Prop. S. Max.^ p. SO
solitaire de TOsroène , au rr siècle. Un enfant tombé
un puits , sitôt qu'il en fut retiré , courut aux pieds de
âafnf TÎdlhird; ^11 avait yu , disait-il , le soutenant sur
r i^iittiant hf térritbit^e dé Tdtb*^ , pour se rendre en tiaîie , '^lùilrt dut'meiti^ë lé pied sur celui des Biturig[es. C'est ''•^xircjuôî tfolâs croyèns pouvoir rattacher à ce voyage les faits ^ ^ T^^ànté irapportfe par (îallus.
CHâridiôiiiaclîiis étaft /dit-il ^ un bourg situé sur les con-
^ ' dè^ ' fiïtanges et des Turones, c*est apparemment la
' aétùeQe deîdhâtiBon-sur-Indre. Il y avait là une église,
^ par la l'éligion des saints moines qui la desservaient
1611 Jnoii^s glorieuse par la multitude de ses vierges sacrées.
^ ' 'pa^alge en ces lïeiu^ , Martin choisit pour logement la
i^îîifetie de! Téglise.' Après son départ , toutes les vierge se
^tipitè^' 'dans cette sainte demeiire, elles collent leurs
■ stit ctacundes eùdroità oîi lé bienlieureux s*est
; (fli' il s*est arrêté : elles partagent même entr'efles la
T^^îïïe jsir'làqùeîle'il à reposé. Une d'elles, quelques jours
^i^irésVèut occasion de faire usage de la part qu'elle en avait
ï^^cneîllie comme une bénédiction. Voyant un énergumène que
toiittùénté Pèsprit d'erreur , elle la lui suspend au cou. Au
^^Sïù^ë' instant, et pliis vite que la parole, le démon est mis
^^ fuite et la perisônne délivrée dé sa tyranme.
jNfôus ne devons pas. être étonnés de voir le Saint coucher
îl^s 'ce qii'on appelait alors le secretarium. C'était , en ce
toiûps; rùsage Ses évêques, da^s leurs voyages. « J'invitai ,
iDi^OHnêmé, 'disait Osius à Constance, les ennemis d'Athanase
k venir ;dansVéglise où je logeais. » Les églises étaient jadis
accompagnées de plusieurs bâtiments , chambres , salies ,
i. Dial. !2, n. 8.
bains , galeries. Où comprend donc comment, amsi qu*U se vit à Milan , sous saint Ambroise , le peuple y pouvait passer des jours et des nuits de suite. Il y avait des lieux qù Ton pouvait manger et dormir avec bienséance.
Nous rentrons maintenant dans la légende.
Martin, tout en cheminant sur le territoire de Bourges , arriva près d'un village auquel le miracle dont il fut témoin fit donner dans la suite le nom de Leprosum. C*est sans doute celui qu'on appelle aujourd'hui Levroux, dans, le Berry. Le seigneur de ce bourg , homme honorable et riche , était lépreux.
Saint Martin se détourna de. sa route pour aller y prier dans une église de saint Silvain , car il ne passait jamais devant les églises sans y entrer dévotement. Sur le seuil même du temple , il se rencontre avec le riche lépreux ; mais il entre sans s'arrêter. L'autre reconnaît que c'est Martin, ce thaumaturge puissant, ce magnifique évêque de Tours, cet homme glorieux dont la parole est un remède à toutes sortes de maladies, qui commande même à la mort, et, par un seul baiser , a guéri un pauvre atteint de la lèpre. La célébrité , la puissance d'un tel homme le remplit de confiance. Il ordonne à ses serviteurs qui se tiennent là, d'aller chez lui préparer un festin digne d'un hôte si important. Pour lui , il demeure à la porte avec la foule qui attend la sortie de Martin.
Bientôt entouré ,. comme toujours, de la nombreuse et sainte escorte de ses disciples , Martin sort du lieu saint. Le lépreux se jette à ses genoux et le supplie de vouloir bien accepter chez lui Thospitafité. Il lui représente que la ville est loin , que partir à cette heure ne serait pas sans inconvéjoients pour lui et qu'enfin la laideur de sa maladie ne doit pas l'éloigner , car il a des maisons convenables pour le recevoir.
