‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 83 sur 155 · Act. 33», !•' janv · texte numérisé non relu

Act. 33», !•' janv

Voici ce que Gallus racoiite sur celle que possédait son ami Sulpic^.

Celui-ci Tavait placée sur une fenêtre élevée. Un valet de la maison , assez étourdi, prend le linge dont on Ta couverte, et ignorant que la fiole est dessous, le tire sur lui. Le vase tombe sur le pavé de la chambre qui était de marbre. A cette vue , tout le monde est saisi de frayeur : on croit que c'en est fait de la bénédiction attachée à cette relique. Mais la bouteille est trouvée aussi intacte que si elle fût tombée sur la plume la plus molle. Ce fait, ajoute Gallus, ne doit pas être attribué au hasard, mais à la vertu de Martin, dont la bénédicition ne put se perdre. C'était, disent les deux poètes, par respect, et pour la dérober aux regards indiscrets que Sulpice avait couvert la fiole sacrée d'un linge de toile fine.

Les faits suivants prouvent combien ce même Sulpice était avant dans l'intimité du saint évêque, et que nul n'était mieux en mesure d'écrire son histoire. Le pieux Aquitain ne tarda pas sans doute à revenir à Tours, selon sa coutume, et nous pouvons placer ici cette narration de son ami Gaulois *.

Un jour, Sulpice et Gallus faisaient la garde à la porte de Martin. Depuis déjà quelques heures, ils y étaient assis en silence, pénétrés d'une immense terreur, et tremblants comme des gens qu'on aurait obligés h veiller devant la demeure d'un ange. La cellule du saint était fermée, et il ne savait pas que ses deux disciples étaient là. Cependant, ils entendent à l'intérieur le murmure d'une conversation. Bientôt ils se sentent comme enveloppés d'horreur et de saisissement, ils ne peuvent plus douter qu'il s'est passé près d'eux quelque chose de divin. Environ deux heures après, Martin sort, et se

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