‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 57 sur 155 · rit. B. M., Q · texte numérisé non relu

rit. B. M., Q

2. Mss. bénéd. de St.-Hartin-le^-Autun, aux archives de Tévéolié.

Enfin » potirsuivâùt son royage avec Maxime et quelques autres, et l'abrégeant avec le moine de Chinon par les doux entretiens d*un doux amour, comme dit ta légende de celui-ci, il ett atteignit heureusement le but II lui fut dôndé alors , selon son désir , d^hon(nrer les saints Heux d^ Borne. Qoels étaient alors ces saints lieux?

Rome était dès ce temps décorée d'une vaste basilique de l'apôtre saint Pierre , bâtie par Constantin au Vatican , à la place d'un temple d* Apollon * lieu du martyre et de la sépulture du prince des apôtres. Elle pouvait contenir des foules immenses , qui entraient par une porte magnifique ornée d*or et d'azur ; on montait à son parvis par des degrés sur les* quels la multitude pouvait se rassembler. Au milieu , sous le . plus haut comble de Tédiftce , s*étendait une nef qui recevait ^ principal éclat du trône élevé de l'apôtre ( ainsi parle un auteur du temps ) dont la vue frappait agréablement les yeux

de ceux qui entraient dans le temple , et réjouissait saintement

ieurs ccBurs. Aux grandes occasions, la foule se pressait

P^^^ trouver place dans les deux ailes de celte nef, sous de

longue^ voûtes couvertes du même comble, et d*autres

stationnaient sous un grand et magnifique vestibule , où se

^^y^ît un admirable bassin orné d'un riche couronnement de

bronze. Ce bassin fournissait de Teau pour le visage et

les mains de ceux qui entraient : il était soutenu par quatre

lionnes qui faisaient l'ornement de cette fontaine.

G^tte église n'était pas la seule que le commencement du ^* siècle eût vu s'élever à Rome , et où saint Martin ait dû oftrip à Dieu ses prières. Le pape saint Silvestre en avait bâti «ïïG dans la maison d*un de ses prêtres nommé Equitius ^ dont elle porta longtemps le titre. C'est l'église actuelle de baint-Étieiine-des-Monts. A son exemple et à sa persuasion, l'empereur Constantin avait encore bâti à Rome la baBilique

qui, de son nom» a toujours été nommée Gonstantimemie» autrement l'église du Sauveur , dans le palais de rimpéniH trice Fausta* sa femme. Cette basîKqitô, auparavant mknméi la mafôon de Latran, avait servi de siège à im oenc&e;' Gomme Touperenr y fit aussi un baptistère et que les bafM** tistères avaient l'image de saint Jean^Baptiste, on la nomme plus ordinairement l?aintJean-de»Latran. G'est la prmcî]^^ église de Rome et les papes y ont fait leur résidence péitàant' plusieurs siècles. Le même prince avait bâti encore; à Rame;' cinq autres églises, celle de Saint-Paul, au lieu de son martyre ;: celle de Sainte-Croix , ^ la maison de Sessorins , nomaiée Sainte-Groa de Jérusalem, à cause de la portion de la vraie, croix qu'il y mit; celle de Sainte-Agnès, avec un biq^tistère à la prière de sa fille Constantia baptisée par saint Sih«stre; celle de Saint-Lâurent, hors la ville, sur le diemin deTibupv au lieu de la sépulture de ce martyr; enfin , celle des marlyrs Saint-Marcellin et Sainte-Pierre, au li^ dit Entre4e&^4euxsi Lauriers , oii fut la sépulture de sainte Hélène.

Après avoir satisfait sa dévotion, saint Martin, rappelé. à Tours par sa teiulresse pour son troupeau , quitta la Yille; comme elle était appelée, par excellence. Son pèlerinage ne ^ioît point se terminer sans de nouveaux prodiges. • =

Théodore, évéque d*Octodure , qui vivait encore en 378/ est celui à qui les martyrs thébéens arvient révélé l'enâmt: où reposaient leurs reliques. Leur culte était devenu .dès lors célèbre dans toute la Gaule. Théodore avait lût bâtir à Agaune une fort belle église , et Ton voyait les fidèles venir» en foule, des provinces les plus éloignées, offrir de l'or.et^dfi l'argent au tombeau des soldats martyrs. L'ancienne viUe d' Agaune ne subsiste plus aujourd'hui : elle a été rëmplaeée par celle de saint Maurice, bâtie tout près de là. ' On y remarque l'abbaye et son église reconstruite , après un grand