— les —
€ Sans doute , loi répond le saint d'un air gai , c'est la volonté du Seigneur que je loge chez toi , mon frère , conforme-toi donc à l'usage : approche et donne à ton hôte Iç baiser de paix. » Ce malheureux désirait , certes , de tout son cœur toucher le saint, mais un sentiment de honte, inspiré par la laideur de son mal, Tempéchait d'avancer. Alors, le saint que la lèpre ne souillait pas , et qui , au contraire , guérissait la lèpre , s'approche de lui avec empressement et lui donne le baiser. Si le lépreux ne fut pas guéri en ce moment, peut-être faut-il l'attribuer à la faiblesse de sa foi.
Cependant , Martin suit avec ses disciples son hôte qui les conduit au logement qu'il leur destine. L'affectueuse largesse du maître n'épargna rien pour faire honneur à la pieuse troupe. Les valets déployèrent toute l'habileté de leur art , toute la promptitude de leur obéissance , tout le zèle de leur dévouement. Ce banquet si vénérable était terminé; mais celui qui avait donné l'hospitaUté à Martin ne pouvait , au milieu de cette fête , oublier sa propre misère , car , s'il possédait de grands biens , la douleur de sa maladie l'empêchait de se posséder lui-même. Il s'approche donc du samt, se prosterne à ses pieds , lui montre le hideux état de son corps et le conjure de lui accorder le soulagement qu'il ne peut attendre d'un autre. Se reconnaissant pour son débiteur, Martin lui recommande d'avoir conGance dans le Seigneur et lui promet de prier à son intention. Il l'exhorte à ce propos à la pureté de l'âme , l'engage à assister le lendemain à la messe solennelle , à recevoir au moment de la communion la pak de sa bouche et à participer lui-même aux sacrés mystères. Une immense multitude s'était rassemblée devant la demeure qu'il occupait.
Après les matines solennelles , Martin sort et paraît aux yeux de la foule ravie. A C9 moment, il voit k quelque dis-
nombreux poussins. Se tourQai)t,v^i^,.C|euxqui Vfii^i^^i^V^
c^ite^miL s^n^Ipuf,ipstipct,w^ ... j .;it.,.n.r vi.. - :';^,^Se^Ç|ir ,,^^
tout courroucé , laissa à ce viljii^ge pett^ ,piarqui^,d0,6a,pQl^re. Comme les hommes avaient méconnu sa sainteté , ces créa* tures sans raison la proclagnijèrcaiti pfiyr^.l^^
— ^Ilya, reprit Martin.^ass^longtçmp^ qu'elles subissent cette punition, et notre frère Ursifi;, je cfok, ne se fâchera pas , si nous prenons sa place pour déHèr ce qu'il a lié. Apportez-moi du grain. y> Lorsqu'on lui en eût apporté, il le bétilt^ et 'te fft' dôriiîiér aux poulets. Chose mërvîéîlleàisé ! A peiufe ônt'^ils pris là nourriturt bénie par 'Martin, qu'ils tëmoigfténtleUV^^ië pàfïétifrs battements d'^^ et font entendre avec une vivacité extraordinaire la voix qui leur est'i^etiauéi' '
Nul doiàté qô'flti tel réfeil àe semble étrange Ji nos lectèîirs d«'Six^sièdè:H n'était sans doute qu'édifiant pour ribs pèrès^. &iïÉtoè^ouV][>lu8 stf^ qu'eux ? '' ^ ^ ' '
■ Af¥ës celafpbUrstiitk légende , îifortin se rendît à réglise pciur y célébrer la mi^sse. Le lépreux y reçut déVôiïemerit la patM de la bouche de Martin ; et'de Ses mains les satrés my^tè^eâ.' Alors'i ce lût ttrervëiBé de vôfrée sacrifice unique qui prtWuit tarante de râme'^rôdùire aussi le sàlut du corps; Car ceMiqui'î$'tiiétët approché lépreux et immonde s'en rétif a sain 'è« purifiéï Les a^îstants exaltèrent la gloire du Christ dans Martin et là J[missance dé Martin dans le Christ. '
Sânt Brsm ,' noriuiié dans cette légenite, fut le premier évéque deBëûfges. tl avait été ordonné dans le second siècle par les disciples des apôtres.
Tour cé qui est de cette légende elle-même , elle nousjest
— les —
fotirlûiepàp un auteur très-grave , (itii dît VaVôîr tirée d'une vJè tttttttfeerite^ef saint SilvainV ' ' ' ' ' "
Quant au M qu'elle raconte , if ^mblë acquit II ta itiëmoire populaire. Une tapisserie tfu xvi*'^iècfe, qiii ëxîsïe ewÈÔrè *«B la petite vilteMfte Sfontpézali , 'fen offifë'fa représéiftatiidû>dsins sou nefnvièmetabtëiii. Au-dessus dié ce tableau seiîsetrfle^'quatre ter^ suivants : " ' ' ' '
GbihÉiélbnin dnuitait U totesse , Sèn hoste ifMtoii de lèpre plain ; fin iMiistot la paixevbt Ue9se, .
