‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 95 sur 155 · S. Berû. serm.y in fest. S^Mart · texte numérisé non relu

S. Berû. serm.y in fest. S^Mart

re l'esprit. 11 demeurait jusqu'au bout étendu sur sa 6 couche, la cendre et le cilice; ses disciples le prièrent ermettre au moins qu'on glissât sous lui quelques poi- » de paille, c Mes enfants, dit-il, il ne convient pas 1 chrétien de mourir ailleurs que sur la cendre et le 3; je pécherais en vous laissant un autrç exemple. » Les : donc et les mains toujours élevés vers le ciel, il ne relâ- \ pas un moment de l'oraison son esprit infatigable. Les res, qui s'étaient alors rendus de toutes parts auprès de le priaient de ^ulager son faible corps en changeant de c Laissez , dit-il, laissez-moi, mes frères, regarder le ciel (t que la terre , et mettre d'avance mon esprit dans son lin pour aller au Seigneur. » Comme il achevait ses mots » ; le diable près de lui : c Qu'es-tu venu faire ici, dit^l, crueQe? tu ne trouveras rien en moi, malheureux. Je reçu dans le sein d'Abraham. » En prononçant ces paroil rendit son âme au ciel. Les témoins, ajoute l'historien \ ont attesté avoir vu son visage comme le visage d'un ; ses membres avaient la blancheur de la neige; aussi, tron: c Qui croirait que cet homme a jamais été vêtu du !? qui penserait qu'il a été couvert de cendres? » Son s semblait avoir déjà revêtu la gloire de la résurrection e et la nature de la chair transformée, 'ite mort , célèbre dans le monde entier , dit un historien* , eu un dimanche , le huit novembre de l'an 397 , à minuit, aint était dans la quatre-vingt-unième année de son âge. ^piscopat avait duré vingt-cinq ans , quatre mois et dix . C'était sous le consulat de Césarius et d'Atticus, et

Sulp. Sev.^ Ep. ad. Brass., édit. Veroo.

Grég. Tur., Mir. S. Mart., 1. 1, c 3. — Hisl., 1. 1, c. 43 et îib.

dans la deuxième année de l'empire d'Arcadius et d'Hoiiorius. Cette circonstance du dimanche n'est pas pour lui d'un léger mérite , ajoute le même auteur. Ainsi le Seigneur le reçut en paradis , le jour où ce même Seigneur et Rédempteur est sorti victorieux des enfers. Il avait célébré la solennité du dimanche avec une conscience sans tache; il fut aussi, après les épreuves de cette vie, placé un jour de dimanche dans le lieu de son repos.

On dit (pie saint Martin légua à l'église de Candes la fiole pleine du sang des martys thébéens qu'il avait toujours portée sur lui.

On pourrait s'étonner du silence du biographe, au sujet des derniers sacrements que le saint évéque, mourant dans une église et entouré de prêtres, dut certainement recevoir. Il n'en est fait non plus aucune mention dans tout le cours de son histoire. C'est qu'alors les chrétiens baptisés étaient seuls instruits touchant le saint sacrifice et les mystères. On n'osait même en parler devant les autres, suivant la discipline qui s'observait encore exactement dans l'Église. Les auteurs ecclésiastiques devaient garder la même réserve dans leurs écrits. Sulpice Sévère lui-même , comme nous l'avons vu , pour désigner la consécration eucharistique , parlait du moment où le prêtre bénissait l'autel.

Ici se termine naturellement la première partie de notre travail entrepris k la gloire de Dieu et de saint Martin. Pour la résumer, nous dirons qu'elle nous a semblé pouvoir se diviser en plusieurs époques, marquées par les différentes positions de la vie de notre saint. La première époque embrasse son enfance, sa vie militaire , son baptême, et finit par sa retraite auprès de saint Hilaire. La seconde raconte son voyage au pays de sa naissance, son séjour à Milan et dans l'tle Gallinaire , la fondation du monastère près de Poitiers , la résurrec-

tion du catéchumène et celle de Tesclave de Lupicin , enfin l'élection du saint au siège de Tours. La troisième nous offre les premiers actes de son épiscopat , à savoir la fondation du grand monastère , la visite à Tempereur Yalentinien , l'histoire du globe de feu , puis la visite du diocèse et tous les traits qui s'y rapportent. La quatrième commence au concile de Sarragosse , se continue par le concile de Bordeaux et se termine après le dernier voyage du saint à Trêves. La cinquième et dernière renferme les dix dernières années de sa vie. Caractérisant la physionomie de chacune de ces cinq périodes, nous pouvons dire que , durant la première , il a triomphé des obstacles qui s'opposaient à sa vocation. Pendant la seconde, il a préludé aux œuvres de foi, de zèle et de constance qui devaient faire de lui le modèle des pontifes. La troisième nous le montre dans l'entier épanouissement de la vie apostolique. Dans la quatrième , il nous apparaît avec la majestueuse fermeté de Tévéque et du docteur. C'est la phase où il a le plus vécu de la vie publique et où sa gloire humaine a atteint son apogée. Enfin, la dernière nous semble avoir été un temps de repos spirituel et de recueillement.

Mamtenant nous allons aborder Thistore de son culte qui commence aux funérailles même de notre saint.

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