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l'cotoiirâient ^;;^tt poïam^Mtement de Jsoii : ifoyagaî C'était

peuthffirô" qii*âfirèsi L'avoitiic(X)mpagné«à quelquoé étisland^^^^

ilsvdtiQciiit^ôiin^ mirvson ordre, rejoiÀdrè leurs frèresi

^ii^^Hêlxè^siisâ ea> a^^dt-â laissé plusieuirs dans diesj^

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^' '^^'^•tèmp^ de saint IfMfi , dâs moines étaient en pos^sioii *'«^jëéi)àttîttef»wcut lèâ martyics tBébéen^. Simcorais^ wnrmiojééieni ceifieu , aotrei saiai; leà^ pria^de- liui jfenftétfr pap "^^**^ ' dBi'dévotlon ; quelque parcelle Me- ^eeà'tèliqUés >pré- ^^^^'^^i'Ne^voyaftt dans :1a persorméi^âÊi^ ^^***^^ty jjuiiin<iîMjDnlmv cesipélig!eieK^lé*ebtttë*eni. Repoussa P^"" *^s hommes. ,^lû' saint pontiféi ^eton?sa«oiitumep recourt

à Dieu, n obtient des habitants qu'ils lui montrent âu moins le lieu rougi autrefois par les roses du sang chrétien. Là, îl fléchit les genoux , puis élevant son cœur , ses yeux et ses mains vers le ciel, il prie avec une dévotion extrême le Maître de la terre et de la mort, pour qui ne se perd pas même un cheveu de notre tête , et qui doit un jour rétablir en un clin d'œil toute la substance de Thomme, de faire sortir des entrailles de la terre, pour la gloire de sa majesté et l'honneur des martyrs, quelque peu du sang de ses soldats, répandu et absorbé en ce lieu, pour la défense de son nom. Ensuite, tirant 4je son étui un petit couteau qu'il portait sur lui, d'une main, il saisit Vherbe verte par le sommet, et de l'autre, la coupe en forme de couronne. Alors , miracle inouï ! de cette herbe ainsi coupée , il voit couler à grosses gouttes une abondante rosée de sang. Rempli de joie , il en recueille avec vénération et actions de grAce tout ce dont la munificence divine le gratifie. Il le distribue ensuite dans de petits Vases faits pour cet usage, et qui lui furent, dit-on, apportés par un ange. Puis , tressaillant d*allégresse , il veut hâter son retour, et se remet en route avec ses compagnons.

Mais il fallait que Martin, méprisé, se montrât Martin, pontife élu de Dieu. Il reprend h la vérité son chemin , mais ne peut le continuer : une force secrète vient Tarrêter . Une inspiration, intérieure lui fait comprendre alors la volonté de son suprême bienfaiteur. Il retourne à xXgauîie et y raconte ce qui est arrivé. Il reproche leur avarice à ces moines, que leur opulence rendait pauvres, et leur découvre qui il est. Les moines, tout interdits, reconnaissent leur faute, et se mettent à sa disposition avec tout ce qu'ils possèdent. L'évêque leur pardonne, et, se croyant assez riche de ce que le Ciel lui a donné, leur dit adieu; puis, ayant obtenu du Seigneur la permission de continuer son chemin, il revient à Tours.

L'âtttique cité des Turones bondit de joie et battit des mains à son arrivée. Clercs et religieux, le reçurent en procession solennelle , comme le pasteur , le maître et la lumière de la patrie. Pour lui, s'occupant du dépôt sacré quil portait, il le partagea en plusieurs vases, et le plaça décemment dans les lieux où il jugeait à propos. La principale église de sa métropole , comme aussi Téglise d'Angers qui en relève, furent par lui honorés de gages si précieux, et consacrés en Thonneur des mêmes martyrs saint Maurice et ses compagnons. La mémoire de cette réception des saintes reliques se solennîse encore dans notre diocèse, tous les ans, le 4 des ides de mai, autrement le 12 mai. Saint Martin garda une fiole du sang des martyrs, et la porta toujours sur lui.

Au XI"" siècle , la fiole donnée par saint Martin , à sa cathédrale fut trouvée dans un caveau secret de cette église. Elle était renfermée dans une boîte d'argent. Les auteurs du récit affirment que presque tous ils la virent lorsqu'elle en fut tirée. Pour le couteau du saint et cette partie du sang qu'il avait laissé à Agaune, ils assurent avoir souvent ouï dire qu'on y montrait encore ces objets. Plus! r -. :lVntre eux les ont vus, il y a quelques années dans leur église même, où des chanoines d'Agaune qui voyageaient pour recueillir les aumônes des fidèles, après l'incendie de leur église, les leur* montrèrent en confirmant le fait raconté plus haut.

Ainsi parle dans une lettre adressée à l'archevêque de Cologne le chapitre de Saint-Martin de Tours * . D'un autre côté, en 1668, un voyageur écrivait: J*ai vu à Agaune, entre autres reliques , la bouteille d'agalhe pleine du sang des martyrs thébéens qiii coula de l'herbe coupée par saint Martin de Tours. Elle est encore aujourd'hui munie à sa

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