Çihx il fi^t Hjuérit V)ut à pjaip.
il' '• ;.; 4 -'.'.t.- " . î'
Ce^tte tapisserie est, 4u reste tout entiëri?. con^^rée à l'bi^*toire deifptre saint. Elle a été nuse ça Juwière, iVy.,a qji^T que^ ^ées, par un sayant corresppni^nt. de^ Anoples Ar?
chécapgigues. .;,.,.., . .'....,.;■
Pu j^ysdos Bituriges,]e saint fu^l^inusiql^çc^te» passa dans (^ui^dç3jEd^^^^ ticpuya un.)our.ai|pr<k^ d'AMgi^ toduniim, aujourd'hui Autun, le^r capitale.;. Or» suivant.. te tradition du pays, \ Tprient dis la yiVe 4'AutUQ» 6t ^oft>loin ^p .ÇjÇ.s,^I^urs, X^evait , un. temple MiUque ^^>^^ré ,^^ avait, survécu .à la, proscriptipn,,4ç?!/ druides,. i leipplç ayi^t^i^.çonsj^f à,§arpn, peti^fi^ 4ç §ai^ptliè*,i4ont .16$ Gaulo^» d'après Çé^lir^ pjrétend^nt jt^r^^torisliQ^ IL} ayaiite|if aussi au milieu (^s.for^ts.^créj^ç, }qfli,(30uyrft|^t,^^ ïifiuj^,; ^in çftU^ge, f2(fl[iewx„ où da twtes pprtsiîl?ii.ije»nme venait étudier, sous les druide3 saro.nidç$»tJl^ p^ilosppi^î^ ej^jll^ religip^L C'est Ik que la vertu du vy^ Dj^jJey^^Çrq iftfiBtrer etle c^iif^tiîuiismerempQrteir i^^ éclatante victpijjf.,ii u . / >
4 . PMlip. Labbe, Biblioth. des Mss. , t. 2j j. 4^6— Act^i SS-^^ t,6 ,
tanpç,d^Sj troupe^ d^pft^iles et. aûtçes, volatiles ^vfc.kmrs nombreux poussins. Se tburasmt.v^.ejeux'qui Vf^iM^i^^ Ue m'élojjije, djv^, ,qu^^ ce^ volaUlô5tn*ait,(çîïanté
Saiii/t^.prsin^^^ :poiMfgesi.t,s'eft aUwit Hftjpiw d'ici
tout courroucé , laissa à ce viDiage, pette paarque d0.6a,fQiire. Comme les hommes avaient méconnu sa sainteté , ces créa* tures sans raison la pi'oclsgnoiërent; j^l^.^^
— ^Ilya, repritMartin^ assez longtemps qu'elles subissent cette punition , et notre frère Ursia^ je cf (m , ne se fâchera pas , si nous prenons sa pface pour délier ce qu'il a lié. Apportez-moi du grain. y> Lorsqu'on lui en eût apporté, il le béttlt èt'te fit-'dôiiiier aux poulets'. Chose mëi^léflleûisé ! A peine ont^ils pris W nourriture bénie par Mâhhi, qu*îls tëmoignénf IJBUV'^iepâfïettï^ battements d'aile et font eûtendrë avec une vivacité extraordinaire la voix qui leur est rendue! '
Nul dOfùtè qu'to tel récit Ae semble étàinge Jî iaôs lecteurs éwm^ siècté:!ll n'était sans doute qu'édifiant T|)our lios "jpèm:^ SbiïÉtoès^iou%^^lu8sâgest(p'eiixt '^^'^ :.:>'.a •>:
Àf¥ôs celaî^pbUrsuit k légende , îifortin se rendît à'réglise pour y oéiébrèr la inësse. Le lépreux y reçut déVôtenïerit la ]^tX de la bouché de Mariin V ef'de Ses mains lessaèrés myàtèteâ.' Alors i C6 Itft ièervëiBé de vôif ée sacrfficè unique qui prtWuit' ta santé de TMe' produire aussi le sàlût du côrpsi Car celull(iurî$'« étâît appjTôché lépreux et immonde s*eil retira sain et purifié; Les ftà^îstants exaltèrent la gloire du Christ dans Martin ét'k J[missânce de Martin dans le Christ. ■'''■'
SÉSnt"IîrsW,'nDmttié dans cette légende, fut lé premier évêque de Bourges, tl avait été ordonné dans le second siècle par les disciples des apôtres.
