le calcul le plus communément adnais, ce fut l'an 316 , onzième de l'empire de Constantin , premier de la mort de Dioclétien, sous le consulat de Gallicanus et de Bassus.

Sabarie, lieu natal de saint Martin, remplacé aujourd'hui par la ville de SzentrMarton, en Hongrie, était située à la base occidentale d'une montagne appelée Mont-de-Pannonie , et depuis Mont-Sacré. Les collines environnantes offrent, surtout au printemps, l'aspect d'un paradis terrestre. On a du haut de cette montagne une perspective délicieuse qui s'étend, d'un côté, jusqu'à l'Autriche, éloignée déplus de dix milles : de l'autre on aperçoit douze comitats de Hongrie et plus de deux cents fermes , villages ou villes. Non loin , au milieu de la vallée, coule une source d'eau vive, appelée jadis Fontaine de Sabarie. Mêlée à d'autres cours d'eau , elle forme un ruisseau appelé jadis Pannosa, et aujourd'hui Pansa,

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