iPourté qui est de cette légende elïe-mêmé, elle nous, jest
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fotirtiie par un atrtéur trte-graVe , ((ril dît VaVôîr lîfée d'une vièmiàtttteerite4cf^imtSîlvamV ' ' '" '
Quâuit* au M qu'elle raconte , if ^mWë acquià k fa liiëmoire populaire. Une Upissérie tfu xvi* aètfe , qiii èxîsïe «actti^ daife la petite villfc tfe Mbntpézaii . 'fen offifë fe représentatSi^jà' datais sien neuvième taMèâti. Au-dessus rfé ce tableau se Ifeetitlès'qnatreter^ suivants; .. ..' ...
(^Mkittèlf Artin dMuitait là' triesse / âdn boste 4Mtoii de lèpre plain ; .. iSn luiistnt la paix evbt liesse, • ^ •-^.■■w : >
Car il (ulujuérit tout à pjaip.
Cette tajpisserie est 4u reste tout entièri?. con w^rée à l!hi3* toire.de ijQtre saint. Elle a été mise ça lumière, il.y.a q>id-r ques .années, par un savant corresppnijanit des Annules Ar?
T^^.ii^ys des Bituriges» le saint çpntinu2|q| ^ route, passa H???w9^1m dçs Eduens et se trouva un jour, anpr^è^ ^'Angu^r todunuiia, aujourd'hui Autun, leijir capitale. ..Or, SjUivaatila tr^djtu^i^ 4u pays, \ Tprient de la ville d'Antun^, et iioftioin
^^ ;^^^» , Miurs , s'élevait , un .temple MiUque et, v^éré .guj ^^^i su^épu ià h,proscriptipn,,4«?.,druid^^^ î^ippl? ^X^*-M^t^ çon^'^ à-Saron, peti^fiK 4ç Samothè*,;4ont,le$ t»3wloî^ ^ d'après Césiir , ppétend^nt itiirer ^e^r prigjiiie- Ily ?vmt eii apssijiu inilieu 4es.for^ts ,p^créj9ç. , jq^i, couvrw^nt^ces ^^^/'* W WUW^ fe>W!^. où da tojjtes, pprtsi:k;je»nefiae venait étudier, sous les druides saronidç§,,Jla pjiito^ppfeiç. ^\\^ ^r^\S>^ C'est Ik que la vertu du v^*^ Dj^.ijëy^ç^ ifllWtrer " ^ ^^Vtfstianisme remporter une éclatante victpijjf.., ;. < ^
^ /^ ^HUip. Labbe, Kblioth. des Mss. , t. s) p. 446-AcMi $S-, t,6 ,
En arritani au pays des Eduend, Martin tit Cd terhfyle. qui était peut-être, dans ces contrées, le dernier refuge du paganiàme vaincu. Saisi d'un saint transport et poussé par Tesprit de Dieu, il abattit l'autel et les idoles; ainsi parle la tradition. Écoutons rhistorien * : Chez les Eduens , notre évéque renversait un temple; tout à coup une multitude furieuse de paysans idolâtres se précipite sur lui. Un d'entr'eux , plus hardi que les autres , s'avance Tépée à la main. Le saint rejette son manteau en arrière et présente sa tête nue au meurtrier. Le païen n*hésite pas et se dispose à frapper, mais au moment où il lève la main, il tombe à la renverse. Troublé par une crainte divine , il demande alors son pardon.
On peut présumer , ajoute certain auteur , que ce miracle toucha aussi les autrei? païens et que le thaumaturge en profita pour les instruire et les amener à la foi. La tradition ne' le dit pas , mais elle nous apprend que , vainqueur de l'idolâtrie , saint Martin , au lieu de renverser le temple , le consacra au culte du vrai Dieu , sous Tinvocation des saints apôtres Pierre et Paul et dressa un autel qui se voyait encore bien des siècles après. Il était petit et fort bas. L'église Saint- Pierre et Saint-Paul fut depuis dédiée sous le nom de Saint- Martin. Une inscription se conservait jadis dans le chœur des religieux de Saint-Martin d'Autun. On y lisait que le miracle raconté plus haut arriva dans l'église qui est présentement dédiée en son honneur dans la ville d'Autun ^ Cette église se voit encore dans sa première construction. Elle n'est pas éloignée de l'abbaye de Saint-Symphorien où notre saint aurait bien pu laisser quelques-uns de ses disciples.